‹ La réciprocité entre le Canada et les États-Unis [microforme]Chapitre 6 sur 15 · ILLOGISME DE LA POSITION PRISE PAR M. SIFTON · texte numérisé non relu

ILLOGISME DE LA POSITION PRISE PAR M. SIFTON

Mais je dois l'avouer, j'ai été plus qu'étonné de voir l'autre jour, le député de Brandon (M. Sifton) prendre précisément 1a mème attitude. Au cours d’une habile harangue dont tout le monde recor..ait le mérite, le député de Brandon a dit qu’il nourrissait depuis longtemps des doutes au sujet de la réciprocité; que ces doutes remontaient à la campagne de 1891. Si je ne me trompe, la conversion de mon honorable ami ne s’est pas faite aussi graduellement. Elle a été plus soudaine qu'il ne le pense : car il assistait à la convention libérale de 1893, et il souscrivit à la résolution adoptée comme partie intégrante du programme politique du parti dont il était alors adhérent :

Qu'un traité de réciprocité légitime et libéral développerait les grandes ressources naturelles du Canada, accroîtrait énormément l’industrie et le commerce entre les deux pays, tendrait à stimuler des relations amicales entre les deux peuples, ferait disparaître les causes qui par le passé ont provoqué de l’irritation et créé des ennuis aux gouvernements des deux pays; bref. qu’il favoriserait entre l'empire et la république ces relations amicales qui sont la meilleure garantie de la paix et de la prospérité.

Que le parti libéral est disposé à engager des négociations en vue d'obtenir pareil traité comprenant une liste bien étudiée d'articles fabriqués, et nous sommes convaincus qu'un traité ainsi rédigé recevrait l’assentiment du gouvernement de Sa Majesté. dont l'approbation est nécessaire à tout traité.

Le député de Brandon, comme le député de Toronto-Nord (M. Foster), rffirme que nous avons renoncé à cet article de notre programme. Pas que je sache. J'en conviens, il a sommeillé parce que nous avions décidé de re plus tenter d'efforts pour obtenir de nos voisins ce qu’ils nous avaient refusé. Mais je nie catégoriquement que le parti libéral ait jamais modifié cet article de son programme formulé en 1893. Le député de Brandon, comme le député de Toronto-Nord l'avait fit avant lui, a aussi prétendu qu'à la dernière grande consultation populaire nous n'avons pas reçu de mandat du peuple à cet égard. En 1900, en 1904 et en 1908, il est vrai, la question de la réciprocité n'est pas venue en discussion, parce qu'il n’existait pas alors de divergence d'opinion entre libéraux et conservateurs sur cette question. Je ne savais pas du moins s’il en existait, et personne ne le savait.

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