POUR LIRE AYEG FRUIT LE TRAITÉ SUIVANT
On s^étonnera peut-être que je croie de- Toir donner des conseils pour une chose aussi ordinaire que la lecture d*un livre , et surtout pour celle d'un livre aussi simple et aussi élémentaire que celui-ci ; mais le fait est que bien des gens ne savent pas lire avec fruit , et par conséquent profitent peu de leurs lectures. D'ailleurs , quelque simple et quelque élémentaire que soit ce traité, il roule sur un sujet d'une importance infinie et éternelle, et il sera lu dans le moment le plus critique de la vie.
Lecteur^ qui que vous soyez Je puis sans pré-
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somption croire que vous vous souviendrez des enseignements de ce traité, ou avec joie et reconnaissance, ou avec remords et désespoir pendant toute éternité. Il est donc convenable que je vous dise comment vous devez vous y prendre pour lire avec fruit ce que j'ai écrit.
1°. Lisez ce livre quand vous serez seul avec Dieu et voire conscience ; quand vous n'aurez personne auprès de vous qui puisse gêner votre liberté d'agir, de penser et de sentir ; quand, loin de tout regard humain, vous pourrez quitter le livre, méditer ou prier, tomber à genoux ou épancher vos sentiments en courtes et soudaines prières adressées à Dieu. Gardez donc ce livre pour vos heures de retraite et de dévotion solitaire; ne le lisez point en compagnie, à moins que ce ne soit avec un pécheur tremblant et inquiet comme vous.
2^. Lisez-4€ ofeec wne profonde et sérieuse attention. Rappelez-vous qu'il vous parle de Dieu , de réternité, du salut, du ciel, de Tenfer. n s'ofinre à vous quand vous êtes inquiet du salut de votre âme ; quand vous vous écriez avec angoisse : « Que dois-je faire pour être sauvé ? » Il vous offre son secours pour vous guider à l'espérance qui vous est proposée dans TÉr9Dgï}e. L'auteur est sérieux : le sujet est se-
rieux : vous devez donc le lire avec les dispositions les plus sérieuses. Ne l'ouvrez point légèrement, ne le lisez point légèrement. Si vous ne vous sentez point dans un état d'âme assez grave , n'y touchez point ; et quand vous l'ouvrez , pénétrez-vous bien de la pensée que Dieu , le salut et Fétemif é sont devant vous , et que vous allez vous désaltérera la coupe du salut , ou boire le calice amer de la condamnation.
3*. Li$ez-4e avec un esprit de prière. Sans la bénédiction de Dieu, il ne peut vous faire aucun bien ; il n'y a que la grâce divine qui puisse en faire un moyen d'instruction pour votre esprit , ou un moyen de conversion pour votre cœur. Il ne vous donnera aucune lumière , il ne calmera aucune de vos inquiétudes , il ne dissipera aucun de vos doutes , il ne vous assurera ni la paix ni la sanctification, si Dieu ne vous accorde son Saint Esprit , et Dieu ne vous l'accordera point si vous ne le lui demandez. Si vous voulez par conséquent qu'il vous soit utile , ne le lisez point avant d'avoir prié Dieu qu'il bénisse voire lecture. J'ai prié Dieu, avec ferveur pour qu'il me mît en état de l'écrire, et si vous le priez également pour qu'il vous mette en état de le lire ,
ce sera pour nous deux un sujet de bénédiction ; car ce que Ton commence avec la prière, on le termine avec actions de grâces.
4®. N'en lisez point trop à la fois. Les livres qui sont destinés à instruire et à toucher doivent être lus lentement. Bien des gens lisent trop à la fois. Votre but n'est pas simplement de lire ce traité jusqu'à la fin , mais de le lire avec fruit. La science, comme la nourriture , ne se digère facilement que lorsqu'on en use avec modération.
