CHAPITRE VI
une affaire apssi importante que le e l'âme, il est essentiel de signaler les i graves dans lesquelles les chrétiens sont ler de tomber. Satan est appelé le père songe, et quand son influence trompeuse ; aux déceptions naturelles au cœur huly a grand danger d'erreur. Plus les conces de l'erreur sont graves, plus il ime nous en garantir. Et combien il serait
de se tromper en matière de religion erséVérer dans cette erreur jusqu'à la nous aurions toute l'éternité pour la démais pas un moment pour la réparer.
in il serait affreux de mourir et de nous »mpés sur notre disposition et sur notre e ! Mais,, à supposer même que notre er- I soitpas d'une nature si grave, elle peut
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encore être pour nous la source de beaucoup d'inquiétudes.
1°. La première erreur dans laquelle les chrétiens soient en danger de tomber dans la recherche du salut, consiste à prendre les connaissances , les impressions religieuses , un amen' dément partiel j pour une vraie conversion. Dans ce temps où la prédication de l'Evangile et l'instruction religieuse sont très répandues , où il n'y a point de persécution pour éprouver notre sincérité , et où la profession du christianisme est regardée comme honorable , on court grand risque de se faire illusion. La prédication de l'Evangile est propre à toucher et à émouvoir, l'éducation religieuse répand abondamment la connaissance , et ces deux causes réunies tendent à produire des sentiments que l'on peut facilement prendre pour une conversion véritable. Des amis ignorants, des parents empressés , des ministres peu judicieux , trop avides d'augmenter le nombre de leurs communiants, dès qu'ils aperçoivent une légère impredsioa dans Tesprit des jeunes gens et un léger changement dans leur conduite , peuvent exprimer une opinion faVorable sur leur conversion , les flatter de l'idée qu'ils sont chrétiens , les engager à faire tropprompteiueivVi^tofem«iîjubli*
que de religion i les recevoir à la Sainte-Table , tandis que peut-être le grand changement n'a point eu lieu ; et ainsi on est plongé dans une erreur qui doit les conduire à leur perte. Rien ne peut plus les réveiller ; leurs impressions religieuses peuvent s'eflfacer, ils peuvent devenir aussi insouciants, aussi mondains, aussi pécheurs que jamais ; cependant ils ont fait profession de religion, ils se croient réellement chrétiens , et par conséquent négligent toutes les craintes et toutes les alarmes qui pourraient natb'e dans leur esprit. Erreur fatale, et malheureusement trop commune !
n est à propos de vous montrer jusqu'où l'on peut s'avancer sans être réellement converti. Un homme peut avoir des impressions religieuses profondes, des convictions fortes; il peut connaître son état de péché , et le déplorer amèrement , il peut éprouver des remords en songeant à sa vie et à sa conduite passée , il peut s'affliger de ses péchés , il peut en redouter les conséquences, il peut être effrayé à l'idée des tourments de l'enfer.
Judas n'était-il pas convaincu de son péché et rempli de remords ? Gain n'était-il pas aussi convaincu du sien ? J'ai vu bien des gens qui paraissaient plus profondètn^nl loviOsi^'^ ^^
leurs péchés , et qui en éprouvaient plus de remords que d'autres qui étaient réellement convertis, et cependant je lésai vus retourner au monde et au péché. — L'horreur du pécbé n'est pas toujours un signe certain de conversion. Hazaël , avant d'être roi de Syrie , détestait les crimes qu'il commit ensuite dans son orgueil et dans sa puissance. Les personnes non converties peuvent même souhaiter d'être délivrées de ces chaînes de convoitise qui les ont longtemps tenues captives; car il y a peu de pécheurs qui ne détestent fréquemment leurs péchés, et qui ne prennent la résolution de s'amender. — Oui , on peut quelquefois désirer d'être délivré du péché , ou du moins le désirer jusqu'à un certain point parce que Ton sait que cela est nécessaire pour être sauvé de Fenfer. — La joie religieuse peut , conmie la conviction du péché , exister sans une véritable conversion. Les auditeurs, conune une terre pierreuse , « écoutent la parole et la reçoivent )> avec joie , mais comme ils n'ont point der»- » cines en eux, cela ne dure que peu de » temps.» (Mat. XIII, 20, 21 .] Les Galates éprouvèrent , dans un temps , une joie vive , et cependant l'apôtre témoigne ses craintes que cette joie ne se trouNèil à Vdi ^wv^aua résultat
( Galat., lY, 15. ) Une foule de gens se réjouirent eo Christ , quand il fit son entrée à Jérusalem, qui, dans la suite, devinrent ses ennemis.
