‹ La réciprocité entre le Canada et les États-Unis [microforme]Chapitre 7 sur 15 · INUTILITE DE L'AFFIRMATION: “LE PARLEMENT N’A PAS DE MANDAT · texte numérisé non relu

INUTILITE DE L'AFFIRMATION: “LE PARLEMENT N’A PAS DE MANDAT

Je ne saurais me ranger à l'avis du député de Toronto- Nord (M. Foster) et du député de Brandon (M Sifton) quand ils

affirment qu’il est interdit au Parlement Canadien de légiférer sur une question qui n’a pas été discutée au cours d'une grande consultation populaire préalable. Cette affirmation ne cadre nullement avec l’histoire constitutionnelle de la Grande-Bretagne ou du Canada, suivant mou interprétation de cette histoire. Je pose ici la question aux honorables députés. Quel montant le gouvernement de lord Elgin avait-il reçu en 1853, quand il se rendit à Washington pous obtenir la réciprocité? Cette question avait-elle jamais été soumise au peuple? Avait-elle été débattue au cours de la dernière grande consultation populaire, quand les représentants du peuple avaient brigué les suffrages des électeurs? Nullement. Une autre question: quel mandat le Gouvernement de 1864 avait-il reçu du peuple pour faire voter par le Parlement la résolution proposant la création de la Confédération? Avait-on jamais soumis la question aux populations du Canada-Uni? Non, personne n’en avait soufflé mot. La seule quesbon soulevée à cette époque était celle de la représentation basée sur : le chiffre de la population. Et cependant, le Gouvernement de Sir John Macdonald et de l’honorable George Brown,—qui ‘:s deux avaient agi de concert dans cette circonstance—présenta : résolution qui n'était ni plus ni moins qu’une complète transforu.ation de notre condition à cette époque.

Lorsque le Canada souscrivit en 1871 aux dispositions relatives aux pêcheries figurant dans le traité de Washington de cette année-

là, avait-on jamais soumis Ja question au peuple? Non, la chose lui

était inconnue. La question n'avait jamais êté débattue, avant ce

moment. En présence de ces précédents, il est puéril de révoquer en

doute le droit du Gouvernement de prendre l'attitude qu’il a prise. F

9. — LA RAISON ALLEGUEE PAR LES CONSERVATEURS POUR LEUR CHANGEMENT, C’EST QUE “LE CANADA EST PLUS PROSPERE QUE JAMAIS.”

Mais je pose de nouveau la question: quelle est la cause du changement d'attitude constaté chez les députés de la gauche? Cette cause ne saurait être que flatteuse pour le Gouvernemnt. La raison alléguée, c’est qu'aujourd'hui le Canada est plus prospère que jamais.

Si le Canada était encore dans la situation où nous le trouvâmes à notre avènement au pouvoir en 1896, alors que ses vastes territoires de terres domaniales étaient encore inoccupés et incultes, ses ressources naturelles tout aussi inexploitées qu'aux premiers jours de la créstion, ses moyens de transport dans l’état le plus rudimentaire, l'industrie dans le marasme, l’agriculture peu lucrative; si le Canada, dis-je, était encore en pareille situation, on ferait sans doute un cordial accueil à la mesure que nous proposons et l'air retentirait de chants d’allégresse. Mais au lieu de se trouver en pareille posture, le pays est prospère ; de fait, il y règne une merveilleuse prospérité et les députés de la gauche de s’écrier : “N ‘allez pas plus loin, croisezvous les bras et rappelez-vous que le mieux est l'ennemi du bien

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