‹ La recherche du salutChapitre 4 sur 19 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

DlfE TIYE SOLLICITUDE POUR LE SALUT EST RAISONNABLE ET NÉCESSAIRE.

Lecteur, vous avez été naguère conduit par la miséricorde de Dieu à faire avec quelque inquiétude cette importantequestion : «Que ferai-' je pour être sauvé? i> n n'est point surprenant que vous soyez inquiet ; ce qui Test véritablement, c'est que vous ne vous soyez pas inquiété auparavant, c'est que vous ne vous inquiétiez pës plus vivement à présent , c'est que tous ceux qui possèdent la Parole de Y^vevi \ie^\«s-

tagent pas cette inquiétude avec vous. Tout justifie la sollicitude à cet égard et condamne rindifférence. L'insouciance par rapport à notre âme, rindifférence pour le saliit, est la situation d'esprit la plus déraisonnable et la plus coupable. Un enthousiasme exagéré serait moins surprenant et moins insensé qu'une incurie absolue; c'est ce que nous démontreront suffisamment les considérations suivantes.

1°. Vous êtes une créature immortelle , née pour Véternité , et ne devant jamais être anéantit. Des millions de siècles aussi nombreux que les sables du rivage, que les gouttes de TOcéan, que les feuilles des forêts, n'abrégeront pas. la durée de votre être ; l'éternité, l'éternité immense, incompréhensible, est devant vous. Chaque jour vous rapproche des tourments ou de la félicité éternelle. Vous pouvez mourir à chaque instant, et vous êtes aussi près du ciel ou de l'enfer que vous l'êtes de la mort. Il n'est donc point étonnant que vous vous demandiez : «Que dois-je faire pour être sauvé? »

2*». Votre sollicitude vous paraîtra encore plus

légitime, si vous considérez de plus que vous

êtes pécheur. Vous avez enfreint la loi de Dieu;

vous vous êtes révolté contre son autorité; vous

avezéléreaaeoai de Dieu; vousa\ex^a\V.4ft\i\ew

SOLLIGITCDB VOCM LS SALLT. il

votre ennemi. N'eussiez-Tous commis qu'une seule transgression, votre situation serait alarmante. Un seul péché vous aurait placé sous le coup de sa loi et vous aurait exposé à sa colère, et cependant vous en avez commis de plus nombreux et de plus graves que vous ne pouvez l'imaginer. Toute votre vie n'a été qu'une transgression continuelle; par rapport à Dieu , vous n'avez point fait autre chose que de pécher. Vos transgressions crient vengeance contre vous.

Vous êtes sous la malédiction du Tout-Puissant. 3®. Considérez ce que e'eU que, la perle de rame. C'est la perte de tout ce qui est cher à rhomme comme créature immortelle ; c'est la perte do ciel, de ses honneurs, de ses félicités, de ses gloires ; c'est la perte de la faveur de Dieu, vie de toutes les créatures raisonnables ; c'est la perte de tout ce qui peut contribuer à notre bonheur ; c'est la perte de l'espérance, ce dernier refuge des malheureux.La perte de rame résume tout ce qui est contenu dans cette terrible parole: l'Enfer! c'est le poids éternel de la colère de Dieu ; c'est le fléau de la malédiction divine appesanti sur le cœur de l'homme, ou plutôt c'est le cœur de l'homme plongé dans cette iBalédiction comme dans un étang ardent de fcB e^ àe soufre. Qu'elles sont vtBi^ft ^ ^^«^