—Un homme peut, comme autrefois Balaam , admirer les enfants de Dieu , souhaiter d'en (aire partie » et cependant ne pas leur appartenir. Bien des gens se plaisent à entendre des sermons , à prier en commun , à chanter des hymnes religieuses , à fréquenter les réunions de piété qui, pourtant , ne sont pas véritablement nés de FEsprit. D'autres après avoir renoncé à leurs péchés et à leurs habitudes coupables, prouvent, par leur conduite ultérieure, qu'ils ne sont pas convertis. — On peut être, comme Jéhu, zélé pour les pratiques extérieures de la religion sans être pour cela vraiment pieux. Bien des personnes , après avoir eu beaucoup de confiance dans la réalité de leur conversion , après avoir eu des songes , des impressions , des témoignages intérieurs , ont démontré , par la suite de leur conduite , qu'elles se faisaient cruellement illusion. — Mais il n'y aurait point de fin à énumérer toutes les manières dont les hommes peuvent s*abuser sur leur état. Des milliers de pécheurs se sont fortement inquiétés de leur salut , qui néanmoins ne furent jamais nés de l'Esprit. On se
peEd aussi bm en s'abusanfc , que de toute autjre manière. L'enfer retentit des gémissement d-âmes qui se sont perdues par leurs proprei' illusions.
Examinez-vous vous-même. Veillez soigne»* sèment sur votre état. Songez qu'il n'y »
qu'une régénération complète qui puisse vous sauver, «t A moins qu'un homme ne soit né de » Feau et du Saint-Esprit, il ne peut entrer )» dans le royaume de Dieu. » (Jean , lU, 5.)— « Si un homme est en Christ, il est une boh* » velle créature ; les choses vieilles sont pas* y> sées, toutes choses sont devenues nouvelles.» (2 Cor., y, 17.) La nature même doit être eatièrement changée. Nous devons être renouvelés en esprit. Il doit y avoir un changement divin de dispositions. Nos vues, nos goûts, nos peines, nos plaisirs, nos espérances, nos craintes, nos désirs et nos intérêts, tout doit être changé. Nous devons être amenés à ainw Dieu par-dessus tout pour sa sainteté et sa jnstiee, aussi bien que pour sa miséricorde et poar l'amour qu'il nous a témoigné en Christ; nous devons nous réjouir en lui, pour sa ^oireaawi hiea que pour sa grâce; noua devons sentir la lieauté de la sainteté et aimer les dnaea diriam powT' leur propre e]ike«\WBc»\ «ma 4a-
DANS LA RECmnCriB DU SALUT. 111
voBS déplorer et bâSr le péché en lui-métfie aussi bien que par la crainte du châtiment ; noua devons nous réjouir du salut apporté par Christ , non pas seulement parce qu'il nous délivre de l'enfer , mais parce qu'il rétablit rimage de Dieu en nous ; nous devons participer à la vraie humilité, à l'amour universel; nous identificHT, pour ainsi dire, avec la pensée de Dieu en nous réjouissant du bonheur des autres; nous devons embrasser de tout no^re cœur la cause de Dieu et nous faire un bonheur et une gloire de contribuer à la gloire du Christ dans le salut des pécheurs; nous devons éprouver un ardent désir, une (aim, une soif de la sainteté ,et prendre k résolution de renoncer à tous nos péchés, quelque agréables ou quelque profitables qu'ils nous soient; nous devons avoir une conscience délicate qui se garde avec horreur des moindres péchés , des fautes secrètes , aussft bien que des transgressions graves et scandaleuses ; nous devons aimer les chrétiens sincères, pour l'amour de Dieu , parce qu'ils sont les enfants de Dieu. C'est là la nouvelle naissance; ce n'est pas un effet passager de l'imagination, mais un changement durable du caractère. Celui qui la ressent peut ne pas être violemment
lli MÉPRISES
agité , mais il est changé d^une manière dora^ ble ; SCS passions peuvent ne pas être fortement émues, mais ses principes, ses goûts, ses intérêts sont portés du côté de la sainteté. C'était un homme charnel, c'est maintenant un homme spirituel, et il voit tout avec les yeux de l'Esprit et non avec ceux de la chair, n n'y a que cette complète régénération de nature qui puisse vous satisfaire, car il n'y a que cette vue de l'œuvre médiatrice du Christ, que cette foi en son sang pour le salut , qui puisse changer le cœur, le caractère, la conduite; qui puisse rejeter le monde en arrière et faire du salut et de la sainteté la seule et importante affaire de la vie.
