UNE LETTRE DE M. ROYAL
" St-Boxiface, (Manitoba,) 26 août 1885.
*' Cher Monsieur,
" Vous aviez raison dans votre numéro du 22 courant de douter de l'exactitude du compte-rendu de l'assemblée de Lachine en ce qui me touche. Je n'ai pas parlé de la rébellion de 1887 ; j'ai fait le contraste entre la résistance patriotique des Métis en 1870 et l'insurrection de 1885, et rien de plus. " Croyez à toute mon estime.
" J. Royal.
" A Monsieur Tardivel,
" Réd. de la Vérité,
" Québec."
La Vérité ajoute :
" C'est avec plaisir que nous publions cette lettre de M. Royal ; elle met tin à une impression pénible que certains journaux avaient réussi à créer par leur compte-rendu de l'assemblée de Lachine. C'est la manie de plusieurs soi-disant conservateurs d'afficher une admiration malsaine pour les honnnes et les événements de 37 ; nous sonnnes bien aise de voir que M. Royal n'est pas de ce nombre "
Le 19 septembre 1885, la Fériée publiait la seconde lettre qui va suivre :
" M. Royal nous adresse la lettre suivante qu'il publie en même temps dans la Minerve :
" A Monsieur Tardivel, " Rédacteur de la Vérité,
" Québec.
" Monsieur,
" Vous me paraissez heureux de me trouver en faute sur la foi d'un rapport inexact que je n'ai pas contredit dans le temps parceque celui de la Minerve ou de Y Etendard m'avait semblé à peu près fidèle.
" Je m'empresse de vous écrire pour i-ectifier l'inexactitude dont vous vous plaignez, et voilà que, sans attendre un mot de moi, vous permettez à un abbé de me faire la leçon sur le manque de principes dont j'ai fait preuve à Lachine en parlant de 1887. Je vous le répète : je n'ai pas dit un seul mot de 1837 à Lachine. Votre abbé prétend que si j'ai ainsi mal parlé, c'est parceque je n'ai pas fait de philosophie (sic) : or, je me dépêche de vous informer de suite que j'ai fait ma philosophie chez les RR. PP. Jésuites.
" Ce que vous publiez d'ailleurs de cet abbé est rempli d'odieuses calomnies sur moi.
" Votre, etc..
*' Manitoba,
" 3 septembre 1885."
Joseph Royal.
La Vérité répliqua longuement et vertement à M. Royal, spécialement pour défendre M. l'abbé, son correspondant; mais je n'extrairai de ses longues remarques que les suivantes ;
" M. Royal est fâché ; et comme tous les hommes qui n'attendent pas, avant d'écrire que leur mauvaise humeur soit passée, il dit des choses ridicules. Il les regrettera plus tard, nous en sommes convaincu.
" Nous avons accueilli avec une véritable satisfaction la première lettre de M. Royal dans laquelle il déclarait n'avoir pas parlé de 87 à Lachine ; . . . .
" Nous ne savons qui est responsable du compterendu inexact qui prêtait à M. Royal ce singulier propos touchant la révolte de 87. Nous l'avons remarqué, d'abord, dans un article de rédaction du Quotidien, en date du 12 août. Nous ne l'avons relevé que le 22, dix jours plus tard.
" Si la Vérité n'avait rien dit, il est plus que probable que M. Roj^al aurait continué à garder le silence, attendu que le compte-rendu d'autres feuilles lui semblait à peu près fidèle. Il aurait donc passé, aux j^eux d'un grand noml)re de nos concitoyens, pour un admirateur et approbateur de la coupable échauffourée de 37. En provoquant une explication de sa part, nous lui avons donc rendu un fameux service
Ce M. Joseph Royal, ({ui a eu une passe-d'armes avec la Vérité, est l'ancien fondateur et rédacteur du journal "Le Nouveau-Monde." Plus tard, il alla s'établir au Manitoba où il représenta le comté