CHAPITRE VU
INQUlfiTUOES QU EPROUVENT SOUVENT CEUX QUI CHERCHENT LE SALUT.
1^. Une foule de personnes s'inquiètent et s'attristent au sujet de leur élection personnelle à la vie élernélle.
Je ne m'adresse pas maintenant à ces hommes insouciants et irréligieux qui font, de cette redoutabledoctrine, une excuse pour leur indifférence religieuse, et qui disent : a Si je suis élu pour être sauvé , je serai sauvé sans m*eD mêler; mais si je ne suis point élu , tous mes efforts réunis ne pourront jamais me sauver.» Ceux qui tiennent un tel langage ne croient point à rélection , ne se soucient point du salut , vivent dans une ignorance et dans une insouciance complètes , et ne mettent en avant cette doctrine que pour calmer leur conscience, ou pour se défaire de ceux qui leur donnent de pieux conseils. Mais il y en a d'autres qui
INQUIET. DAm Là MCB. DU SALUT. 135
éprouvent à ce sajet ée vives înquiéUMtes, sariouii rentrée de leur vie religieuse.
Sottffiret ^«e |j« Vmis déclare que vous, qui cberche^le Mkrt^ ti'tYez ^tift à vous^ccupér de la doctritte 4e réleeticii ; fiersoune «e 4êit s'itiquiéter des desseins cackéa de Dieu pour s'ea faire «ne rè^e dex^onduite. Le dogme miblime de la fOuveraineté absolue de Dieu «dans le salut 4e ses enfants , est eonsigné dam TËcritura , oeo fas pour décourager le pécheur qui Yéut aller â Christ, mais pour rappeler à ceux tpii f sont 4é}A venus que leur sahit est use put« grâce , poor leur ^ter to«t sujet d'oiv gueil , iMHir afferndr leur foi dans Taccomplîssemeat des promesses divines , pour hâter kur consolation , pour leur foire sentir la nécessité d'être saints» et pour encourager les chrétiens au milieu des affiictions de la vie. (Rom., Vm, 9; Kphés., I, 4, 5> 9, il ; 1 Pier., 1,2.) Mais cette doctriae «e fut jamais destinée à être une source de découragement pour les pécheurs repentants.
La tègte de v^tre conduite est Tinvitatioii et la promesse de Christ , et ooo le dessein caché de Dieu : t Les choses cachées appartiennent » au Seigneur notre Dieu , mais les choses rêvé*- » lées sont à nous et à nos enfants, afin que
r* nous observions toutes les paroles de cette » loi.» (Deut, XXIX, 29.) La miséricorde de Dieu est infinie; le mérite expiatoire de Christ est infini; le pouvoir du Saint-Esprit est infini , et les invitations de TEvangile sont universelles, et Venez à moi , vous tous qui êtes » travaillés et chargés. » (Mat., XI, 28. ) Le Seigneur a dit : « Je n'ai point de plaisir dans la » mort du pécheur. » ( Ezéch. XXXIII , 11.) — a Le Seigneur est patient envers nous, ne » voulant pas qu'aucun périsse, mais que » tous viennentà la repentance.» (2Pier., in, 9. ) — « Je ne mettrai point dehors celui qui » vient à moi.» (Jean VI, 37.) — a Que celui » qui voudra de Teau vive , en prenne gratui- Y> tement. » ( Apoc.. XXII, 17. )
Ces paroles de l'Ecriture doivent être la règle de votre conduite ; elles sont faciles à comprendre , mais les desseins cachés de Dieu sont impénétrables. D'ailleurs , quand même vous sauriez que vous êtes élu , vous ne seriez point sauvé à cause de cette persuasion , mais à cause de votre foi en Christ qui invite tous les hommes, non comme élus pour la vie, mais comme des pécheurs condamnés à la mort. Quand vous auriez lu les décrets du ciel et quand vous auriez vu votre nom écrit sur le livre de vie ,
TDus ne seriez pas mieux accueilli de Christ que TOUS ne Tètes maintenant dans votre ignorance. Vous êtes invité , et si vous négligez Tin- YÎtation qui vous est connue, à cause d'un décret que vous ne connaissez pas; si vous périssez , ce sera par votre faute ; ce ne sera point parce que Dieu aura résolu de vous perdre, mais ea conséquence de votre propre incrédulité.
