SEIGNEUR LE GOUVERNEUR
Monseigneur,je reconnois auiourd’huy que ie suis condamné à des larmes perpétuelles.
J'ai pieuré iusques à présent, la perte de nostre païs, ruiné par nostre ennemy commun, la perte du plus beau lac et des plus belles terres du monde, m’en voila exilé pour jamais ; et à présent ie me trouve à vostre arrivée comblé de tant de biens et de tant de faveurs du ciel, en vostre illustre personne, que je ne puis m'empêcher d’en pleurer de joye, et votre bonté me faict espérer que la source de ses larmes agréables ne tarira
jamais. Ce qui m'oblige, monseigneur,
a vous protester toute l’obéissance et la soumission que Vous pouvez attendre des moindres, mais des plus fidèles de vos sujets. :
Mon frère, l'Algonquin, que ie reconnals comme mon cousien, et sur les