‹ La recherche d'une première véritéChapitre 51 sur 63 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Sara douta.

« Et le Seigneur dit à Abraham : Pourquoi Sara a-t-elle n, disant : Est-il vrai qu'étant vieille je puisse enfanter ?

Y a-t-il quelque chose de difficile à Dieu? Je reviendrai vers toi selon ma parole en cette saison ; et tu vivras, et Sara aura un fils.

Sara dit : Je n'ai point ri; car elle était effrayée. Et le Seigneur lui dit : Il n'en est point ainsi^ mais vous avez ri.

Après que ces hommes se furent levés , ils tournèrent les yeux vers Sodome, et Abraham allait avec eux, les conduisant (1)... >

c Or le Seigneur visita Sara comme il avait promis, et il accomplit ce qu'il avait dit.

Et elle conçut et enfanta un fils en sa vieillesse, au temps que Dieu lui avait prédit.

Et Abraham appela son fils, que lui avait enfanté Sara, Isaac ;

Et il le circoncit le huitième jour comme Dieu lui avait commandé.

Or Abraham était en l'âge de cent ans quand Isaac son fils naquit.

Et Sara lui dit : Voici un rire de Dieu, tous ceux qui apprendront ceci me feront aussi un rire de joie.

Et elle dit encore : Qui eût cru qu'Abraham en-

(I) Gcn»>se, cliap. xviii.

300 ABBL £T ABEL.

tendrait jamais dire que Sara allaiterait un fils enfanté en sa vieillesse (1)? »

Rappelle-toi maintenant, mon fils, cette parole de Dieu à Abraham :

Prends ton fils unique bien-aimé, Isaac, et va dans la terre de vision, et là tu l'offriras en holocauste sur une des montagnes que je te montrerai.

Si Abraham, après un premier mouvement d'éjXiuvante, eût ri, disant : Seigneur, inventez quelque autre épreuve, car j'ai deviné celle-ci, qu'eût-il fait autre chose que montrer envers Dieu une confiance égale à celle que montrait envers lui-même Isaac riant sur le bûcher? Mais en eût-il été plus grand? On serait bien hardi deVaffirmer. L'obéissance aveugle de l'amour n'était-elle pas ici quelque chose de plus beau que n'eût pu être toute la pénétration de l'amour? Dieu ordonnait : Abraham devait obéir, et non pas réfléchir sur l'ordre de Dieu. Et d'ailleurs, s'il appartenait à l'enfant magnanime do conserver sa tranquillité d'âme devant la menace de mort, comment Abraham aurait-il fait pour être sans trouble, sans peur alors qu'il s'agissait de la vie d*Isaac? La foi est une victoire : pour une grande victoire il faut un grand combat.

(l) Genèse, ch. xxi.

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