pantes ces paroles du Christ : « Que servira-t-il » à un bomme de gagner tout le monde, s'il » perd son âme ; ou que donnera l'homme en 9 échange de son âme? » Toutes les larmes qui ont été ou qui seront versées sur la face de la terre, tous les sanglots qui ont été ou qui seront entendus, toutes les angoisses qui ont accablé ou qui accableront les mortels à travers les siècles, ne sont rien auprès de la perte d'une âme humaine. C'est donc avec raison que vous vous demandez, vous qui êtes exposé à cette misère : «Que dois-je faire pour être sauvé?-» 4<^. Cette sollicitude est légitime, H vous considérez que la perte étemelle de rame est un malheur très commun. C'est une si effroyable calamité, que quand elle n'arriverait qu'une seule fois dans une année ou dans un siècle, la seule possibilité qu'elle tombe sur vous rend votre indifférence à cet égard insensée et' criminelle ; que sera-ce donc si vous considérez que c'est un malheur de tous les jours ! Le Seigneur nmis déclare que la route de la perdition est large et spacieuse et suivie par beaucoup de monde, mais que le sentier qui mène à la vie éternelle est étroit, et qu'il y en a peu qui le suivent. Le gouffre de l'enfer est immense et engloutit €Êesf multitudes. Combien celt^ idée est ef-

flOLUCnUDB FOCm LB SALUT. 13

frayante, et combien tous courez risque d*étre

du nombre des victimes ! Il est possible que

qodques-unsde ceux qui lisent ces pages soient

condamnés à un malbeur éternel; c'est donc

pour TOUS un acte de prudence et un devoir

d'entretenir votre sollicitude à cet égard et de

TOUS demander : « Que dois-je faire pour être sauvé?»

&*. Le salut est passUde^ car s'il ne Tétait pas il serait inutile de s'en inquiéter. H serait cruel d*encourager une inquiétude destinée à ne jamais être appaisée par la possession de ce qui en est l'objet. Mais votre situation n'est pas désespérée ; vous pouvez obtenir le salut ; vous êtes invité à le chercber. Le Christ est mort pour vous sauver, et Dieu vous en offre les moyens. 11 vous entoure de tous les secours»

de tous les encouragements , de toutes les occasions favorables ; il met le salut à votre portée; il vous Foffre, et ce sera votre faute si vous n'y parvenez pas. Votre sollicitude n'a donc point pour but un objet inaccessible.

G°. Une foule de chrétiens ont fait leur salut , jNmrgtfot ne feriez-vous pas le vôtre ? Des millions de bienheureux sont déjà sauvés ; d'autres en plus grand nombre sont sur la route du salut. Heu veut encore vous sauver, el Oat'v&X. ^v^

Gk

li SOLUGITUDE JK>UR LE SALUT.

encore vous sauver comme eux ; pourquoi désespéreriez-Yous de votre salut?

7^ Et quelle bénédiction précieuse esl lesahU! Une bénédiction qui embrasse tous les trésors de la grâce et de la gloire ; la délivrance du péché, de la mort et de l'enfer ; la jouissance du pardon , de la paix , de la sanctification , du ciel ; une bénédiction immense infinie , éternelle ; qui remplit la pensée de Dieu de toute éternité, qui fut acquise par le Fils de Dieu sur la croix, et qui remplira toute Téternîté de son bonheur ineffable. Combien sont petits et méprisables auprès du salut, les objets communs des désirs des hommes et les objets les plus rélevés de leur ambition ! Les richesses les dignités, les honneurs, la renommée, ne sont que « comme la menue poussière qui s'attache » à uâe balance » , quand on les compare au « salut qui est en Jésus-Christ avec l'a gloire y> éternelle)). Si donc vous avez la moindre sollicitude pour votre propre bonheur, ne vous demanderez-vous pas : Que dois-je faire pour être sauvé?»

8°. Les drconslances dans lesquelles vous êtes

placé pour obtenir cette bénédiction sont en partie

favorables et en partie défavorables. L'amour de

JD^aest inSai; le DBérite du C\vt\^ e;%l Vsv^^i;

âOLUClTlZDE POUR LE 8ALUT. 15

Dieu veut tous sauver, et attend pour vous sauver; Christ vous y ioTite; tout est préparé, et Dieu vous offre sa grâce pour vous convertir. D'un autre côté votre cœur est corrompu, et vous êtes placé dans un monde où tout sémite conspirer pour détourner votre attention du salut et pour vous le faire négliger. Satan travaille à aveugler votre esprit; le monde travaille à remplir votre imagination d'autres objets, en sorte que les justes même se sauvent avec peine. Vous ne pouvez quitter le monde , mais vous devez chercher votre salut au milieu des soins de ce monde actif et importun, où l'inquiétude pour les besoins du corps tend à faire oublier les intérêts de l'âme , et où les choses visibles et temporelles détournent l'attention de celles qui sont invisibles et éternelles. U est difficile de ne donner au présent qu'une juste mesure d'attention ; il est difficile de songer à la fois aux choses de la terre et aux choses du ciel, de s'occuper de deux mondes à la fois. De tels obstacles sont bien faits pour exciter en vous une vive inquiétude.

