RÉCIT D1BL10U
taujOui^ renaissante, ils se fussent attendus encore à voir briller dans le lointain les colliers et les croissants qui paraient le cou du chameau favori d*Aram.
Ëliëzer leur dit : Ni aujourd'hui, ni demain, ni les jours qui suivront, celui dont vous désirez Tarrivée ne commandera là :
Et, appuyé sur son bâton, il montra d'un air de regret, au bas de la montagne,, s'étendant à partir d'une chaîne de collines jusqu'aux extrémités de la plaine, les vastes possessions d'Aram :
Ces bois d'oliviers, ces vignes, ces champs et ces prairies, et ces troupeaux gardés par tout x^n peuple de pasteurs.
Et ils descendirent de la montagne.
Et les deux Âbels, chemin faisant, se disaient en eux-mêmes : Que peuvent signifier ces paroles d'Éliézer ? Ne reverrons-nous plus notre père? Et leur tristesse paraissait grande. . ^
Or, Ëliézer ayant désiré de se reposer en chemin à cause de son grand âge, il leur dit, après qu'ils se furent arrêtés :
Vous avez été marqués du même signe, et il désigna leurs bracelets.
Et comme tout émus de l'accent dur de sa voix , et del'expression austère de son visage, ils contemplaient silencieusement ces bracelets qui portaient chacun» incrusté, un ornement rouge figurant un ^aive avec sa poignée, qu'on aurait trempé dans le sang,
Il dit : Ecoutez-moi. Ce que vous voyez sur ces bracelets que votre père a pris au pied de Tarebe pour les attacber à vos bras, ce sont les Yeux de Dieu.
Ds le regardaient, étonnes : il reprit : Je vous dis que ce que vous portez cbacun au bras est TOEil de Dieu; l'CEil qui veut voir et qui voit.
Rappelez-vous ce que fit par Tordre de Dieu, ce grand bomme, ce grand serviteur de Dieu à qui Dieu parlait comme un ami parle à son ami, et qui, un jour, reçut la visite de Dieu.
Trois bommes lui apparurent debout près de lui, à l'entrée de sa tente : trois bommes en lesquels Abrabam reconnut et adora Dieu, le Dieu unique. Créateur du Ciel et de la terre :
Celui-là même qui lui avait apparu auparavant et qui lui avait dit : Je suis le Seigneur Tout-Puissant. Marcbe devant moi et sois parfait.
Et le Seigneur, en ce jour- là qu'il se reposa sous le cbéne de Mambré, et qu'il mangea les mets qu' Abrabam venait de lui faire préparer, renouvela une promesse qu'il avait faite à son serviteur ;
Et l'an suivant, Âbrabam vivait et Sara avait enfanté un fils.
Et, ce fils qu' Abrabam cbérissait, cet Isaac de qui devait sortir un peuple grand et fort, et en qui devaient être bénies toutes les nations de la terre. Dieu n ordonna-t-il pas à Abrabam de le lui offrir en bolocauste?
BÉGIT BIBLIQUE. 333
Or, quand le père et le fils se furent rendus ensemble en la terre de vision, après trois jours de marche, et qu'ils eurent monté sur la montagne désignée pour le sacrifîce, le fils portant le bois sur lequel il allait être attaché, et le père portant le feu et le glaive :
Quelle fut la victime vraiment immolée, et vraiment agréable à Dieu, sinon le sacrificateur luimême?
Dieu, pendant qu'Âbrahaiâ levait le glaive sur Isaac, sur l'enfant prédestiné qui avait été nommé de ce nom : Ris,
Dieu nç plongeait-il pas un glaive au fond du cœur du père? Et ce glaive altéré de sang avec lequel Dieu fouillait jusqu'aux dernières fibres le cœur d'Abraham, afia d'y voir ce qu'il voulait y voir, n'était-ce donc pas l'Œil de Dieu qui regardait?
Dieu vit en efifet par ce glaive qu'en effet Abraham l'aimait et qu'il n'avait point épargné son fils.ujiique, à cause de Dieu.
Dieu vit cela sur la montagne. Aussi dit-on parmi les Hébreux : le Seigneur verra sur la montagne ;
Parce que ce lieu où Abraham avait levé le glaive sur son fils fut appelé par lui d'un nom qui signifie : Le Seigneur Voit^
Après que le Seigneur eut dit au père des croyants (Écoutez les paroles mêmes] du Seigneur) : Maintenant je sais que tu crains Dieu, et que tu n'as point épargné ton fils unique, à cause de moi.
33 i ABEL ET ABEL :
Béni soit le père qui fut obdissanl à la voix de Dieu! Béni soit le fils qui fut confiant dansTamourde son père ! Heureux ceux-là que le Seigneur appelle sur la montagne pour les tenter comme Abraham» s'ils la gravissent jusqu'au sommet, et si au moment d'exécuter les ordres du Seigneur, ils ne sentent point de défaillance.
Éliézer se leva, et ils reprirent leur route en silence.
Et quand, près d'arriver, ils furent en vue d'un platane, Éliézer l'indiqua de son bâton, et dit : J'étais avec votre père, quand il vous a vus, sous cet arbre, assis l'on et l'autre tout pensifs,
La veille du jour que le seigneur Aram confia ses deux fils à ma garde.
Puissé-je avoir rempli selon ses souhaits la mission qu'il avait donnée à son serviteur!
Ils s'arrêtèrent encore un peu sous le platane.
Puis, au moment d'entrer sous une allée d'amandiers, Éliézer rappela aux Abels que dans cette allée d'amandiers, il leur avait appris pourquoi son seigneur, leur père, n'avait point fait grâce à l'un des esclaves coupables.
Enfant, c'est ainsi que l'homme, dans les jours de son pèlerinage, accomplit souvent des cercles qui le ramènent aux mêmes lieux;
Et pendant qu'il sourit, ou pendant qu'il baisse la tête, l'essaim des anciennes pensées revient bourdonner autour de lui.
Les deux Abels, conduits par Éliézer, suivaient, le cœur trouble, le chemin qui menait à la tente d'Âram .
Mais quand ils approchèrent, quand ils entendirent Éliézer qui disait : Entrons ici; quand ils le virent ouvrir la porte, une multitude de souvenirs donl quelques-uns longtemps refoules d'un effort opiniâtre rompaient les digues, les envahirent tout à coup :
Arrivant et se précipitant les uns sur les autres comme les flots de la mer qui s'enflent et se surmontent.
Et les paroles d'Aram devant Tarche retentirent à leur oreille avec le bruit croissant d'un tonnerre qui s'approche, ou le fracas d'un char roulant sur une pente rapide.
Ils sentirent que l'heure était venue.