‹ La recherche du salutChapitre 13 sur 19 · SUJETS DE DÉCOURAGEMENT · texte numérisé non relu

SUJETS DE DÉCOURAGEMENT

quiets, trop sévères, trop sérieux. Indignes chrétiens , qui eberchez à étouffer les enfants de Dieu à leur berceau ! songez au mal que vous faites, et ne cherchez plus à détruire les inquiétudes de ces âmes qui commencent à sentir les premiers souffles de la vie spirituelle.

Et vous qui cherchez le salut, ne vous laissez point décourager. Si ces chrétiens déshonorent leur profession religieuse, c'est leur affaire et non la vôtre ; qu'ils désirent ou non le salut, il est nécessaire pour vous. Slls perdent leur âme , cela ne compensera point la perte de la vôtre. Quand il n'y aurait pas un seul véritable chrétien dans le monde, vous n'en devez pas moins vous efforcer de le devenir.

Faites attention à la Bible plutôt qu'à ces chrétiens de nom. Au lieu de relâcher vos efforts, vous devez conclure de ce que vous voyez qu'il n'est point facile d'être un vrai chrétien. Si les dispositions mondaines et la mauvaise conduite de ceux qui s'appellent chrétiens vous font abandonner la poursuite du salut, ce sera pour vous une triste consolation de les regarder comme la cause de votre perte.

3°. Vous êtes peut-être découragé en songeant à l'opposition que vous rencontrerez chez vas plus intimes amis\: Vous savez qu'ils sont tous mon-

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dains » et vous prévoyez que votre conversion TOUS mettra en opposition avec eux ; vous prévoyez qu'en devenant chrétien , votre famille sera comme celle dont parle le Seigneur (Mat., X, 3I--38). a Oh ! dites-vous, quelle triste perspective s'ouvre devant moi ! Ma piété sera le signal de la discorde dans une famille jusqu'à présent si paisible, et fera nattre la confusion et les querelles là où régnaient la paix et Tunion. Femme, il me faudra braver la colère de mon époux, et peut-être aliéner de moi un cœur dont Tamitié m'était si chère ; enfant, je paraîtrai désobéissant envers mes parents, que je me plaisais à respecter ; puis-je donc m'y résoudre? N'y a-t-il point d'autre voie pour aller au ciel ? N'y a-t-il pas des moyens plus faciles de se soumettre à l'autorité de Christ?» — Il n'y en a point. J'avoue que cette alternative est pénible. Je sympathise avec vous, mais je ne puis éloigner la croix ; je perdrais mon âme et la vôtre, si je parvenais à vous persuader que la repentance , la foi , l'amour de Dieu et toutes les autres vertus qu'embrasse la religion du cœur, sont des choses dont on peut se dispenser. Dieu ne veut, il ne peut abandonner aucune de ses demandes* Mari, femme, parents, enfants, biens, famille, répu-

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takioD , considération mondaine » tout doit ètie abandonné pour Dieu. H veut votre cœur, et vous récompensera abondamment de tous les sacrifices que vous lui ferez. La couronne qu'il vous donnera est infiniment plus précieuse que la croix n'est pénible. — Vous pouvez et vous devez même user de discrétion dans la profession de votre foi , vous devez éviter toute opposition superflue aux désirs de vos parents, vous devez être plus obligeant, plus dévoué, plus doux dans toutes vos relations» vous devez tâcher de triompher de la violence à force de patience et de douceur, mais vous ne devez pas renoncer à vos convictions , vous devez être résolu à mourir de douleur plutôt que d'abandonner la poursuite du salut. -r- Ayez confiance en Dieu, il vous soutiendra. S'il vous appelle à ce genre de martyre, il vous donnera la foi et la couronne d'un martyr.

Lisez attentivement l'histoire suivante : Une jeune dame , aimable et accomplie, de la ville de fut vivement aff'ectée du sentiment de son danger spirituel. C'était la fille unique d'un père tendre et affectionné. Les impressions profondes qu'elle éprouvait éveillèrent les craintes de son père ; il craignil qu'elle ne perdit cette gaité et cette vivacité

