‹ La réciprocité entre le Canada et les États-Unis [microforme]Chapitre 10 sur 15 · AVANT TOUT NOUS SOMMES UN PEUPLE AGRICOLE · texte numérisé non relu

AVANT TOUT NOUS SOMMES UN PEUPLE AGRICOLE

Avant tout nous sommes un peuple agricole, notre riches: : : principale est la culture des produits de la zone tempérée, les fruits, les céréales et les légumes, et notre gloire—non pas une vaine gloire, mais une gloire qui s'appuie sur une véritable expérience— est, qu'en fait de céréales, de légumes et de fruits nous pouvons, sans exagération, l'emporter sur tout le monde.

Quelques DEPUTES: Très bien, très bien.

Sir WILFRID LAURIER: A l'extrémité septentrionale de la zone tempérée, nos céréales ont plus de vigueur, nos fruits ont un meilleur parfum, nos légumes sont plus délicats que les produits analogues des autres parties du monde, et quand la concurrence sera libre, quand elle ne sera pas entravée par le tarif, ils remplaceront tous les autres produits sur les tables des gens riches.

Notre but aujourd’hui est d’cuvrir la porte du marché améric-in, d'ouvrir la porte d'une nation de Y0,000,000 d'habitants, qui nous a été fermée pendant cinquante ans, et quand nous sommes à la veille de toucher ce but si longtemps désiré, on nous oppose des objections l’une après l’autre, nous sommes submergés par une abondance de sophismes ; on nous dit que si cette convention est appliquée, et si les légumes, les céréales et les fruits du Canada peuvent traverser la frontière et être consommés en franchise par les Américains, ce sera la fin de la Ccnfédération canadienne et que même l’empire britannnique chancellera et s’écroulera sur ses bases.

Quelques DEPUTES: Très bien, très bien.

Sir WILFRID LAURIER: Ecartons, monsieur le président, ces périls imaginaires et étudions cette question avec bon sens et en pous appuyant sur les principes les plus élémentaires.

Quelques DEPUTES : Très bien, très bien.

Quelques DEPUTES: Oh! oh!

Sir WILFRID LAURIER : Abordons, dis-je, cette question, avec bon sens — et je sus content que mes paroles aïent provoqué une réponse de l'opposition ; nous verrons jusqu'où iront nos adversaires.

13. — CELUI QUI TRAVAILLE, LE FAIT AVEC L’ESPOIR DE DISPOSER DU PRODUIT DE SON LABEUR.

IL A L’AMBITION D’OBTENIR POUR SON LABEUR LA PLUS GRANDE REMUNERATION LEGITIME.

IL SERA PLUS REMUNERE £’IL A PLUS DE CLIENTS QUI DESIRENT LES PRODUITS DE SON TRAVAIL.

Monsieur le président, si je disais à mes honorables amis de l'opposition que parmi les nations civilisées, tous ceux qui travaillent le font avec l'espoir de disposer du produit de leur labeur, on me répondrait que je répète une banalité qui court les rues. Si j'ajoutais que l’homme qui travaille a l'ambition bien juste d'obtenir la plus grande rémunération légitime pour son labeur, on me dirait que c’est une vérité bien ordinaire. Si je disais que l’homme qui travaille sera plus rémunéré s’il a plus ue clients qui désirent les produits de son travail, on me dirait encore que c'est une banalité. Et pourtant c'est cela même, c’est cette simple vérité qui est contenue dans la proposition qui vous est soumise. Tout ce-que nous demandons dans ces résolutions, c’est d'obtenir pour l’homme qui travaille dans les ch. s la meilleure rémun‘ration possible pour son labeur. Et cette proposition a-t-elle besoin d’être défendue? N'est-elle pas conforme au sens commun? N'est-ce pas de tous les principes le plus élémentaires? Comment se fait-il donc qu'il ne soit pas admis immédiatement ? J'en donnerai les motifs et je vais essayer d'être équitable en les donnant. Mais avant d'aller plus loin, je dois dire qu’à mon avis, la Chambre des communes et la population du Canada en général 6nt une dette de reconnaissance envers mon honorable ami le ministre des Finances (M. Fielding) et mon honorable ami le ministre des Douanes (M. Paterson) pour avoir fait avec nos voisins une entente aussi avantageuse et pour avoir pu l'établir sans sacrifier aucun intérêt du Canada.

Monsieur le président, il me sera peut-être permis de dire que d'après moi la discussion qui s’est faite jusqu’à présent a été maintenue à un niveau élevé. Sans doute je ne suis pas d'accord avec mes honorables amis de l'opposition qui ont pris part à la discussion, mais je leur reconnais le mérite à tous et à chacun d'avoir discuté d’une manière équitable qui vaut, je crois, d’être approuvée par nous et qui leur fait honneur. Je suis peiné d’avoir à faire sur ce point une exception par rapport à mon honorable ami de Toronto-nord EM. Foster).

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