Chapitre III. — Discussion des analogies utilisées par Malthus
Chapitre IV. — Réfutation de la théorie de Malthus. La tendance du salaire vers un minimum ne provient pas de la croissance de la population ; celle-ci, au contraire, augmente la force productive et devrait pour cela même faire augmenter le produit du travail.
IjIVre 111. Les lois de la distribution.
Chapitre premier. — Ce n'est pas dans les lois de la production, mais dans celles de la distribution, que doit se trouver la solution du problème. Les facteurs de la production sont : le sol, le travail et le capital ; les trois parties correspondantes du produit total sont : la rente foncière, le salaire et l'intérêt.
Chapitre II. — L'expression « rente foncière » est différente du mot « rente » tout court. Elle est plus étroite parce qu'elle ne comprend pas le payement pour l'usage des bâtiments, puis parce qu'elle peut exister dans des cas où le propriétaire et l'usufruitier sont la môme personne. La « Loi de la rente foncière » telle que l'économie politique courante, la formule est la suivante : La différence entre le prix naturel et le prix courant des produits, entre les frais exigés par le produit le moins coûteux et le prix du marché réglé par les
frais de production de ceux qui ont produit le plus chèrement, forme la rente de la terre, le revenantbon de celui qui la possède. Cette loi devient plus compréhensible lorsqu'on dit : la propriété d'un facteur naturel de la production, donne le pouvoir de s'approprier autant des biens produits par lui, grâce au travail et au capital, que ce rendement est supérieur aux occupations les moins rémunératrices avec la même quantité de travail et de capital. Ceci est clair, car il n'y a aucune occupation accessible au travail et au capital qui ne demande du terrain pour être exercée.
Chapitre III. — L'intérêt comprend toutes les compensations pour l'usage du capital. Ceci n'a rien d'arbitraire, c'est au contraire tout à fait naturel, comme le démontre l'étude des trois formes de la production : V adaptation (changement de forme et d'endroit d'une matière première), Vêlevage (emploi des forces de la nature organique) et l'échange.
Chapitre IV. — La croyance que l'intérêt constitue un vol de l'activité économique provient de l'impossibilité d'isoler le capital, du manque d'une démarcation entre l'intérêt et le profit provenant d'autres sources que de l'emploi de capital.
Chapitre V. — Si les salaires diminuent, l'intérêt doit diminuer également, sinon il deviendrait plus avantageux de transformer le travail en capital que de l'utiliser directement. Si l'intérêt baisse,
les salaires doivent baisser de même, sinon l'augmentation du capital serait entravée. Il s'en suit que réquilibre s'établit entre le salaire et l'intérêt d'après le principe du moindre elTort.
Chapitre VI. — Le salaire varie d'après les aptitudes de chacun et d'après les métiers. Mais il y a un rapport entre tous les salaires qui augmentent et diminuent, en proportion, d'après une loi commune. Une égalisation des salaires pour des efforts pareils sous des conditions pareilles est amenée par le fait que les hommes tâchent de satisfaire leurs besoins avec le moindre effort possible. Dans l'état de liberté le salaire qu'on doit paj^er pour le travail d'un individu, est déterminé essentiellement par le gain éventuel de cet individu s'il travaille pour lui-même. Or, aucun travail ne peut être effectué sans utilisation de sol : le salaire dépend donc des limites de cette même utilisation, ou du maximum de la productivité naturelle accessible au travail sans payement d'une rente foncière.
Là où le sol est libre et où le travail est secondé par le capital, le salaire comprendra le produit intégral du travail moins la sDmme encore nécessaire pour stimuler la formation de capital.
Là où tous les avantages naturels (natural opportunities) sont monopolisés, le salaire, grâce à la concurrence entre les ouvriers, pourra être diminué jusqu'au minimum qui rend encore possi-
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ble la subsistance et la reproduction des travailleurs.
Chapitre VII. — La loi du moindre effort, étudiée par rapport au sol, devient la loi de la rente ; étudiée par rapport au capital, devient la loi de l'intérêt ; étudiée par rapport au travail, devient la loi du salaire. L'harmonie et la cohésion de ces lois sont complètes :
La rente foncière dépend de V utilisation marginale du sol, l'une augmente quand l'auti^e diminue.
Les salaires dépendent de V utilisation marginale du sol, ils augmentent et diminuent ensemble.
L'intérêt dépend de l'utilisation marginale du soly ils augmentent et diminuent ensemble (puisque le rapport de l'intérêt au salaire est fixé par le pouvoir net d'augmentation qui attire encore le capital).
Chapitre VIII. — Si les salaires, part du produit du travail, n'augmentent pas avec l'augmentation de la force productive, cela doit être attribué à la haussé de la rente foncière.