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4111 foisaîent le bonheur de son itttérieàr domestique. Il ftit effrayé des réponses qu'elle Msait à ses questions, et prévit que son cœur, jusqu'alors si paisible, allait perdre sa tranquillité, n s'efforça de bannir la cause de l'inquiétode de sa fille ; mais ses efforts étaient ceux d'une prudence toute mondaine. Ignorant quelle teirible responsabilité il prenait sur lui, il lui enleva même la Bible et ses livres de piété, et les remplaça par des ouvrages frivoles. Il lai proposa un petit voyage d'agrément, elle le refusa; il employa les promesses, les reproches, les menaces ; il triompha enfin de la résistance de sa fille. Mais c'était une victime qu'il parait pour le sacrifice.— Le dessein fatal s'accomplit; elle renonça à toutes les idées de piété, à toutes les pensées de l'avenir éternel. Mais en moins d'une année l'illusion s'évanouit. Cette jeune personne, si gaie et si séduisante, fut atteinte d'une maladie qui défia tous les secours de l'art. La mort était inévitable, et tous ceux qui en^ touraient le lit de douleur attendaient avec angoisses le moment fatal. Il me semble encore voir le regard que la mourante fixa sur son père ; ses yeux étaient ternes et obscurcis par le désespoir; son regard était rempli de tendresse, de reproche, de letTCvvt.'^^ «^w:^

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enfin d'une voix ferme, mais sépulcrale : a Ifoo père, il y a un an que je voulais aller vers moB

rédempteur. Mon père, votre fille est « Elle

ne put achever, et Téternité entendit ses dernières paroles ! Que cet exemple terrible ne s'efface jamais de votre souvenir, et, pour fortifier en vous cette salutaire impression , lisez les passages suivants de l'Écriture-Sainte : Mat., V, 10-12; X, 21-39; t Cor., IV, 9-13, 2 Tim., II, 10-13 ; Héb., X, 23-39; XI; 1 Pier., 1,6-9; IV, 12-19; 2 Pier., II, 20-22; Apoc, VII, Sm7. ¥Le découragement de quelques autres pe^ sonnes est encore plus intime, elles le irouvent dans leur propre cœur. Beaucoup de chrétiens sentent qu'ils ne font aucun progrès , qu'ils ne gagnent rien ni en lumières , ni en conviotions , ni en consolations. Ils ne se trouvent ni plus convaincus , ni plus calmes, ni plus pieux qu'ils ne l'étaient ; ils tombent quelquefois dans des accès de découragement, et sont tentés de renoncer à la poursuite du salut. Cette disposition d'esprit est très commune et très dangereuse , et doit causer de justes alarmes. Votre devoir et votre sûreté exigent que vous vous persuadiez bien que la faute en est à vous et non à Dieu ; tout le blâme vous appartient; vous balancez peut-être etili^ dfôvi^ opinions;

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VOUS voulez peut-être vous partager entre le inonde et la religion ; vous ne donnez pas à la recherche du salut tout le soin et toute l'attention qu'elle exige. Vous devez donc vous mettre à Tœuvre. Gomme un homme luttant contre le flot qui je repousse loin du rivage, vous devez redoubler d'efforts ou vous serez perdu. Si vous mouriez dans cet état , votre mort serait terrible et votre perte certaine.

Mais peut-être vos plaintes sont-elles le résultat de l'inquiétude que vous éprouvez , et qui vous fait penser que vous ne faites aucun progrès , tant que vous ne jouissez pas encore de la plénitude de la connaissance , de la foi , des espérances de TÉvanglle. C'est là qu'il faut atteindre , et atteindre sans retard , et votre incrédulité seule vous empêche d'y arriver.

Mais quand ni vos lumières ni votre paix ne s'augmenteraient pas aussi rapidement que vous le désirerez ; quand même vous avanceriez lentement dans l'expérience chrétienne , ne vous livrez point pour cela avec tristesse et découragement à la poursuite du salut comme si vous désespériez de l'obtenir. Hâtezvous de vous repentir et de croire à l'Évangile ; sans cela vous n'acquerrez ni lumière ni paix. Gardez-vous surtout de reculer ou de vous

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arrêter. Catr tous tous éloigneriez de là eroit au moment où tous en êtes tout près. Christ est deTant tous, près de tous, contemplez-le sur sa croix. Vous êtes maintenant plus près du salut que de Tôtre ancien état d'indifférence. Tel que tous êtes , même aTec le faible degré de piété, de connaissance et de consolation que TOUS aTCz , tous n'aTez qu'à croire. Levez les yeux sur la croix , elle est Tisible de tons les points de la route que tous suiTez, et Tœil de la foi peut toujours TaperceToir. La Tue de cet objet précieux sera pour Tdus comme une source de lumière pour Totre esprit, et de Tigueur pour toutes les grâces qui résultent d'une Téritable conTersioii.

