‹ La réforme agraire, contributions théoriques et historiquesChapitre 44 sur 56 · LES CÉSARS · texte numérisé non relu

LES CÉSARS

Mais tout ceci ne constitue naturellement pas un travail de réforme agraire organique et systématique. Et que faisait le haut et fier Sénat ? Lorsque la dictature militaire sortit de ces luttes sociales si désespérées, il accumula opprobe sur opprobe et dut humblement s'estimer encore heureux de ce qu'un tyran à moitié idiot, élevât son cheval au rang de consul. N'y a-t-il pas eu des Césars qui, étant à court d'argent, ne trouvèrent rien de mieux que de se faire présenter les listes d'impôts, d'après lesquelles ils choisissaient les citoyens les plus riches, qu'ils faisaient exécuter, pour que leur argent servit à couvrir les dépenses de leurs cours. Lorsque Néron apprit que la moitié de la province d'iVfrique appartenait à six personnes il les fît « naturellement » exécuter. C'était aussi un moyen de faire retourner le sol à l'Etat 1 Mais tout cela ne peut être dit qu'en passant et ne sert qu'à démontrer que, si une classe est momentanément vainqueur, elle creuse son propre tombeau lorsque la victoire est acquise aux dépens de la destruction de la justice sociale. Le sang des Gracches, les derniers grands réformistes agraires de Rome, s'est vengé plus de mille fois contre ceux qui se crurent orgueilleusement vainqueurs et maîtres.

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