BEAUCOUP DE TAPAGE FAIT PAR PEU DE GENS
Je sais bien que ce programme n'a pas été universellement accepté, qu’il a été dans certains quartiers, et je dirai même où l'on s'y serait le moins attendu, l'objet d'une opposition persistante. 11 est bien connu qu'il s'est f dans les villes de Montréal et de Toronto une association dont le but est de faire rejeter cette entente. le ne saurais m'en plaindre; ceux qui agissent de la sorte sont parfailement dans leur droit. Je ne chercherai pas davantage à dissimuler la portée d’un tel mouvement ni l'importance de ceux qui l'ont lancé. Mais même en faisant très large la part de ce double facteur, je persiste à croire qu'il n'y a pas lieu de s'alarmer. Lx | rie Grant raconta dans ses mémoires que, durant la guerre du
exique, alors qu'il était jeune lieutenant dans l'armée des Etats- Unis, il se dirigeait un jour à cheval, en compagnie d’un ami, vers la scène des hostilités, quand soudain ils entendirent le plus effroyable hurlement de loups. Son ami lui demanda combien il pensait qu'il s’en trouvait dans la bande, et Grant, pour ne pas exagérer, fixa approximativement le nombre à vingt. Son ami sourit sans rien dire. Quelques instants après, ils arrivèrent en vue des loups: ils n'étaient que deux pour faire tout ce bruit. Le général Grant observe qu'il s'est rappelé cet incident plus tard lorsque, dans le cours de sa vie, il a été témoin du tapage fait par des gens désappointés ; jusqu’à ce qu'on eût pris la peire de les compter, ils faisaient toujours l'effet d’être plus nombreux qu'ils n'étaient en réalité. Je crois que ce qui est vrai des Etats-Unis l'est'aussi de notre pays. Des objections que nous avons entendu formuler contre cette convention, les unes me paraïssent manquer singulièrement de force ou d'a-propos ; d’autres, au contraire, seraient dignes d'attention, si elles ne se fondaient sur une étrange autant que fausse conception de ce que seront les conséquences de l'établissement d'un tel régime.
3. — IL N’Y A PAS RAISON DE S'OPPOSER A LA RECIPROCITE. HISTORIQUE DE LA QUESTION.
Ce qui m'étonne, c'est qu'il ait pu se produire une opposition quelconque. Qui niera que, dans nôs relations avec nos voisins, nous ayons atteint ce que tous les partis dans cette Chambre ont cherché depuis quarante ans? Qui niera que si, il y a quarante ans, ac premiers jours de cette Confédération, il y a trente ars, vingt ans ou même quatorze ans, lorsque nous avons pris les rènes de l’administ: tion, il eût été possible d'obtenir un abaissement du tarif américain comme :e comporte cette convention, il y aurait eu
dans tout le pays beaucoup de joie? Cela ne se peut nier, monsieur le président; et la preuve en est que, divisés sur toutes les autres questions, les deux partis > représentent la population de ce pays se sont toujours accordés à penser que les relations qui existaient entre nous et nos voisins faisaient tache sur notr+ commune civilisation. Il y cette autre preuve que l'un et l'autre partis ont successivement voyagé dans la pou.sère des routes qui mènent d'Ottawa à Washington, en vue d'obtenir, s'il était possible, une amélioration de ces eg der Une meilleure preuve encore, c'est que, en 1878, Sir John Macdonald proposant à cette Chambre sa politi .ue nationale, la proposait comme moyen d'atteindre un but, et ce but c'était d'rbtenir tôt ou tard la réciprocité commerciale avec nos voisins. J' entendu l'autre jour avec plaisir mon honorable ami le
député de Peel (M. Blain) nous dire comment la Politique nationale avait pris naissance.