Pourquoi le dessein de Dieu , relatif à votre salut, est-il la seule des vues de la Providence qui vous inquiète ? Dieu n'a-t-il pas aussi des desseins cachés par rapport aux événements de votre vie et de votre mort ? £t cependant , quand vous êtes malade , hésitez-vous à prendre le remède que vous prescrit un habile médecin, parce que vous ignorez si vous devez vous rétablir ? Non sans doute, vous vous dites avec raison : « J'ignore les desseins de Dieu ; » je ne dois m'occupér que des règles du de- » voir et des moyens que Dieu a établis; car, » si je dois vivre , je ne le puis qu'en faisant » usage de ces moyens.» Agissez de même pour votre âme , et ne vous occupez pas des décrets de Dieu qui vous sont inconnus. Vous êtes invité à faire usage des moyens de salut ; si vous devez être sauvé, c'est par ce» mo^^xi^ oi^ft.
138 I^X^L'IÊTVDES
VOUS le serez , et vous le seres œrtaînem vous en faites un bon emploi. Si vous pc faire quelque usage de la doctrine de l'élet ce duit <>trc pour vous encourager et non vous attrister. — Vous ne savez pas si êtes élu , mais cette inquiétude au suj< votre salut est une présomption en Toti veur, puisqu'elle est le moyen dont Dieu s< pour l'exécution de son dessein. D'ailleu vous nép:ligez l'invitation et si, au lieu d'en la règle de votre conduite, vous vous inqu d'autres choses, vous ne serez pas n embarrassé de la pensée de la prescienc Dieu que vous ne Têtes de ses décrets. Ceu nient les décrets arrêtés de Dieu « ont toui tant de raison de s'inquiéter de la presci divine et de dire : « Tout ce que Dieu pré' et seulement ce qu'il prévoit , doit nécess ment arriver ; or, il prévoit si je serai sam damné , et, comme je ne sais pas s'il pr que je serai sauvé , je suis dans le plus g découragement. » — Cessez donc de vouâ quiéter et même de vous occuper des déi de Dieu , et fixez vos pensées sur son in' tion. Christ vous ordonne de venir à lui ] être sauvé , et tous les obstacles qui se t vent sur votre chemin viennent de toi
DANS LA RBCnnMllB DU SALUT. iS9
note de Ini. U ne vous dil pas : « VeneE quead Tow serez assuré de Totre élection , mais yenés et soyeE-en certain, i» Il ne vous dit pas : « Tous êtes le bienvenu , si vous connaissez le décret de Dieu > » mais , « vous êtes le bienvenu , si vous croyez à la promesse. » Il ne vous ordonne pas de venir avec la présomptioir que V4M1S êtes prédestiné , mais avec Tassuranco que l'invitation s'adresse à vous. Assurez-vous d'abord de votre vocation , et vous ne douterez plus de votre élection.
â". Une autre source d'inquiétudes pour quoiquea^uns ^ est la crainte d'avoir commis U péché impwréonnMe, le blasphème contre le SaitU-- EtpriL
C'est là une source fréquente d'inquiétude ; et lors même que cette inquiétude ne va pas jusqu'au desespoir, cependant elle trouble Timaginâtion, elle détruit la paix et altère cette confiance calme à laquelle le pécbeur repentant est invité. De quelque redoutable obscurité que ce sujet soit enveloppé , dès que vous cberchereK le salut vous ne devez point craindre d'être sorti des bornes de l'espérance, et d'être entré dans la région où il n'y a plus de pardon ; la crainte même d'avoir commis ce pécbé, lorsqu'elle se lie à des sentiments reli-
gieux, est une preuve que vous ne Tavez point commis. On peut être certain que celui qui a commis ce crime mystérieux est plongé dans une indifférence mortelle , ou qu'il est livré aux remords les plus déchirants d'une conscience bourrelée.
