I ES ÉVÉNEMENTS DE
Il s'est élevé récemment une polémique assez vive entre monsieur L. 0. David et monsieur C. A. M. Globensky au sujet du livre publié par ce dernier sur la rébellion de 1837. Quoique nous n'ayons pas encore eu le loisir de faire une étude approfondie de cette ouvrage, nous avons suivi avec intérêt la polémique à laquelle il a donné lieu, et nous croyons que M. Globensky a pour lui les principes et les faits eux-mêmes.
Les instigateurs des troubles de 37 ont été certainement coupables pour le moins d'imprévoyance et de témérité. Quelques-uns d'entre eux étaient imbus des faux principes de la démocratie française. Plusieurs étaient des ambitieux qui voulaient se tailler un rôle dans le soulèvement révolutionnaire qu'ils espéraient provoquer d'un bouta l'aut'e du pays.
Notre confrère de la Vérité a publié sur ce sujet un excellent article que nous voudrions pouvoir reproduire en entier.
Après avoir reproduit l'article de la Vérité, il ajoute :
Tout cela est très vrai et ne saurait être trop répété. lien faut pas s'en laisser imposer par les déclamations et les déclamateurs ; ni se laisser égarer par un sentiment de pitié pour les vaincus de ces tristes jours. Certes, on peut, on doit plaindre les hommes de bonne foi que la voix sonore des
tribuns a poussés au carnage. Mais la sympathie pour les victimes et leurs familles ne doit pas nous entraîner à fausser rhistoire. Le livre de M. Globensky, sans être irréprochable, contribuera à mettre dans son vrai jour ce sanglaut épisode de notre vie nationale.
Lr document suivant que j'ai déjà publié après le feu du combat, mérite à plus d'un titre d'être réédité et de figurer dans ma seconde brochure. Il fera voir ce que l'on doit penser des œuvres et prouesses de M. David :
Séminaire de Sainte-Thérèse, 16 Mai 1884 C. A. M. Globensky Ecr.
Plateau des Chênes Saint-Eustache.
Monsieur,
J'ai l'onneur d'accuser réception de votre livre " La rébellion de 1837 " et des documents divers dont vous avez bien voulu l'accompagner. Votre livre, vous pouvez le croire, sera bienvenu dans notre bibliothèque, et à cause de sa valeur intrinsèque et à cause de la valeur particulière que lui donne à nos yeux votre titre d'ancien élèv^e.
Je n'ai pas eu encore le temps de lire l'ouvrage, mais j'ai lu avec intérêt dans les journaux vos diverses réponses à M. David. Votre réfutation concernant l'authenticité du journal de M. Faquin, la mort de Chénier et la profanation de son cadavre me parait complète et triomphante.
De plus, je tiens à vous dire que je partage entièrement vos vues sur le caractère et les tendances du mouvement de 1837. Quel qu'ait pu-être le patriotisme de ceux qui commencèrent la lutte, il est évident pour moi que cette lutte, en 1837, a vait dévié de sa voie légitime et qu'elle nous conduisait à des abîmes. La défiance ou l'hostilité à l'égard du clergé et la manœuvre des sociétés secrètes, organisées alors, révèlent clairement l'esprit qui animait les chefs. C'était l'esprit révolutionnaire. S'il ne put se développer et se propager parmi le peuple, c'est qu'il vint se heurter au bon sens et à l'esprit religieux des Canadiens. Pour moi, dans les malheurs et l'insuccès de cette campagne de 1^37 et de 1838, je ne puis voir autre chose que la conduite de la
providence qui cfm veille avec tant de sollicitude sur le peuple Canadien et sait le sauver même des erreurs et des fautes de ses chefs. Les hommes qui nous conduisirent à l'insurrection de 1837 avaient subi l'influence des idées philosophiques du 18e siècle et ils tendaient à séparer de la religion notre cause nationale. La providence nous aimait trop pour laisser s'accomplir cette œuvre ; les malheurs de 1837 nous ont sauvés.
Je vous félicite, monsieur, de ce que vous travaillez à mettre dans leur vrai jour ces événements de notre histoire. Rien n'est plus important à mon sens, dans un t^mps où nous .«ommes travaillés par le libéralisme qui s'efforce dans notre pays comme en Europe, de travestir l'histoire et d'en faire une conspiration contre la vérité.
En attendant que je puisse lire votre livre, je vous prie d'agréer ces quelques lignes que je vous écris bien à la bâte. Je vous prie d'agréer en même temps mes meilleurs remerciements pour l'envoi de votre livre, et l'assurance de la haute considération avec laquelle je demeure, Monsieur,
Votre etc, etc, etc.
A. Nantel Ptre "
Après la lettre de monsieur le supérieur du col lége de Sainte-Thérèse, je m'empresse de publier celle du savant abbé Alexis Pelletier, auteur de maints ouvrages impoitants sur l'Eglise e,t l'Etat.
Que l'on veuille bien lire cette lettre que j'ai eu l'honneur de recevoir tout dernièrement :
Monsieur,
Je vous suis très-reconnaissant pour la bonté que vous avez eue de me passer l'ouvrage oue vous avez puolié sous le titre de " La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache."
Cet ouvrage m'a fort intéressé, et je vous prie de croire que j'y trouve un très-bon esprit. Vous ne glorifiez pas 37, comme Je font la plupart de ceux qui se piquent de patriotisme. La révolte de 1837 a été une grande faute sous tous les rapports, et c'est ainsi que vous la jugez, comme historien et comme catholique. Mille et mille félicitations à ce sujet.
Veuillez me croire, très-honoré monsieur. Votre tout dévoué serviteur,
Alexis Pelletier, Ptre.
lin autre prèlre très-haiu placé, dont je tairai le nom, pour le moment, 'mais que je ferais connaître s'il en était besoin, m'a écrit ce qui suit :
Je dois vous remercier beaucoup de l'attention que vous avez eue pour moi, en m'envoyant plusieurs documents très-intéressants, mais surtout votre magnifique livre " La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache." J'ai attendu jusqu'aujourd'hui pour m'acquitter de ce devoir, parce que je voulais auparavant lire ce dernier ouvrage. Je viens d'en terminer la lecture qui m'a causé une bien vive satisfaction. Permettez-moi de vous féliciter cordialement. Vous avez rendu un véritable service à l'histoire du Canada. La jeune génération, et surtout les générations futures, sauront à quoi s'en tenir sur cette fameuse révolution de 1837, principalement pour ce qui regarde Saint-Eustache.
Les félicitations méritées que vous avez reçues touchant votre travail sont une compensation des éclaboiissures de M. David. Si ce dernier eut été un peu plus sage, il n'aurait pas cherché à préconiser la révolte, comme il l'a fait dans la polémique qu'il a eue avec vous. On dira peut-être que ce pauvre David manque plus de tête que de cœur. Quant à moi, je crois qu'il manque des deux. C'est, bien le temps de dire que plusieurs de nos jeunes gens, doués d'assez de talents, font fausse route parce qu'ils ont été en contact avec des hommes pervertis.
Veuillez de nouveau recevoir mes félicitations et mes remercime'nts ainsi que mes meilleures amitiés.