On coupe les mains à une femme, parce que
contrevenant à la défense du roi de rien donner aux
pauvres, elle a remis deux pains à un mendiant. Plus
tard, le roi l'épouse à cause de sa beauté; mais, trompé
par les calomnies de femmes envieuses, il la chasse avec
son enfant. Errante, elle le laisse tomber par accident
dans l'eau : grâce aux prières de deux hommes (ce sont .
les deux pains), miraculeusement, son enfant est sauvé
et les mains lui sont rendues.
N° 1 de Excellence et utilité de Vaiimône, Mille et une nuits, 2, 181. — Hammer, 333-334. — Lane, 2, 455-456.
On trouvera, dans la Bibl. arabe ^ des détails sur ce conte si connu. Citons seulement ici Perles, 74-75 et donnons deux exemples de personnifications du même genre : Un enfant est sauvé par deux pains que le père avait donnés {Moiistatraf, 1, 9, 11 à f.); un plaisir fait à quelqu'un est personnifié et intervient. {Moiistatraf^ 1, 103.)
Utilité des bonnes actions.
20. — Un pielix israélite, qui vit de son gain quotidien, donne un jour son salaire à un pauvre corréligionnaire ; il n'a donc plus de quoi nourrir sa famille ni acheter les matières premières pour son travail. Il essaie de vendre une vieille cruche et un vieux bonnet ; un pêcheur lui offre en échange un poisson gâté, dont personne n'a voulu. Quand on l'ouvre, on y trouve une perle
non percée, poiiï laquelle il reçoit 70000 dirhenis (u? 47),.? Tîn pauvre lin demandé paiîte:. il oflPre la moitié; Mais lej^ pauvre refuse, car c'est un envoyé de Dieu qui doit [ réprouver. Lre juif est, dorénavant, hors, d'affaire. ■ ■ n
N" 2 de Excellence, etc., 181-182. — Hammer, 334-3â5; — Lane, 2, 456-457.
Perles, 70-75. — Damîri, 2, 64, 7 à f. donne les décisions juridiques sur le cas d'une perle qu'on trouve : non percée, elle est res niillms.
Représailles.
21. — Un porteur d'eau de Boukhâra, qui sert depuis trente ans, s'oublie un jour jusqu'à baiser la main de la maîtresse de la maison. C'est une punition du ciel ; car le mari de cette dame a baisé, au même moment, la main d'une personne qui était venue dans sa boutique.
N" 15 de Collection, Mille et une nuits, 2, 228-229. — Hammer, 355-356.
Tïbr., 157-159.
La chaste Suzanne.
22. - Deux vieillards n'ayant pu séduire une vertueuse israélite, l'accusent d'avoir eu des rapports avec
un jeune homme qui s'est enfui. Daniel, âgé alors de douze ans, (c'est son premier miracle), s'avise d'interroger les témoins séparément; l'un indique un poirier, l'autre un pommier, comme lieu du méfait. La foudre tue les calomniateurs.
N" 21 de Collection, p. 232. — Tazyine, 21^-211. — Hammeb, 360-361.
Contes attribués à VTahb ibn Mounabbih par
les auteurs arabes K
Le crank.
23. — Jésus trouve un crâne qu'il fait parler. Il a appartenu à un roi du Yémen qui a vécu mille ans, qui a eu mille fils, qui a eu pour femmes mille vierges, qui a mis en fuite mille armées, tué mille héros et pris mille villes. Mais ce monde n'est qu'un rêve.
Le Sit'âg al mouloûk, 15-16 dit expressément que ce conte est tiré du livre des Gioses d'Israël de Wahb; de même, le Moustatraf, 2, 260, 9. — Le Sirâg^ à la p. 16,
répète la même histoire en termes im peu différents et dit que Wahb l'a trouvée dans un des livres des prophètes *.
* Les contes, depuis le n© 23 jusque 29 sont formellement donnés comme tirés du Uvro do«a Choses d^ Israël de Wahb.