L^ meilleur moyen de bannir cette crainte est d'expliquer le dogme sur lequel elle est fondée. Voyons quelle est la nature de ce péché : « C'est pourquoi je vous dis que tout péy> ché et tout blasphème sera pardonné aux » hommes , mais le blasphème contre le Saint- » Esprit ne leur sera point pardonné. Si quel- )> qu'un a parlé contre le Fils de l'homme, il )) pourra lui être pardonné ; mais celui qui aura » parlé contre le Saint-Esprit n'en obtiendra » le pardon ni dans ce siècle ni dans celui qui » est à venir. » ( Mat., XII, 31, 32 .) L'occasion de ces terribles menaces était la conduite des pharisiens qui attribuaient à la puissance du démon les miracles de Jésus-Christ, qu'ils ne pouvaient révoquer en doute ou nier ; mais quoique ces menaces aient été prononcées à cette occasion , cependant elles ne nous apprennent rien sur la nature même de ce péché , puisque les pharisiens parlaient alors contre le Fils de l'homme , et non contre le Saint-Es-
prit qui n'avait point encore été envoyé sur la terre (i).
Ce fut le jour de la Pentecôte que le Saint- Esprit parut sur la terre , lorsque , répandu sur les apôtres, il compléta les preuves de la révélation chrétienne ; et le langage de Christ parait avoir eu pour but d'avertir les pharisiens et de les préparer à cet événement ; de les prévenir que si , après la venue du Saint-Esprit , ils témoignaient encore le même mépris pour ses miracles, ils combleraient alors la mesure de leurs iniquités, ils s'enracineraient dans leur incrédulité, et perdraient ainsi toute possibilité et tout espoir de pardon. En effet, il n'y aurait phis de nouvelles preuves de la divinité de sa mission , le dernier et le plus complet témoignage de cette mission ayant été criminellement rejeté. Songez , en outre , que le mot blasphème signifie un langage outrageant, dédaigneux , impie , et vous pourrez avoir une idée de la nature de ce péché. Il implique une
(I) Il est à propos de remarquer que plusieurs hommes éclairés et pieux, pensfint que ce crime affreux a rapport aux miracles qui Turent opérés par Christ pendant sa mission terrestre, aussi bien qu'à ceux qui furent opérés par le Saint-Esprit, au moyen des apôtres , le jour de la Pentecôte et après ce jour.
142 INQUiÉIWBS
persuasion que des tniradeBoot é^ o^éréi» tu haine impie contre le Christ dont ils toattt maient la mission , un mépris andacîeux di Saint-Esprit, qui en est fauteur, et une îirteii tion criminelle de rabaisser ces miracles en le attribuant à k puissance des déinans. Ce n'es pas sunplement une incrédulité dans laqodii on persévère jusqu'à la mort, ce n'est pas «m plemeot rinfidélrté» même avec des cireoBstanoes aggravantes, mais c'e«t l'union de k conviction , de la fMdice et de l'impiélé. Il es donc évident que «i cepéoiiè a jasMiis été oooi mis , il ne peut l'avoir été pMr oelui qui cber chele salut , car un tel bomme ne peut a^oti passé les limites ëe la ra«sérioorde; et il m'es aucun de ces péchés, quelque éaerme qu'il toit qui ne puisse être expié par le sauf de Christ D'autres , sans craindre d*a¥Otr commis a crime impardonnable , êênt eependaid aiMÊU par ridée que ieurs péchés êont trop grandi , irûi nombreux, trop odieux pour être pardênmH Quelquefois les pécheurs convaincus sont, pai la grâce divine , en état d'espérer le pardoi presque aussitôt qu'ils ont la conviction dli péché. Us aperçoivent l'horreur du péché à b clarté de la miséricorde qui luit dams l'fiva»gile , plutôt qu'à la lueur redoutable du flam-
beau de la loi ; mais d'autres sont longtemps tourmentés par la crainte d'être rejetés avant d'être conduits à l'espoir du pardon. Gela ar^ FÎye ordinairement à ceux qui ont suivi longtemps la carrière du péché et qui ont résisté à la voi& de leur conscience ; lorsqu'ils se ré- Teillent au sentiment de leur transgression et de leur danger, ils tombent dans l'abîme du déses^ic et restent longtemps sans consolation eisaoft espérance.