Mais les obstacles qui retardent tos progrès ne peuvent-ils pas Tenir d'une cause particulière; n'avez-Tous pas conserTé quelque péché , quelque habitude Ticieuse ? N'y a-4-il point quelque sacrifice que tous aTez dé là peine à faire, quelque objet que tous aTei dé la peine à abandonner, quoique Totre raidtfn et Totre conscience tous en fassent un déToir? Si TOUS ne renoncez à cette habitude crlfiiinelle , tout progrès dans là ^Hice le^t itupoèh sible; ce seul péché, coMftië un Vbir clèhé dans la racine d'une flëttr, détftiira M fié

DANS LA HEGHERCHB DU ÀALtJT. 163

même de YOtre piété, la desséchera et la flétrira. — G^est UD ami dont txhis avez de la peine à Vous séparer, mais doht la société retarde vos progrès. Voudriez-Tous donc sacrifier le Milut de votre âme, le ciel, la gloire éterndle, tout ce qui doit vous être cher comme créature immortelle ; et pour ce péché seul ou pour cet ami, qui est aussi (d'ami du monde, )» vous perdre à jamais ! Choisissez : d'un côté le ciel et ce sacrifice, de Tautre Tenfer et la satisfaction momentanée d'un mauvais penchant.

Créature immortelle, pouvez-vous hésiter?

Chaque moment de retard accroît votre faute et votr^ danger. Quoi ! si Dieu prononçait à l'instant même cet ordre redoutable : « 11 s'est D associé aux faux Dieux; abandonne-le! )> (Osée, ÏX'i 17.) Que deviendriez-vous? Décidezvous donc promptement. Le moment même où vou6 lisez ces lignes [peut décider de votre sort -i ttkt si vous ne voulez pas abandonner cet attachetnfèïit coupable , Dieu peut , dès ce moment, vtdUs iiibahdônhlâr pour toujours.

La lenteur de vos progrès dans la connaissance et dddft la f rftce peut venir d'une autre cause, je veux dife valrt négligence de TtV fHtehcè èl Ôe t'aide du Suinl-Esprii. Vods avez eu trop de confiance eh voud'-mémé « et voïKi

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en portez la peine. Autrefois, peut-être, vos impressions étaient profondes, vos convictions fortes, vos sentiments vifs et ardents, mais vous vous êtes laissé séduire par Satan qui a tiré avantage de vos dispositions pour vous inspirer un esprit de confiance et de présomption. Vous avez oublié qu'il n'y a rien de sain en vous, et vous avez abandonné la source des eaux vives. Jamais vous n'avez douté que l'influence du Saint-Esprit ne fût nécessaire, mais vous l'avez négligée. Vous avez contristé le Saint-Esprit et il a retiré sou secours dont vous faisiez trop peu de cas. Vous avez lutté, mais avec votre propre force, et maintenant vous apercevez que votre force n'est que de la faiblesse. Que votre erreur vous soit profitable; remettez votre âme, non-seulement entre les mains de Christ pour qu'il lut pardonne, mais aussi entre les mains du Saint- Eprit pour qu'il la sanctifie. Appuyez-vous sur cette puissance divine qui produit en nous la volonté et l'action. Vivez dans l'Esprit , priez avec l'Esprit, combattez avec l'aide de l'Esprit. Ouvrez votre cœur à sa douce influence; et persuadez-vous bien que votre vie spirituelle n'est rien sans ce pouvoir qui habite en vous et qui travaille avec vous.

U se peut, cependant, que ce découragement et ces plaintes de la lenteur de vos progrès soient mal fondées et proviennent d'un caractère trop humble ou trop ardent, trompé dans ses espérances. Yons espériez peut-être sortir tout d'un coup des ténèbres épaisses de la corruption de votre nature , pour vous élancer aux régions lumineuses de la foi, de l'espérance et de la charité. Vous espériez arriver de prime-abord à la position des chrétiens éprouvés. Mais rappelez-vous que, dans la nature comme dans la grâce , les œuvres de Dieu n'arrivent que graduellement à la parfaite maturité. Il faut passer par l'enfance et par la jeunesse avant d'arriver à l'adolescence. Quelle faible étincelle de vie y a-t-il dans l'enfant nouveau-né? à peine peut-on reconnaître s'il est vivant ou mort ; et, lors même qu'il a donné des signes de vie , de quels soins vigilants ne faut-il pas l'entourer pour le conserver ? Et cependant il arrive quelquefois à une longue et vigoureuse vieillesse. 11 en est de même de l'âme. Autre comparaison : le blé germe d'abord, ensuite vient la tige, puis enfin l'épi ; et ces progrès graduels que nous apercevons dans la nature, nous les retrouvons dans la vie religieuse de rame ; ne méprisons point ni en nous

t6ê iVIBTS DB UkBOKMM&MMBÊft

ni dans les autfes « le joar des petite contnilh- » céments. » Car Dieu ne le mépHse point B est dit de notre dirin rédempteur : a fl |ialtit » son troupeau comme un ber^r. s Mais ôMm ce troupeau il y a des agneaux qui ne peuteak encore marcher ; eh bien , « il rassemblera tes a agneaux entre ses braâ i et les portera daas B son sein , et il mènera doucement ceux ^ » allaitent» (Ésalei XL, 11), ceux qui sont travaillés par des craintes et dès inquiétudes.

