‹ La réforme agraire, contributions théoriques et historiquesChapitre 52 sur 56 · Livre V. La solution du problème · texte numérisé non relu

Livre V. La solution du problème

Chapitre premier. — La cause principale des crises économiques est le prélèvement fait par la

hausse spéculative de la terre sur le gain du travail et du capital, ainsi que les entraves que le même phénomène apporte à la production. Dans chaque pays qui progresse le prix du sol va en augmentant : la conséquence en est la spéculation sur la hausse ultérieure des terres; lorsque les prix du sol dépassent le point auquel le travail et le capital doivent abandonner une partie de leur revenu habituel, la production languit, s'arrête presque ou, ce qui est [équivalant dans un pays avancé, la production n'augmente pas d'une manière adéquate.

Chapitre IL — Si le salaire tend vers un minimum malgré l'augmentation de la force productive, cela provient du fait que la rente foncière augmente encore plus vite que la force productive.

LivnE VI. Le remède.

Chapitre premier. — On peut diviser en six classes les remèdes qui peuvent apporter plus ou moins de soulagement à la maladie sociale :

1° L'économie la plus complète dans Vadministration de l'Etat. Celle-ci diminuerait les impôts, augmenterait la production nette, mais l'avantage eu serait finalement recueilli par les détenteurs du sol.

2° Extension de renseignement et améliora-

tion des liabitudes de diligence et ^économie. Si ces leçons étaient universellement suivies elles augmenteraient simplement le pouvoir du produit net. Ce postulat n'est qu'un sophisme : autant vaudrait dire que tous ceux qui participent à une course doivent gagner, pourvu que chacun apprenne à courir plus vite. Application, adresse, frugalité, intelligence, connaissances, ne favorisent l'individu qu'autant qu'il possède ces propriétés à un plus haut degré que la moyenne générale des hommes.

3° La coalition des ouvriers. Il est certain que les ouvriers peuvent faire augmenter leurs salaires, mais pour le faire d'une façon générale et surtout suivie ils devraient tous être solidaires. Une telle association générale est pratiquement impossible ; puis la hausse continue des salaires dans certaines branches devient de plus en plus difficile, à mesure que ceux-ci dépassent le niveau général. Plus les salaires dans une branche seront élevés, plus cette branche attirera du monde et plus forte sera la tendance à la baisse.

4° L'association. Les coopératives de consommation ne diminuent que les frais de l'échange ; les coopératives de production ne remplacent que les salaires fixes par des salaires variables (participation au bénéfice). En dernière ligne les deux ne font qu'augmenter le revenu net et par là la rente foncière.

5" L'intervention du gouvernement. Tout ce qui est limitation et contrainte est mauvais en soi et il ne faut en tenir compte aussi longtemps qu'il y a encore n'importe quel moyen pour atteindre le but visé.

6° Une distribution plus générale des terres. Vu la tendance de la propriété foncière à la concentration il est certain que toutes les mesures ne faisant que faciliter une plus grande division des terres, ne peuvent avoir un effet durable. Peut-être que les classes aisées embrasseront alors un nombre un peu plus grand d'individus ; la situation des classes inférieures ne sera nullement modifiée.

Chapitre II. — Il n'y a qu'un chemin pour combattre le mal, c'est d'en extirper la racine. Si les salaires restent bas pendant que croissent les forces productives, cela provient de la monopolisation du sol, de cette source de tous les biens, de ce champ de tout travail. Voilà le remède : La terre doit devenir un patrimoine commun.

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