‹ La rébellion de 1837 à Saint-eustacheChapitre 83 sur 102 · MANDEMENT DE MONSEIGNEUR SIGNAY · texte numérisé non relu

MANDEMENT DE MONSEIGNEUR SIGNAY

Tiré du Populaire, du 19 février 1838 :

"Mandement de Mgr de Québec.

" Ce digne Prélat vient de sortir un mandement au sujet du jour d'Actions de Grâces ordonné par le Gouverneur-en-Chef. Nous nous estimons heureux de reproduire ce document religieux que nous tirons du Canadien :

" Joseph Signay. — Par la miséricorde de Dieu et la grâce du Saint-Siège Apostolique, évêque de Québec, etc., etc.

" Au clergé et aux fidèles de notre diocèse, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur.

" Vous venez, Nos Très Chers Frères, d'éprouver un effet bien marqué de cette promesse que notre Divin Maître nous a faite, de nous accorder tout ce que nous demanderions à son Père en son nom.

" Dociles à la voix de votre premier pasteur qui vous invitait à implorer le secours du Très- Haut dans un temps où l'aveuglement à jamais déplorable d'un certain noml>re de vos compatriotes vous avait justement alai'més, et nous faisait appréhender que le fléau de la guerre civile n'étendit jusqu'à nous ses funestes ravages, vous avez élevé vers le ciel des mains suppliantes ; vous avez . . . . "

Comme ce mandement est assez long et qu'il se rapporte, en particulier, au district et au diocèse de

Québec, où tout a été retenu dans l'ordre et la tranquillité, je me dispense d'en faire toute la reproduction.

Après ce qui précède, j'ai encore quelques documents à ajouter, afin de prouver que ceux qui sont battus de l'esprit de parti pris, de cet esprit aveugle, injuste, prévenu et intéressé, ont presque toujourt tort d'attat^uer avec légèreté et passion la mémoire de nos devanciers, sur des événements qu'ils n'ont pas connus et qui remontent à plus d'un demi siècle. Oui, ils ont tort de condanmer sonnnairement, injustement des hommes qui ne peuvent sortir de leur tombe pour venir se défendre. Et afin de prouver que ce défaut de jugement, de délicatesse et de justice e.st incarné chez certains accusateurs fanatisés par le fameux esprit de parti, je veux publier les documents qui vont suivre, que je n'ai trouvés dans les papiers de mon père, qu'après la publication de mon livre et de mes trois suppléments.

Je sais que c'est apporter des preuves superflues, d'autant plus que j'ai déjà prouvé ce qu'a été mon père, mais ces nouvelles preuves ne peuvent nuire. Ces pièces importantes et justificatives établieront surabondamment qu'un officier en demi-solde ou qui avait retiré, avant 1837, et durant vingt-cinq ans, une paye du gouvernement impérial, pour les services qu'il avait rendus en 1812-1815, ne pouvait se refuser de reprendre du service en 1837-38.

D'ailleurs, n'ai -je pas établi dans mon livre comme dans mes brochures que, dans plusieurs parties du pays, les citoyens de cette époque furent obligés de prendre les armes pour combattre la rébellion de 1837-38, et qu'ils en furent félicités par les plus hautes autorités ecclésiastiques ?

Alors, comment peut-on avoir le courage de "blâmer un officier incorporé aux autorités militaires d'en avoir fait autant, pour protéger une population paisible et odieusement persécutée.

De plus, n'ai -je pas prouvé que, dans l'accomplissement de ses devoirs, il n'a fait que protéger et les sujets loyaux et les sujets révoltés ?

Et s'il eut refusé d'obéir, de marcher, eut-il été justifiable ?

Non, car à cette époque, les officiers instructeurs manquaient ; mon père était peut-être le seul canadien qui connut l'art militaire, et en refusant d'obéir il eut été dégradé et déshonoré.

Enfin, puis qu'on me force à établir ses états de service, je vais le faire et bien malgré moi, me bornant du reste à la partie tout à fait officielle qui établit sa qualité de soldat dans l'armé anglaise, sans aucune idée de ma part de toucher au moindre incident qui pourrait paraître une tentative de vantardise ou d'un panégyricjue déplacé. Le fait que mon père avait été dans la campagne de 1812 aux postes de danger, fortifie cet autre fait qu'il était resté à la solde de Sa Majesté ; et l'acceptation de cette solde pendant vingt-cinq ans de paix, lui imposait plus sévèrement qu'à un autre l'obligation de répondre à l'appel de Son Souverain en temps de trouble, et lui ôtait de fait le droit de discuter l'opportunité de cet appel. Le devoir est le même pour tous. Le devoir d'un soldat est d'obéir. Voilà pourquoi j'ajoute à la série de preuves déjà connues ({uelques documents autographes que je n'ai trouvés, je le répète, qu'après la publication de mon livre et des suppléments qui lui font suite :

" Chateauguay, 7 avril 1814.

*' Monsieur,

" Je viens de recevoir des ordres du général de " Watteville, que l'ennemi fait des mouvements du " côté de Malone .près de Four-Corner ; il m'or- " donne d'en donner connaissance aux Postes avan- " ces sous mes ordres. Ainsi redoublez de vigi- " lance, que vos piquets soient actifs et à la moindre " connaissance que vous pourrez avoir de votre " côté, vous m'en ferez votre rapport.

" J'ai l'honneur d'être, " Votre,

" A DE Labruère,

" Major, 2d Batt. "

La lettre que l'on vient de lire, était adressé comme suit :

" On Service.

" To Lieutenant Globensky."

Lisons maintenant l'un des rapports faits par mon père :

" Lacadie, June 5tli 1814.

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