â" Ceux qui cherchent le salut sont souvent dans l'erreur relativement à Vobligaiion immédiate de croire et d'aller à Christ ; ils attendent, disent-ils, le moment de pouvoir le fiiire, et se livrent en attendant à des pratiques religieuses (1). Ils cherchent et prient, mais ils ne comprennent pas que c'est pour eux un devoir immédiat et instantané d'aller à Christ. Ils at-
(1) L* extrême imporUnce du sujet m'a décidé à laisser dans ce chapitre des idées et des expressions qu*on a dé- Jâ feacoBlrée* dans les prëcèdetkVA.
tendent quelque impression sensible, quelque mouvement de leur esprit qui leur fasse connaître quand ils doivent croire et qui leur en donne le moyen. Ils espèrent que ce moment se manifestera à eux, comme les boitéiix, au bord de la piscine, attendaient que les eaux fussent troublées pour y descendre.
C*est là une erreur fatale qui tient dans une longue inquiétude une foule de pécheurs , et qui finalement, en empêche quelques-uns d'aller à Christ. Et d'abord c^st pervertir le sens de TÉcriture-Sainte que de considérer la piscine de Béthesda comme l'emblème de la guérison des pécheurs par l'œuvre de Christ , et la situation des malades attendant que l'ange vint troubler les eaux de la piscine , comme analogue à celle des pécheurs qui , dans cette supposition , devraient attendre quelque impulsion d'en-haut avant de croire. L'Écriture ne rapporte ce fait que pour montrer le pouvoir du Christ, opérant une guérison miraculeuse. En aucun endroit, le Nouveau-Testament oe recommande aux pécheurs d'attendre pour croire. Jamais il ne leur dit : « Croyez» mais » pas à présent ; espérez , mais pas à présent ; » attendez quelque force ou quelque impulsion
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» qui vous mette en état de croire. » Au contraire, il leur dit : « Si vous entendez aujour- » d'hui sa voix, n'endarcissez pas vos cœurs; i> voici maiotenaut le temj[)s favorable , voici » maintenant le jour du salut. » Dieu n'est-U pas disposé à^ vous pardonner en ce moment?
Christ ne veut-il pas vous sauver à présent même ? L'Esprit n'attend-il pas pour vous renouveler et vous sanctiGer immédiatement?
Toutes les promesses, toutes les grâces du salut ne sont-elles pas prêtes? Qu'attendez-vous donc, et pourquoi attendez-vous? Quand vous entendriez une voix du ciel , quand vous sentiriez une impulsion extraordinaire dans votre cœur, seriez-vous plus assuré que Christ est disposé à vous sauver? Que signifie cette promesse : c( Venez à moi, vous tous qui êtes tra- » vailles et chargés, et je vous soulagerai?» (Mat. XI, 28.) Voilà le langage de Christ ; jamais . il ne vous recommande d'attendre une impulsion ; pourquoi donc hésitez- vous ? Le langage , de Christ est aussi vrai en ce moment qu'il le sera jamais , et si vous attendez autre chose . que la parole de Christ , vous attendrez toute votre vie, et vous mourrez dans Terreur, il est vrai que vous avez besoin de l'influence de rEsprit pour vous aider à croire^ mais cette in-
flueBce est, comme l'œuvre de Christ^ toujours prèle.
D'autres disent : Nau$ àttendmis d'être pins pTofimdémeni convaincus de péché, Êtes-vous eonvaincu que vous êtes sous la condamnatioii de la loi? que votre nature est à la ibis correinpue et criminelle, et que vous avez mérité l'enfer ? Si vous êtes convaincu de cela et si vous le sentez, qu'atteodez-vous donc? Si vouli dites que vous attendez une contrition plus vive, un repentir plus profond, je vous demanderAi jusqu'à quel point vous voulez en venir, avant de croire en Christ et d'espérer en sa miséricorde. Pouvez-vous établir une règle fixe à ce sujet? £t quand même vos convictions seraient dix fois plus profondes qu'elles ne le sont , ces sentiments personnels seraient-ils un gage as- Mire de votre retour à Christ; vous rendraientils plus agréables à ses yeux; seraient-ils un motif légitime d'espoir? Vous souhaitez des convictions profondes pour vous réjouir en elles, au lien de vous réjouir en Christ. Christ a-t-il jamais dit qu'il ne vous recevrait que quasd vos convictions auraient atteint un certain degré de force et de profondeur? 11 s'agit seulement de savoir si vous êtes réellement eoitvâinmi^ et «on jusqu'à quel point v#us
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Têtes. Et alors, quant à la tristesse selon Dieu, la foi vous la donnera. « Ils verront celui qu'ils » ont percé et s'affligeront» (Zacb., XII, 10), dit le Seigneur Jésus en parlant des Juifs. La croyance à l'amour de Dieu pour nous en Christ, et l'espoir de sa miséricorde attendrissent notre cœur. — Songez-y bien ; c'est l'espérance , le sentiment de l'amour de Dieu , qui réchauffe et qui amollit le cœur glacé de rhomme. Quand vous considérez votre Rédempteur sur la croix, quand vous entendez la voix de Dieu qui vous dit : « Je suis celui qui efface les péchés du monde par le sang de mon Fils : je te pardonne malgré ta rébellion et ta tiédeur ;» alors votre cœur s'embrasera d'amour et d'une sainte tristesse. En vous éloignant de Christ, en attendant de plus fortes émotions pour aller à lui , vous combattrez votre propre dessein. Plus tôt vous espérerez en Christ, plus tôt vous vous affligerez de vos péchés. Chaque regard que vous jetterez sur la croix rendra votre chagrin plus vif et vos convictions plus profondes. Ce spectacle étonnant émouvra votre sensibilité, et ce sacrifice divin qui vous fait espérer votre pardon, vous fera aussi sentir toute l'amertume de vos transgressions. N'attendei pas plus longtemps, croyez dèsà^résent^ con-
fiez votre âme au Sauveur, et réjouissez-vous dans Fespoir du salut.
