‹ La recherche d'une première véritéChapitre 49 sur 63 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

je vais le saisir et me redresser: je l'enlèverai comme des dépouilles. Rien ne m'arrachera ma proie.

élonnement! liens inouïs! nouveauté prodigieuse! Isaac! Lui! Le fils delà promesse! Abraham ! Abraham qui verserait le sang d'Isaac sur un autel à la place de celui des béliers et des colombes! Pourquoi faire semblant de le tuer? Pour savoir donc s'il croirait au plus inconcevable de tous les crimes? S'il aurait peur?

Et il est enlevé par ces bras généreux, et il est posé sur l'autel. renversement de toutes les choses humaines et divines !

Dans la confusion de ses pensées, où l'effroi n'eut point de part, sous cette brusque menace du glaive que sa confiance sans bornes en l'amour de son père lui fit prendre pour la plus étrange et pour la plus vaine des épreuves, ne devines-tu pas de quelle manière dut éclater sur le visage d'Isaac le triomphe joyeux d'une sécurité qui n'allait cesser qu'au coup mortel?

Oui, mon fils, il rit un rire capable d'attendrir les rochers; il rit sous le couteau, dans sa confiance invincible ; Il Rit cet incrédule que Dieu, lorsqu'il promit un fils né de Sara à Abraham riant de surprise et de joie, avait nommé de ce nom : Itis, comme si c'eût été alors que le Seigneur, en ses conseils, eût appelé le fils et le père à lui offrir un jour sur la montagne le spectacle de cette fleur de grâce épanouie en face de la suprême douleur, mais en face de la

foi dans toute la majeslc de son triomphe. Ce nom d'Isaac en effet signifie ; lUs, de même que le nom «d*Abraham signifie : Sublime entre les pères.

Si Moïse garde ici le silence, sans doute pour ne pas rapporter une telle chose dans la langue des hommes, vois combien il met de soin à répéter, avant de le taire, le mot de cette Enigme, car le moindre effort d'attention en découvre une au fond de son silence.

Sept fois et coup sur coup. Moïse en rapportant les circonstances de la promesse dlsaac, écrit dans la Genèse ce mot rtVe, qu'il n'y a point écrit Jusqu'alors, qu'il n'y a point écrit depuis, non plus qu'en aucun livre du Pentateuque, et qui désormais demeure absent des saintes Écritures (1). Sept fois : mais il faut les distinguer : une première fois qui devrait nous suffire, et deux autres fois ; une fois encore, et c'est à côté du nom trois fois saint ; après cela une fois, et une autre fois à côté dû nom adorable; enfin au milieu des noms entrelacés de Dieu, d'Abraham et de Sara, une dernière et .double fois, répété comme un cri de joie de la mère heureuse qui nous convie tous, nous, sa postérité, < tous ceux qui apprendront ceci, » dit-elle, à lui faire (à l'exemple de Dieu peut-être par le visage du nouveau-né, ô merveille qu'il est doux de croire !) un rire de joie pour la fêter de sa délivrance.

(1) Dans le très-petit nombre de pasïsaj;''^ où Ton l'y retrouve il est pris dans un tens figuré.

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