Les no» 30 à 39 «ont attribués à Wahb, sans indication du livre auquel iis sont empruntés.
Rappelons que le n^ 1 est aussi formellement attribué à Wahb.. Cfr. p. 31 plus haut.
* Il faut rapprocher Thistoire que donne le Sirâg, p. 11, 18 : David trouve dans une caverne le corps d'un roi de haute taille et, à côté, sur une pierre, une inscription disant qu'il a régné mille ans, etc;
Mais les manuscrits de Gotha, n"" 2736 et 2737 attribuent l'histoire à Ka^'b al ahbâr.
Elle est très populaire en Orient. En fait de manuscrits arabes, il faut citer ceux de Gotha (Pebtsch, die arab. Handschriften..., Ootha^ 4, 453-454, n"" 2730 et 2737 j 464, n" 2756, 2; 465, n" 2757, 2; 467, n" 2760, 3); celui de Leipzig (Pertsch, 4, 453) ; celui de Berlin (Ahlwardt, die Hands. Verzeichnisse,,. Berlin^ 19, 476, n" 20 et ceux de Paris {Bibliothèque nationale. Département des manuscrits, Catalogne des mamiscrits arabes, par M. le Baron de Slane, p. 023 et 624, n"* 3652, 6*» et 3655, 16»).
Traduction hindoustanie, Pertsch, 5, 56. — Traductions persane et géorgienne, Orientalische Bibliographie, 7, 85, n° 1571.
On voit, par notre exemple, qui est certain, que Wahb n'a pas seulement suivi un prototype juif, mais qu'il a aussi utilisé les évangiles apocryphes.
L'arbre adoré.
24. — Un pèlerin, voyant adorer un arbre grâce aux artifices de Satan et voulant le détruire, se laisse séduire par la promesse d'un dinar à recevoir journellement. Mais bientôt il n'obtient plus rien et ne peut rien contre l'arbre, parce qu'il veut le détruire par vengeance et non par esprit de piété.
YoirBibl arabe, 2, n** 148, 44.- Qazwîni, 2, 151-152.
MoitstatrçLf, 2, 118. — Basset. Rev. d, trad. pop,, 13/122. — Hibbour, n® 2 (quatrième appendice).
Le destin.
25. — A un prophète qui passe, un oiseau près d'un piège dit qu'il le voit parfaitement. Le prophète le retrouvant pris plus tard, l'oiseau lui dit que, quand le tçmps marqué est venu, on n'a plus d'oreilles ni d'yeux.
Sirâg, 149, 5. — Moicstatraf, 2, 234,3. — Basset, Rev.
d. trad.pop., 12, 69. — Mémo revue, 14, 415-417. — Cfr. Bibl. arabe, 2, n° 113, 97.
La princesse pieuse.
26. — Une jeune princesse disparaît un jour. Vêtue en homme, elle fait l'édification d'un couvent. A sa mort, on découvre la vérité : au lieu de l'enterrer, on la porte avec respect jusqu'à ce que le corps se dissolve.
Sirâg, 19, 12. - Cfr. Bibl. arabe, 2, n» 144, 38.
La caution de Dieu.
27. — Un homme emprunte une somme et offre la caution de Dieu. Empêché de s'embarquer quand il veut aller payer sa dette, il enferme la somme qu'il doit dans
un morceau de bois, qu'il jette à la mer : le flot l'apporte au créancier.
Le Moiistatraf, 2, 232, 13 dit que ce conte est emprunté au livre des Choses d'Israël — C'est le 23" miracle de
GoNZALO DE Berceo, Milagvos de miestra Smora, ou la
45* légende de Gautier de Coincy, Miracles de la Sainte
Vierge. (Puymaigbe, Vieux auteurs castillans, 1,302-303.)
Voir Basset, Rev, d. trad, pop., 9, 14-31. — Manuscrits
de Berlin, 3, 59, 4. — Caylus, Œuvres, 8, 72-74.
Les chevaux.