Jecrois que quelques-uns se plaisent à s'entceteniE dans cet abattement , parce qu'ils y soient une preuve de la sincérité de leur repeolir; il y a , en effet , des personnes qui regaideni lea perplexités et les craintes comme des signes de la grâce et comme des marques d!uiie vraie piété. C'est une erreur dangereuse, puisque la vraie tristesse , selon Dieu , est aceorapagnéfide foi et d'espérance. Le désespoir tend à<endurcirje cœur et à étouffer les sentie tiiQcsitB de la véritable repentance: On ne peut Bii^ariiar Dieu , ni honorer Christ, en doutant éd leur puissance et de leur bonne volonté pour sauven 1«S: toesfu Je suis persuadé que souvent Oflpix^qui esagèreot ainsi leurs péchés ne sont pifr«iiicèi»e9' eti ne parlent ainsi que pour faire |mii«& d^^bumilitô. Préservez-vous de cette
disposition, car elle n'est point sincère; gardez-vous de vous faire ainsi un jeu des choses sacrées.
Cependant il y en a beaucoup qui sont sincères et qui éprouvent véritablement les inquiétudes les plus vives pour le pardon de leun péchés.
Dans ce cas , souffrez que je vous adresse un( question : Vous inquiétez-vous seulement d'é tre pardonné, ou d'être sanctifié aussi bien qu( pardonné ? Graignez--vous de rester exposé i la peine du péché , ou craignez-vous aussi d< rester sous le pouvoir du péché ? Si vous étei assez égoïste pour ne penser qu'à votre sûreté sans songer à la sainteté, il n'est pas étonnan que Dieu vous laisse plongé dans votre abattement. Vous ne comprenez pas encore le bu de l'œuvre de Christ, qui n'est pas seulemen de délivrer les âmes de l'enfer, mais aussi d( les délivrer du péché. Changez donc , ou plu* tôt agrandissez Tobjet de votre espérance, d( manière à y comprendre la sanctification auss bien que la justification , et alors votre incré dulité et votre découragement disparaîtront car vous croirez peut-être plus facilement qu Dieu veut vous rendre saint, que vous n croirez qu'il veut vous pardonner. Péchev
ibattu , pensez-y bien ; Christ en vous sauvant reut faire de vous une nouvelle créature et réablir rimage de Dieu dans votre âme ; pouvezirous douter de sa bonne volonté à cet égard?
Enfin , il est des chrétiens qui , même en M)nsidérant sous ce point de vue le but de la nort de Christ , ne peuvent être amenés à es- [)érer que leurs péchés leur seront pardonnes ; ils pensent que nul n'a péché comme eux , que Qul ne s'est rendu coupable de transgressions si odieuses. Eh bien ! que ces âmes abattues considèrent d'abord :
Les promesses de la parole de Dieu, Lisez attentivement les déclarations contenues dans les passages suivants : Esaïe y XLIY, 22 ; LY, 6,7. Michée, VII, 18-19. Mat.,XÎI, 31-32. Méditez surtout ce dernier passagequi, déclare que le blasphème contre le Saint-Esprit est le seul péché qui soit excepté du pardon. Et si vous finissez par vous convaincre que vous ne vous en êtes point rendu coupable, il deviendra évident pour vous que vos transgressions ne sont pas impardonnables.
Considérez attentivement combien r œuvre de Christ est parfaite pour l'expiation du péché, L'Apôtre déclare que le sang de Jésus-Christ purifie de tout péché (1 Jeaw, \ ,^.^ ^"^NKa ^^-
clanition geroUç ^voir ét^ fixité en yu
disposition dan^ laquelle vous vous ti
L'Ëcriture le dit expressément , le sang
sus^hrist purifie de tout péché. Prêt
vous après cela qu'il ne peut vous puril
TÔtres ? Christ est-il iport pour sauyer
cheurs, et croyez-vous qu*il soit impuis
accomplir cette œqvre ? Dans ce cas » ss
serait imparfaite, et son caractère de Si
serait incomplet. D'ailleurs, n'a-t-il pi
sauvé des millions d'âmes par le mérite
mort ? Supposez que les péchés de c^s m
d'âmes eussent été accup^ulés sur vous
n'aurait-il pas pu vous sauver aui$$i ai^<
qu'il les a sauvés ? Oseriez -ypti^ dirp ^ ,
Christ : « Seigneur, tu ne peux , tu ne
pas me sauver : il n'y a ni assez d'amoui
ton coeur, ni assez de puissance dans to
prit, ni assez de méritp dans ton siBLCfifice
me sauver ; tu vois en moi un pécheur q
ne peux sauver, un pécheur placé hors
limites de ton pouvoir?» — Vous ne pc
pas tenir un pareil langage ; et cependai
langage n'aurait rien de coupable si , co
vous l'affirmez , vos péchés sont trop gi
pour être pardonnes. Fus^i^z-vous le pre
et le plus grand des pécheurs » Christ pou
DANS LA RECHlSBCHS DU SALUT. U?
