CA5TI0UE A LA G0N6GIENGB
Vous faites la garde jour et nuit autour de Fionocence. Si l'ombre seulement du Tentateur vient à s'approcher d'elle, comme vous l'avertissez! Vous avez une plainte, ô Vierge ! un cri f plus douloureux que le gémissement de la colombe blessée !
Vous nous rendez un témoignage que nous opposerions sans crainte au monde entier.
Le frère abandonne le frère et trahit son secret en riant ; l'homme qui aimait à faire le bien avec des richesses qu'il n'a plus, dans cette foule 4'ingrats s'est étonné d'un seul ; et il s'est dit, les larmes aux yeux : Je n'aurais pas cru cela de lui ; la fiancée, un jour, ne reconnaît plus celui qu'elle aimait ; nous naissons condamnés au deuil : le père, la mère que nos embrassements s'efforcent de retenir descendent malgré nous dans le tombeau ; Dieu même quelquefois nous délaisse; Jésus près d'expirer s'écria : Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m'avez-vous abandonnéif Vous, vous êtes la compagne fidèle, celle qui n'abandonne jamais !
B avait aperçu un but sublime, par une route qu'on pouvait s'ouvrir. Jeune homme, te«ens-tu le cœur d'un héros? En marche, se dit-il. Il part : ses confiants se vantent déjà de sa gloire. Il marche, il marche, il trébuche, il se traîne. Lassé, enfin, d'une fetigue surhumaine, incertain s'il suffirait à un effort suprême (qui peut-être ne suffirait pas!) il s'arrête au bruit lointain des rires qui succèdent aux applaudissements du départ. S'était-il donc trompé?
GANTIQUB A LA CONSCIENCE. 413
Dans son accablement, il jette les yeux autour de lui : Vous êtes à ses côtés, montrant le but qu'il faut atteindre. Virgo Fidelis!
Vous êtes le miroir de justice, formé d'un indestructible airain : Miroir sans tache, où brille une image sans défaut.
Une certaine sagesse ressemble à la sagesse comme un brin d'herbe ressemble à un cèdre. En vous réside la sagesse, l'esprit d'intelligence. Vous résolvez en un moment les problèmes les plus difficiles. Vous parlez par la bouche du simple, et l'orgueil lui-même admire.
L'allégresse que vous inspirez sous l'humble toit de la pauvreté résignée a quelque chose d'attendrissant : c'est presque une fête religieuse. L'hôte d'un moment, amené par la Providence, sent la présence invisible des anges qui vont et qui viennent. Il lui semble qu'il va entendre le doux Alléluia (1). Ici, aux jours heureux, le père de famille distribue à ses enfants, en le partageant quelquefois avec un plus pauvre, le pain qu'il a gagné à la sueur de son front. Ici, après le travail quotidien, muette et longue prière qui s'achève dans les effusions de la prière du soir, on dort chaque nuit le même sommeil : cepen-
(1) Binghaih (t. V, 1. XIII, c. n, 4) rapporte ces mots de saint Jérôme {Ep, xvu ad Marceliam) : Quocumque verteris arator stivam retinens Allehiia décantât. ^- Sahit Jérôme dit ailleurs que TÀlleluia était chanté aussi dans les cérémonies funéraires : 6onabant psalmi, aura ta tccta templorum roboans in sublime quatiobat alléluia {Ep* XXX.) (Note de Tauteur.)