D'autres attendent plus de sainteté, un ccsur mieux préparé, avant de chercher en Christ la vie éternelle. Sans doute le cœur doit être préparé pour aller à Christ ; mais quelle est cette préparation ? Rien qui puisse empêcher le pécheur de chercher son salut en Christ. C'est Tœuvre du Saint-Esprit qui lui donne le sentiment de son péché et le désir de Hiir la colère à venir. Mais quant à ceux qui cherchent le salut, cette œuvre est déjà faite ; ils sont convaincus de péché et veulent éviter le jugement qui les menace. Que faut-il donc de plus pour les préparer à croire en Christ? Ceux qui tiennent un pareil langage veulent dire qu'ils doivent être convaincus depuis longtemps, qu'ils doivent avoir passé par une suite d'affections pieuses, d'actions saintes, de connaissances religieuses» avant d'être suffisamment encouragés à se confier en Christ et à espérer le salut.
n est vrai que tout pécheur, en allant à Christ par la foi , doit être préparé à renoncer au péehé, à faire le sacrifice de ses passions les plus chères, à se charger de sa croix et à suivre Christ dans les liens, en prison, à la mort; il
doit 6ei*«garder oomme «appdé à lasaiatoté» ; et tel est Tétat de son esprit défi qu'il est rée^ lement convaincu de péché ; quelles nouvdles préparations lui faut-il encore pour obtenir son pardon? — Un homme n*est-il pas prêté rece^ voir son pardon dès qu'il est convaincu de sa transgression? Si un père promet de pardonner à son fils aussitôt qu'il avouera sa faute» celui-ei a-t-il besoin de se préparer à recevoir son pardon par une conduite longtemps irréprochable? Son père est prêt à lui accorder son pardon au premier signe d'un vrai repentir, et le fils par conséquent est prêt à le recevoir. Si Dieu n'avait voulu nous pardonner qu'à condition que notre conduite eût été longtemps droite et pure, c'eût été de sa part une dérision ; car comment pouvons-nous nous bien conduire avant d'avoir reçu le secours de son Esprit?— La première affaire du pécheur est d'être pardonné, la seconde d'être saint ; le pardon précède la sainteté, de même que la justification précède la sanctification. Nous devons être justifiés avant que d'être sanctifiés; réfléchissez bien à cette vérité. Nous sommes justifiés par k. kÂ^ et sans la foi nous ne pouvons plaire i Dteu; donc» tant que nous n'avons pas la foi, mauêoe powfOBft taii& dA bonnea asuvres,
et quand nous avons la foi, nous sommes agréables à Dieu. La foi est donc un devoir inmiédiat et n'exige aucune préparation. Éclaircissons ee sujet par l'exemple de quelques conyersion» rapportées dans TÉcriture-Sainte.
Yoyezla conversion du malfaiteur repentant.
(Luc XXIII, 40, 43.) Quelle préparation y eu^il dans l'esprit, le cœur et la conduite de cet iiorome, au-delà de l'opération de FEsprit qui le coDvainquit dépêché? Quand il fut crucifié, il pensa à son péché et s'en repentit pour la première fois, et dès ce moment même il crut en Christ et espéra en sa miséricorde.— Nous lisons (Actes^ II) que trois mille personnes dirent converties le jour de la Pentecôte. Jusqu'au moment où ils entendirent le sermon de Pierpe, ils étaient les meurtriers de Christ ; par ee sef mon ils furent convaincus de péchés et le même jour ils se réjouirent dans l'assuranee du pardon. ¥ eu1r-il dans leur cœur d'autre préparation que l'œuvre de l'Esprit qui les convainquit de péché?