6ttëo¥ë y^s toUT^t*, suivant cette déclaration de TApôtre : & Cette parole est certaine et digne » d'éttte Jreçue avec une entière croyance, » c'est que Jésus-Ghrist est venu au monde » pour sauver les pécheurs dont je suis le pre- » miélr ; mâià j*ai obtenu miséricorde , afin que » Jê^us-GhHst Ht voir en moi le premier une » parfaite clémence, pour servir de modèle à » c(euxqui croirobt en lui pour avoir la vie » étemelle. » (1 Tiih., 1, 15, 16. ) Songez à ce qu'était Saul de Tarse : un persécuteur sanglant , un meurtrier des disciples de Jésus- Christ ; et cependant Christ , non-seulement lui pardonna , mais réleva à la dignité de chef des apôtres. Dans quel but? pour être un exemple éternel de la miséricorde de Dieu. Oui, Saul est un monument de la richesse, de la puissance , de la souveraineté de la grâce divine , sur lequel sont inscrits ces mots : Moi , qui étais un blasphémateur et un persécuteur, j'ai obtenu miséricorde. Que personne donc ne désespère; car s'il se trouve un plus grand pécheur que moi , qu'il me regarde et qu'il espère son pardon par le sang de Christ. Dieu m'a pardonné pour encourager les plus grands pécheurs à se
repentir, à crôîre en Jésus, et à espérer le sain i-
Considérez les autres exemples de pardon accordé à quelques-UDS des plus grands pécheurs. Il y a à peine un seul genre de pécheurs et un seul genre de crimes qui ne soient cités dans TEcriture comme ayant obtenu le pardon. Pensez à Manassé, apostat, idolâtre , meurtrier , qui employa son autorité royale à pervertir sa nation ; à David , coupahic d'adultère et de meurtre; au brigand, sauvé sur la croix ; aux Juifs, qui furent convertis le jour de la Pentecôte, et qui reçurent leur pardon quoiqu'ils fussent les meurtriers de Christ ; aux membres impurs de l'église de Corinthe (1 Cor., VI, 9, il). Combien de preuves qui démontrent qu'aucune transgression ne peut empêcher un homme d'arriver au salut , si elle ne l'empêche pas d'aller à Christ. Qu'importe la grandeur ou le nombre des péchés pour obtenir miséricorde ? Dieu ne pardonne pas à un homme parce qu'il a pécbé moins que les autres , et n'en rejette aucuo parce qu'il aura péché davantage. Les grands pécheurs sont aussi bien venus près de lui que les pécheurs ordinaires ; car comme l'habileté d'un médecin se montre plus avantageusement dans une maladie grave , de même la grâce de Christ se manifeste pVus ^\oT\e;\sâfôm«at dans le
don et la sanctification d'un grand pécheur i dans le salut de ceux qui sont moins couîles. Si la miséricorde de Dieu est infinie, li est aussi facile de pardonner un million péchés qu'un seul.
^écbeur abattu , séchez vos larmes et cessez douter. Le plus grand péché que vous puiss commettre , est de ne pas croire à la prossc de Dieu. L'incrédulité est le plus odieux tous les péchés : « Celui qui ne croit pas ieu, le fait menteur. » ( i Jean , Y, lO. ) Oui» is donnez un démenti à Dieu , quand vous ss que vos péchés sont trop grands pour il vous les pardonne. Cette incrédulité ne pose-t-elle pas un orgueil coupable? Qui s-vous , pour supposer que Dieu a intérêt à is tromper par de fousses promesses? Êtesis tellement important que Dieu croie devoir 3ser sa parole pour vous inspirer une conice trompeuse? Soyez donc persuadé que a est encore plus disposé à vous pardonner plus grands péchés , que vous ne le croyez posé à vous pardonner les moindres.
f* Quelques personnes sont troublées de te pensée, que comme le scLcrifiee des méekanis une abomincUion devant Dieu, et que comme :une des œuvres des personnes non régénérées
ta.