Avec quelle douceur notre Seigneur supportilt la lenteur, les faiblesses, les fautes des ses disciples ! comme il corrigeait les erreurs et soutenait Tesprit abattu des deux amis sur le chemin d'Emmaiis, et avec quel soin il entretenait dans leur cœur les dernières luedrs de Veupérance près de s'éteindre ! Quand il s'adresse aux sept églises de TAsie, avec quelle bonté il relève le bien que Ton peut y trotiver, ne dédaignant pas même le peu de force qui restait encore à l'église de Philadelphie ! (Apde., ID, 8.) Méditez bien cela , pécheur découragé. La lumière de vos connaissances deviendra de plos en plus .brillante a jusqu'à ce que le jour soit » en sa perfection ; )» votre faiblesse d'enduit deviendra une force virile ; la ft^ tige de votre piété portera un )oùt de& ttm\& ^tivliQii-

daoce. Le Sauveur auquel vous allez » ne brisera point le roseau froissé, n'éteindra point le lumignon qui fume encore. » La grâce , quoique faible, n'est pas moins la grâce, et doit atteindre sa plénitude de Celui qui est la source de toute grâce. Sans doute, il est bon d'être humble et de penser modestement de vos progrès; mais souvenez- vous qu'un arbre n'est pas mort parce qu'il ne se charge point tout-àcoup de fruits abondants. Je ne prétends pas ici ralentir vos efforts, car celui qui se contenterait de la mesure de grâce qu'il possède, en aurait réellement bien peu ; mais je veux vous guérir de votre découragement et vous relever de cet abattement funeste qui paralyse tous vos efforts en étouffant vos espérances.

D^autres sont découragés à eau$e de leur reehuie dans le péché.

J'avoue que c'est une fâcheuse aggravation du péché, d'y retomber après que l'on a éprouvé un réveil et une conviction religieuse ; et comme cet état est fort dangereux , la parole de Dieu contient plusieurs avertissements graves pour en préserver ceux qui cherchent le salut. Nous devons donc avoir recours à la viiplance et à la prière pour être préservés des rechutes, et surtout pout we v^ \^Vq»\s^«^x

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dans les péchés auxquels nous sommes le plus exposés par nobre tempérament, notre situation , ou par toute autre cause particulière. Cependant , ceux mêmes qui se sont sincèrement engagés dans la poursuite du salut sont retombés, faute de vigilance, dans des péchés dont ils avaient été délivrés. Dans cette situation, par l'effet du remords et du découragement, ils croient que tout est perdu, et , persuadés qu'ils n'ohtiendront point le salut, ils renoncent à sa poursuite. Sans doute vous ne sauriez ébre trop profondément humilié de ces rechutes, mais vous ne devez pas croire votre position désespérée. Si de tels péchés étaient sans espoir de pardon , qui pourrait donc être sauvé?

Mais , direz-vous , je ne suis pas tant découragé par la crainte de ne point oblenir le pardon du passé, que par la crainte de ne pouvoir me préserver de ces péchés à l'avenir. Votre cœur est si infidèle, vos résolutions si faibles, votre corruption si profonde , vos tentations si puissantes , vos défaites et vos victoires tellement balancées , que vous désespérez du succès. Vous croyez donc que vous ne pourrez trouver de l'appui qu'en vous-même, ou que Dieu est impuissant àvou^ dèVvvter« Vous vous

abusez. Vous n'avez en tous ni appui ni force, mais vous avezTaide toute-puissante de Dieu.

— Courage donc, pécheur ! Dieu est tout-puissant. Humiliez-vous devant lui pour le passé; relevez-vous et appuyez-vous sur lui pour Ta- ' venir. Le sang de Christ purifiera vos péchés passés , et la grâce du Saint-Esprit vous préservera d'en commettre de nouveaux; vos rechutes peuvent vous être pardonnées, et vous-même vous pouvez être rétabli , fortifié $ affermi ; vous pouvez enfin triompher,[comme des milliers de chrétiens ont triomphé avant vous.

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