Yoyea la conversion de Saul, ce persécuteur deft. dbvétiens; en un jour ou deux il Uii non* seulement pardonné^ chrétien» h'iptisé et plein de joie-, mais même apôtre consacré. Eut*4l le I temps de se préparer par de longue» eè pro»
fondes convictions ou par des actions saintes ?
Voyez la conversion du geôlier de Philippes (Actes, XVI, 25-34.) Dans une seule nuit il fut convaincu de péché, il crut en Christ, il fut rempli de la paix et fut baptisé. Quand il s'écria désespéré : « Que dois~je faire pour être sauvé? » Tapôtre lui répondit : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé. » Il ne lui parla point de préparation, de pratique de bonnes œuvres, d'instruction préalable, il lui dit seulement : « Crois ; » c'est-à-dire crois dès à présent ; le pécheur repentant le comprit ainsi, car il crut immédiatement et entra en possession de la paix.
Je cite ces exemples, non pas pour prouver que toutes les conversions sont également soudaines et remarquables, mais pour établir ce seul point: Que la seule préparation nécessaire au pécheur pour croire et pour être justifié, est une conviction réelle du péché. Dès qu'un homme sait qu'il est pécheur et condamné, dès qu'il est vraiment convaincu de cet état de condamnation, il doit croire en Christ et espérer son pardon ; alors il est disposé à le recevoir, et, quand il passerait dix ans sous le poids des plus profondes convictions et dans la pratique h plus TigouxQu^e dvi devoir^ il ne
serait pas plus avancé. Le pécheur est condamué, et dès qu'il a le sentiment de cette condamnation , il peut en être relevé ; et il ne peut se livrer à la pratique des bonnes œuvres avant d'être justifié. La foi est le premier acte de Tobéissance évangélique que Ton puisse accomplir envers Dieu, et elle est la source de tous les autres. Nous ne pouvons être saints avant de croire en Christ ; et, par conséquent, toutes ces idées de préparation pour aller à Christ sont chimériques, viennent de notions iausses sur la situation du pécheur vis-à-vis de Dieu, et sont généralement le résultat d'un principe de propre justice.
C'est peut-être la position de plusieurs de ceux qui lisent ces pages; ils veulent être mieux préparés, soit par des conviction^, soit parla sainteté, pour aller à Christ ; c'est-àdire qu'ils veulent quelque chose qui leur appartienne et dont ils puissent se faire honneur ; quelque chose qui les encourage et qui les enhardisse à s'approcher du Sauveur ; quelque chose qui les rende moins dépendants de la grâce souveraine ; quelque chose qui leur donne droit, sinon au salut, du moins à s'approprier la justice de Christ.
Pécheur inquiet et troublé l no\3l% S^xsss^l^-l
le» mouYeMaits secrets de Forgaeîl dtams rotre âme ; voua ne connaissez pas toutes les nises do cœur humain ; vous ignorez les artifiees^de Satan ; vous ne savez pas que tous ces désirs de préparalioBs personnelles sont des pièges de l'ennemi des aortes pour vous éloigner de Christ : il veut dérober à vos yeux la gloire de la croix; il veut jeter sur votre route une piervQ d'achoppement pour vou» empé<^r d'aller à la source de la vie. N'attendez pas plus longtemps; si vous attendez qne vous deveniez meilleur, vous n'irez jamais à €hns(. Souvenez -vous que vous êtes reçu par Christ, non comme digne, mais comme indigne: non comme favori, mais comme ancien ennemi ; non comme méritant la vie par vos convictions, mais comme méritant la mort pour vos transgressions. « A celui qui ne tray> vaille pas, mais qui croit à Celui qui justifie » le pécheur, sa foi lui est imputée à justice. « (Rom. IV, 5.) Remarquez bien cette exprès- »îofi, elle a un sens profond, elle est la clé de la doctrine de la justification : et Qui croit à r> Celui qui justifie le pécheur, » Nous sommes justifiés comme pee/teur^. Si donc nous voulons devenir jus(«« avant d'aller à Christ, nous nous ejehans nous-mêmes ^eXa ^t^c« ^^ \ai\u«ttfi-
DANS LA RECiNHlCMIS DL SALUT. 1â3
cation ; car «lie n'estacoordée^ii'i^etm qui se regardeot cemme {pécheurs.