150 crQUiÊTUŒs
ne gàurail M éVre agréable , ili ne doivent pi prier, puisqu'ils n'ont pas encore la foi en Chri$ Cette expression , le sacrifice des méchants, s gnilie les dévotions hypocrites des hommes qi vivent dans la pratique de quelque péehé hj hituel , et qui espèrent Texpier par des acte extérieurs du culte. Cela est évident par ce paroles du même passage : « La voie du mé » chant est une ahomination; » (Prov., XV, î c'est-à-dire sa conduite , et parce que sa cor duîte est abominable , sa prière Test aussi. C passage s'explique par celui d'Esaïe (1, 10-18] qui a rapport à une situation toute différent de la vôtre. J'avoue que vos prières , quelqu fréquentes ou quelcjue ferventes qu'elles soieni ne peuvent vous mériter la bénédiction divine Vos prières n'ont aucun mérite pour expier vc péchés et ne peuvent vous procurer la paix c la consolation ; bien plus , si vos prières n sont pas faites avec foi , elles ne seront poic exaucées* Dieu est disposé à vous accorde toutes les bénédictions spirituelles parce qu' l'a promis. Douter, au moment où vous priez que Dieu vous accorde ce qu'il a promis, est u péché ; mais doute»" que ce soit pour vous u devoir de prier, parce que vous ne savez pî si vous êtes agréable àfOieu , est une î^ntè tri
grave : vous pourriez tout aussi bien mettre en doute le devoir de la lecture de la Bible bu du culte public.
Pierre ne recommandait-il pas au magicien Simon de prier ? o Repens-toi de ta méchan- » ceté et prie Dieu que les pensées de ton » cœur te soient pardonnées , car je vois que » tu es dans un grand fiel d'amertune et dans » le lien de riniquité. » ( Act., Vill, 22, 23.) Nous voyons dans le vieux Testament beaucoup de personnes prier et être exaucées, quoiqu'elles ne fussent pas alors vraiment converties à Dieu ; comme Âcbab (1 Rois, XXI, 29.); Joacbaz (â Rois, XIII, 4, 5.) ; les Ninivites (Jonas, III, 5-10). Aucunes prières ne peuvent être agréables à Dieu si elles ne sont sincères ; et telles sont les prières des hommes corrompus qui demandent le salut , mais qui ne désirent pas sincèrement être délivrés du péché. Mais les prières de celui qui cherche le salut sont sincères , car il le désire réellement. Cependant , tant que vous priez sans être converti , Vos prières ne sont que di^s actes d'intérêt personnel, et sans être coupables elles ne sont pas véritablement saintes ; c'est le cri de la misère qui demande du secours ; c'est le vœu de l'âme qui demande du bonheur ; e\\e& w^ wq^v% \Q»Vi-
152 LNQUIÉTUDES DANS LA RECHERCHE, etC.
nent aucun droit aux béoédictions de Dieu. Le pécbé ne consiste pas dans la prière , car il n'y a point de péché à demander du secours à Dieu, mais il y en a dans le manque de foi.
Au lieu donc de renoncer à la prière et de vous tourmenter pour savoir si vous devez prier ou non, priez sans cesse, vous confiant en même temps aux promesses de miséricorde en Jésus -Christ. A votre prière joignez la foi , car elle est un devoir; et quand même vous ne seriez pas immédiatement délivré de vos craintes coupables, demandez toujours la miséricorde et la foi. Avec le degré de lumières que vous avez , quoiqu'il soit peut-être insuffisant pour le salut, élevez vos désirs à Dieu. Demandez-lui plus de lumières, plus de foi, plus d'espérance. La prière est votre devoir et votre privilège; et qu'aucune obscurité de doctrine ne vous empêche de vous y livrer.
Si vous ne pouvez pas encore prier comme croyant , demandez miséricorde comme pécheur. Mais ne restez pas dans l'incrédulité, par ridée que la prière peut suppléer à la foi ; car, je vous le répète , Dieu ne s'est engagé à exaucer les prières que quand elles sont faites avec foi.