Cette inquiétude vive et profonde pour le flriat est donc la disposition la plus juste et la plus légitime; en.effet, celui qui a une âme et goi est iadifféreDt pour sa deslvuëe ë\fi^T\i^^

16 soLUcrruDE pour le salut.

mérite plutôt le nom de brute que le nom d'homme ; c'est un insensé , c'est un maniaque. Quoi ! marcher sans cesse au bord d^nn précipice qui cache un abîme sans fond, et ne pas s'inquiéter si Ton y tombera ; c'est une indififérence funeste et monstrueuse. Entretenez donc votre sollicitude pour le salut; soyez inquiet, car vous devez l'être , car vous ne pouvez être sauvé sans cela, car sans cela aucun homme ne le fut ni ne le sera jamais. Le salut d'une âme perdue est une délivrance si inouïe et "si miraculeuse , qu'il est impossible qu'elle soit accordée à celui qui ne se met point sérieusement en peine de l'obtenir. C'est là le but de votre existence, l'objet pour lequel Dieu vous a créé; sinon vous seriez une énigme de la création , un mystère de la nature. Pourquoi Dieu vous a-t-il donné des facultés qui tendent à l'éternité et des désirs qui y aspirent, s'il ne vous y a pas destiné? le salut éternel est le grand but de la vie ; quoique vous gagniez, si vous perdez le salut, vous avez perdu le grand objet de votre existence. Quand vous acquerriez toute la richesse du monde, quand vous arriveriez à la possession d'un empire universel;, quand, par les plus brillantes découvertes de la science , pax \^% \\»i.s utiles

SOLLICITUDE POUM LE SALlfT. 17

ioTentioDS des arts, par les plus nobles productions des lettres, vous rempliriez la terre du bruit de votre renommée et que vous transmettriez Yotre nom avec éclat jusqu'aux âges les plus reculés, si vous aviez perdu le salut de votre âme, vous auriez vécu en vain. Imaginez rhomme le plus humble et le plus pauvre qui ait jamais existé ; n*eût-il que la plus faible Ifieur d'intelligence, pourvu qu'il pût comprendre la nature de la repentance ; eût-il passé ses jours au milieu des scènes repoussantes de la misère; eût-il vécu ignoré même parmi les pauvres , eut-il été obscurément enseveli, sans exciter ni regrets ni larmes, s'il a obtenu la vie par la foi en Jésus-Christ, sa condition est infiniment préférable à celle du plus riche spéculateur, du plus grand conquérant, du plus profond philosophe, du plus sublime poète qui aurait vécu et qui serait mort sans l'espoir du salut. La place la plus humble dans le ciel vaut mieux que la place la plus élevée sur la terre

Adressez-vous donc cette importante question : <x Que dois-je faire pour être sauvé?» Que rien ne détoui^ne votre attention de cet objet I Aussi longtemps que vous y aspirez, vos yeux, votre cœur, vos espérances sont fixés sur l'objet le pim sublime de runivers.Yàl c^^\2à ^^

amis officieux, mais ignorants, voudront vous persuader que vous vous mquiétez trop, montrez-leur l'abîme sans fond , et demandez-leur si Ton peut s'inquiéter trop d'échapper à de pareils supplices ; montrez-leur le ciel et demandez-leur si l'on peut s'inquiéter trop d'obtenir de telles récompenses; montrez-leur l'éternité^ et demandez-leur si l'on peut s'inquiéter trop de s'assurer la vie immortelle ; montrez-leur la croix du Christ, et demandez-leur si l'on peut s'inquiéter trop de s'assurer l'objet glorieux pour lequel il mourut.

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