5®. Méditez sur ce quevotu lisez, La méditation est pour Tesprit ce que la digestion est pour le corps. La première faculté intellectuelle est Tattention ; la seconde est la réflexion. Si nous voulons acquérir la connaissance exacte d'un objet, nous devons non seulement le voir, mais le regarder; de même si nous voulons nous instruire par les livres, nous devons nonseulement voir les sujets qui y sont traités , mais les étudier attentivement. Il n'y a que la méditation qui puisse nous mettre en état de comprendre et de sentir. En lisant l'Ëcriture-Sainte ouïes ouvrages religieux, nous avons en vue l'éternité. Le salut dépend de la connaissance, et la connaissance dépend de la méditation. A mesure que nous lisons une pa%e d'un livre
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destiDé à nous guider au salut , nous devons nous arrêter et nous demander si nous comprenons bien. Nos progrès dépendent , non de la quantité dopages que nous lisons, mais de celles que nous comprenons. Un seul verset de l'Écriture bien médité et bien compris nous fera plus de bien qu'un . chapitre ou même un livre entier lu à la hâte et sans réflexion.
6®. lisez avec ordre et régtUarité, Ne sautez pas d'un endroit à Tautre, et, dans votre empressement à éprouver de la consolation , ne choisissez pas tel ou tel chapitre que vous supposerez devoir mieux vous convenir. Tout vous convient et vous sera plus profitable , si vous le prenez dans son ensemble. Une lecture décousue, soit de TËcriture-Sainte, soit de tout autre livre, n'a pas pour objet l'édification ; elle tient souvent à la légèreté d'esprit et quelquefois à l'impatience; deux défauts tout-à-fiiit défavorables au perfectionnement, Souvenez-vous que c'est le salut que vous cherchez , c'est-à-dire un objet assez important pour contenir votre légèreté, et assez précieux pour être recherché avec la patience la plus persévérante.
7^ lisez avec calme. Nowft èl^^ S\!k<Q^v^V ^^^
tenir la vie éternelle, vous vous demandez avec empressement : « Que dois-je faire pour être sauvé ? » Cependant votre sollicitude ne doit pas vous agiter au point de vous empêcher d'écouter la réponse avec calme. Dans les circonstances importantes et difficiles, les hommes sont quelquefois tellement dominés par ragitation de leurs sentiments , que leur jugement est troublé et qu'ils deviennent nonseulement incapables de choisir le meilleur parti, mais même de le voir, quand d'autres le leur indiquent. Cette inquiète précipitation de Tesprit est très commune chez ceux qui commencent à s'occuper de leur salut : ils sont avides et empressés d'éprouver du soulagement; mais leur inquiétude et leur empressement même y mettent obstacle. Ils lisent l'Écriture-Sainte , ils entendent des prédications , ils consultent leurs amis , mais toujours avec le même désordre d'esprit. Préservezvous soigneusement de ce défaut , et tâchez de régler vos pensées et de contenir votre trou- - ble , de manière à pouvoir donner toute votre attention aux conseils et aux avertissements que vous offre cet ouvrage.
S°. Je vous recommande expressément la lecture
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que foi cUé$y el auxquels pour abréger^ je me suie borné à vous renvoyer. J'insiste fortement là-dessus. En lisant ce livre , ayez la Bible près de vous et ne craignez pas de prendre la peine d'y chercher les passages indiqués. Si vous croyez que ce petit volume puisse tenir lieu de la Bible, au lieu de vous servir simplement de guide pour la comprendre > vous vous ferez un tort irréparable, a Gomme des enfants nou- » vellement nés, recherchez le lait pur de » la Parole , afin que vous croissiez par » son moyen. » ( I Pier., II , 2. ) Et comme les enfants se développent mieux quand ils sont nourris du lait de leur mère , de même les chrétiehs adonnés à la lecture assidue de l'Écriture sont ceux qui font le plus de progrès dans la grâce. Si donc je vous détourne de la lecture de TÉcriture-Sainte , je vous fais le plus grand tort : mais si je puis vous persuader de la lire , je vous serai très-utile dans votre carrière religieuse. Daqs l'état actuel de votre esprit, il vaut peut-être mieux que vous méditiez les passages que j'ai choisis et indiqués , que d'entreprendre une lecture complète de la Parole de Dieu.
Que Dieu , dans sa bonté et dans sa grâce souveraine, daigne bénir \a\ecV\\x^ ^^ ^^\\Tt^.
quelque humble qu'il soit, en permettant qu'il devienne pour les âmes immortelles un moyen de vie et de salut!
DU