3*. Une autre méprise à laquelle on est exposé daii$ le oommencement de la carrière retigietise, c'est une inquiHude déplacée par rap^ port aux preuves de la religion perêonnelle. Je sais que les écrivains sacrés parlent souvent dos preuves de la religion personnelle; mais un homme peut avoir de la religion avant d'en avoir la preuvo, et pour le moment vous devez plutôt vous inquiéter d'être chrétien que desavoir si vous Têtes. Et cependant, bien des gens, aussitôt qu'ils commencent à s'inquiéter de la religion^ s'inquiètent aussi de trouver en eux-mêmes des témoignages certains de leur salut. Ns analysent minutieusement fous leurs sentiments, ils épient tous leurs motifs, ils passent eo revue leur conduite ; apercevant quelque- Ms , ou du moins croyant apercevoir quelque heureux symptôme, mais le plus souvent aussi se décourageant , lorsqu'ils voient dans leurs dispositions personnelles tant de choses défectueuses et même positivement mauvaises. Pénétrez-vous bien de cette observation , que ceux qui recherchent le salut doivent être plus occupés de regarder à Christ, que d'examiner l'état de leur ooeur ; et que <\\]kaf\À *\V^ ^ «wwwv-
nent intérieurement ce doit être pour y chercher la conviction du péché et non pour y trouver des motifs de consolation.
Considérez la position des Israélites , quand ils furent mordus par des serpents dans le désert. Moïse fit un serpent d'airain , Téleva au sommet d'une perche , et tous ceux qui le regardaient étaient guéris. ( Nomb., XXI, 7-9. ) tt Regardez et vivez ; »> tels étaient le commandement et la promesse qu'ils reçurent Représentez-vous les pauvres Israélites couverts de morsures empoisonnées et fixant les yeux sur l'objet qui devait les guérir ? croyez-vous qu'ils s'arrêtassent à examiner leurs blessures pour voir si elles se guérissaient ; croyez-vous qu'ils fussent assez insensés pour détourner les yeux de l'objet de leur salut , afin de suivre les progrès de leur guérison? Non, quand même un nouveau soleil eût brillé au firmament, ils n'auraient pas quitté des yeux le serpent d'airain, pour le regarder. A mesure qu'ils contenu plaient le serpent , ils sentaient la douleur d minuer, la fièvre se calmer ; en détournant 1 yeux, ils s'exposaient à une rechute, et par le persévérance ils furent sauvés.
Telle doit être la conduite du pécheur ; il ( regarder à Jésus ; son salut est là ; et il ne
pas perdre de temps à regarder si la guérison vient ou si elle est déjà venue. Plus le pécheur contemple Christ comme médiateur, plus il acquiert des notions claires de son œuvre ; plus il tient les yeux de la foi fixés sur la croix de celui qui fut crucifié , « pour que quiconque » croirait en lui ne périt point, mais qu'il eût » la vie éternelle, o plus il aura la conscience de sa foi , et plus il en recueillera d'abondantes preuves. L'Israélite n'avait aucun doute de sa guérison lorsqu'il contemplait le serpent d'airain , car il sentait qu'elle s'opérait en lui : de même l'âme qui sera constamment attentive à Christ s'assurera qu'elle est agréable à Dieu. « Celui qui croit au fils de Dieu a le témoignage » de Dieu en soi-même » (1 Jean Y, 10 ) : il a en lui le témoignage non-seulement du chrislianisme en général , mais aussi de sa religion personnelle. Le moyen de fortifier ce témoignage est de fortifier votre foi ; et le moyen de fortifier notre foi est , non pas de regarder en nous-mêmes qui sommes le sujet de la fol, mais hors de nous , à Christ qui en est l'objet.
La foi est le ressort et le régulateur de toutes les grâces : notre joie , notre amour, notre espérance seront en proportion de notre foi ; et nous ne la fortifierons jamais en examinant
fi« MÉniitM
OMitiÉtrallelneiit les MBtioieiiis tle notre MBHri Noué ne la foiUfierons p» boa plite ôb prenant la résolution d'être fermes daD6 la foi » «ail eo acquérant toujours des idée» plus clairea et plo« complètes de la personne et de rœoTre de Christ. « luaques à quand, dit David, médileii rai^Je en mon âme , m'affligeant contintieUe- « ment ? » ( Psaume XIK , 2.) Il nous apprend immédiateftient après comment il parvint à bannir cette tristesse ; ce fut en détournant ees regards de dessus lui-même pour les fixer Bur Dieu. «J'ai eu confiance en ta miséricorde:
« mon cœur se réjouira en ton sajut. » (Vers» 5.) La première preuve de la foi est la paii de l'âme ou l'allégement du fardeau du péchés la preuve suivante est la sainteté ; mais il ne peut y avoir ni paix ni sainteté sans la foi. Bien des gens se trompent quand ils cherchent des preuves de leur conversion : ils cherchent^ aou des preuves de foi , mais un sujet de foi \ non la preuve qu'ils ont reçu la justice de Christ, mais des preuves sur lesquelles ils puissent établir leur propre justice. Ils ont besoin de caO' solation, et au lieu d'en chercher en Christ, ils en cherchent en eui-mémes* Aussi , quand ils ont trouvé ou quand ils croient avoir trouvé ea Pijx-ménnes quelque signe favorable « ils t'es
DANS LA. REGHBRCBB DU SALUT. tS7
ré|)Ouisseot comme s'ils avaient fait qu^ue beiireuse rencontre.
Pécheur inquiet et abattu, vous avez lu, médité, écouté , prié , combattu » examiné ; tous aves cherché dans vos lectures des preuves et des témoignages de salut , vous avez consulté d'autres chrétiens , vous leur avez demandé ce qu'ils regardent comme des preuves certaines de l'œuvre de la grâce , et cependant vous êtes aussi loin que jamais d'une conclusion satisfaisante, quant à votre état; vous êtes plongé dans un bourbier, où , malgré vos efforts , vous vous enfoncez de plus en plus. Suivez donc une autre voie, puisque celle-là vous a égaré, et au lieu de vous occuper de ces preuves internes, r^ardez à Christ , fixez les yeux sur lui , méditez sur la divinité de sa personne , sur la suffisance, de son expiation , la perfection de sa justice, les richesses de sa grâce, l'universalité de ses appels au salut. Regardez à l'objet de la foi , le fondement de la foi , le gage de la foi ; c'est ainsi que votre foi s'affermira et en même temps votre joie. Au lieu de vous efforcer d'aimer Christ , et devons décourager, parce que vous ne l'aimez pas assez , considérez l'amour de Christ pour vous. Méditez sur sa grâce, sa compassion, non-«eulement pour le monde en
général, mais pour vous qui en faites partie : « Efforcez-vous de comprendre avec les saints » quelle est la largeur, la longueur, la profon- » deur de Famour de Christ, qui passe tout en- ^ tendement. » (Ephés., 111, 18, 19.) C'est là le moyen d'accroître notre amour pour lui ; car , si nous Taimonsy c'est parce qu'il nous a aimés le premier. ( [ Jean , IV, 19).
Je désire que vous vous pénétriez bien de ce principe, que la religion subjective, c'est-à-dire la religion en nous se produit et se soutient en fixant notre esprit sur la religion objective, ou sur les faits et les doctrines de la parole de Dieu. Nous ne devons chercher ni témoignages internes , ni consolations comme choses séparées et indépendantes de la foi , mais comme en étant le résultat nécessaire. Persuadez-vous bien que ces témoignages internes appartiennent plutôt à celui qui croit , qu'à celui qui veut croire; au chrétien déjà dans la bonne voie, qu'à celui qui cherche à y entrer.
^f* Il est une autre méprise , ayant quelque rapport avec celle que nous venons de signaler, mais qui cependant en diffère assez pour pouvrir être considérée à part : cette méprise consiste à confondre la foi avec r assurance. La foi est une croyance si fermejque Jésus-Christ est
DANS LA RECHKRGllE DV SALUT. 129
mort pour les pécheurs , qu'elle nous amène à ne compter que sur lui pour notre salut; Tassûrance est la persuasion que nous avons la foi et que nous sommes sauvés. La foi est la croyance que Jésus-Christ est disposé à nous recevoir ; l'assurance est la conviction que nous sommes déjà reçus; en un mot, que nous sommes chrétiens. Ces deux sentiments diffèrent l'un de l'autre : la foi est l'acte par lequel nous entrons dans un certain état ; l'assurance est la conscience que nous avons d'être dans cet état . La foi précède l'assurance: car nous devons d'abord croire que Christ est mort pour les pécheurs , avant de savoir que nous avons cru par la foi ; nous croyons que Christ est mort pour tous les pécheurs , pour tout le monde ; par l'assurance qui résulte de la foi , si elle n'y est pas implicitement renfermée, nous croyons qu'il est mort pour nous, qui faisons partie du monde. « Je » crois , dit le pécheur, que Dieu a tant aimé le » monde qu'il a donné son Fils unique au » morde , afin que quiconque croirait en lui » ne pérît point, mais qu'il eût la vie éter- • nelle. » (Jean , III, 16.) Or, je crois que Dieu m'aime et qu'il veut me sauver : c'est la foi. En croyant , l'âme ressent de la joie et de la paix , de l'amour pour Dieu , de la reconnais-
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saD06 pour €hfiBt , de la liaine §(Mt le pécbé , du TODonoement au «cmde , de la sympalbie pour l^s justes. Dans «et état, le ehrétieafle dit : « Je sais ^ue je crois , j'ai la oonsoienoe âe » ma foi et de ses heureux effets : m «'est là Tassuranoe.
L'exemple des sujets révoltés contre leur souveraiR peut éclatrcir ce sujet. Le chef de ki sédition peut à peine se persuader qu'il soit compris dans l'amnistie ; il lit cette proclamation : « Le roi ayant compassion de ses sujets » égarés , accordera le pardon à cpiicoaque » déposera les armes avant tel jour.)» Coavaineu de l'authenticité de la proclamation , il se dit : « Je crois que le rot veut pardonner à ceux^i » se soumettront ; et comme il n'a excepté per- » sonne , je crois que sa miséricorde s^étend » jusqu'à moi. » Telle est la loi : avant d'aller recevoir son pardon , son esprit est déjd en repos ; il croit à la proclamation ^ et a'a aucun doute sur le pardon promis. U dépose les armes, et acquiert la certitude d'être sauvé; il sait qu'il a obéi aux ordres du souverain, et sent que sa promesse est accomplie. Dans la position de cet homme , vous voyez qu'il n'y a pas lieu à s'inquiéter beaucoup relaiivenMoti roÉêunuice : la foi «t la soumisgioo aux ordres
DANS LA RECHERCHE DU SALUT. 13t
du prince sont les deux sedies choses dont il «t à s'occuper. L'assurance est pour lui le ré^ sultat de la foi et de la soumission. Il doit en être de même pour celui qui cherche le salut : il doit croire ; mais quoi ? — Qu'il est chrétien? Non sans doute , car ce serait de Tassurance > et non de la foi ; mais il doit croire à l'Évangile, qui est la proclamation du pardon et de la miséricorde de Dieu envers ses sujets rebelles ; il doit être persuadé que Dieu l'aime aussi bien que tous les autres pécheurs , qu'il l'appelle à lui» qu'il promet de le recevoir, et il doit se consoler dans cette espérance. Qu'en résulterS'-til ? c'est que sa conscience étant calmée, et son cœur étant purifié , il sera assuré qu'il a la foi et c[uMl a passé de la mort à la vie. La foi n'est donc pas l'assurance , mais la cause de Taseurance.
Ne voyez-vous pas , lecteur, que vous avez eenfondu ces deux sentiments , et que cette confusion a été la source de votre trouUe. Vous êtes abattu et découragé; pourquoi? Tous pensez, dites-vous , que votre foi est faible , et vous craignez même de ne pomten avoir. Riais (^'entendez-vous par ces mots. : n'avoir point d0/bt ? (c Je crains de ne pas être chrétien ; je » erains de ne pas croire; je crains d'être in^
» crédule. » Permettez-moi de vous dire qu ce n'est pas là le moyen de sortir de votre trâ tesse : vous voulez savoir que vous êtes chré tien avant de l'être réellement; vous voulc savoir que vous croyez avant de croire ; vou voulez être assuré que vous êtes accepté pa Christ afin d'aller à lui. La foi ne consisi pas à croire que vous êtes chrétien , mais croire que Christ est mort pour les pécheurs et l'incrédulité ne consiste pas à douter qu vous soyiez chrétien, mais à douter de la bonr volonté de Christ pour vous sauver. — Je vot conseille donc de ne pas vous occuper de l'ai surance, de n'en point parler, de n'y poii songer. Ce qu'il vous faut maintenant, c'e la foi-, vous devez croire, confier votre âme Christ , être persuadé qu'il est mort pour h pécheurs, pour vous, et qu'il veut vous sai ver. C'est là le genre d'assurance que vous d vez chercher, et c'est ce que l'Apôtre enter par la pleine assurance de la foi : une coi fiance ferme que Jésus-Christ peut et veut sai ver jusqu'au dernier des pécheurs, et voui par conséquent. Pénétrez-vous bien de ceti vérité; ouvrez votre âme à cette délicieux persuasion , que Christ est puissant pour voi sauver, heureux de vous sauver, attendai
US sauver, vous comme tous les pécette persuasion vous donnera une X et exercera une telle influence sur £ur« que vous sentirez la réalité de i. L'assurance dont parle VEcriture est ice de Tamour de Dieu pour vous en et c'est la seule que vous deyiez cherprésent.