Mss. fonds latin, n. 12 569, p
5. Notons ici que l'acte consistorial, enregistré ensuite à la Chancellerie Pontifîcale, servit de minute pour la confection des sept bulles de provision épiscopale. Durand de Maillane. On sait que l'évèque de Limoges payait alors 1 600 florins pour ses bulles, à la cour de Rome. Richard, Dictionnaire. Paris, 1760, t. Il, p. 696.
6. L'église des Minimes était située place des Vosges. La magnificence de cet édifice, fondé en 1611 par Marie de Médicis, rivalisait avec celle des plus fastueuses églises de Paris. C'est dans cette église, qui était fort à la mode, auprès des élégants du quartier aristocratique du Marais, que Bossuet gourmanda l'indécence de leur tenue, quand il prêcha, en 1660, sa première station de Carême. Cette église a été démolie en 1798. Dulaure, Paris, p. 328.
7. Né à Dijon en 1573. et sacré archevêque de Bourges en décembre 1608, il s'était démis, en 1621, après un pontificat des plus féconds en œuvres de zèle. Il mourut à Paris, en mai 1641, sept mois avant sa sœur aînée, sainte Chantai. Cf. Gallia christiana.
138 UN arÈcLE de vie ecclésiastique en province
François de la Fayette, était assisté d'Augustin Potier de Gesvres, évêque de Beauvais, grand aumônier de la reine, et de Etienne Puget, alors évêque de Dardanie, in partihusy ensuite de Marseille. Anne d'Autriche, Jean- Baptiste-Gaston, doc d'Orléans, d'autres princes, le nonce du pape, depuis cardinal Bagni (1629), plusieurs autres évêques et seigneurs de la cour, comptaient parmi les principaux assistants, avec la famille du prélat ^.
Le serment de fidélité au pape ayant été de nouveau prêté par l'élu, et son examen sur la foi et les mœurs étant fini, le consécrateur avait commencé la messe : après l'épître et le chant des litanies, il avait imposé les mains sur l'élu, et fait sur sa tête et sur ses mains, avec l'huile du saintchrême, les onctions qui font les pontifes; il venait de bénir le bâton pastoral, et le lui donnait pour marque de sa juridiction, quand à ce moment, un officier ecclésiastique, de Tdntourage de la reine, apporta au prélat consécrateur une bague précieuse ornée d'un magnifique diamant, que la princesse avait retirée de son doigt, et qu'elle envoyait à François de la Fayette, son premier aumônier, comme une marque de sa considération pour le nouvel évêque, et comme un gage de l'union qu'il contractait avec l'église de Limoges 2. Le consécrateur bénit alors la bague et l'anneau, et les mit au doigt du jeune prélat, en signe de sa foi, l'exhortant de garder l'Eglise sans tache, comme l'épouse de Dieu.
La messe se continua ensuite par la lecture de l'Evangile. Après la messe, et la bénédiction de la mitre et des gants, l'on chanta le Te Deurriy et pendant ce temps, les évêques assistants promenèrent le consacré par toute l'église, pour le montrer au peuple. Ensuite, François de la Fayette 'donna la bénédiction solennelle 3.
Une quinzaine de jours après son sacre, le nouvel évêque de Limoges prêta serment de fidélité au roi, conformément au cérémonial accoutumé. Il se rendit, revêtu du rochet et du camail, en la chapelle haute du Louvre, où le roi devait entendre la messe, et il se plaça à gauche du prie-Dieu de Sa Majesté. Lorsque le célébrant commença TEvangile de la messe, l'évêque de Limoges se leva, salua le roi ,et se rendit au bas des degrés de l'autel. Là, il reçut d'un clerc de la chapelle le missel dont se servait le célébrant, etle tenant entre ses mains, il alla se placer devant le prie-Dieu en face du roi. Après l'avoir salué, il déposa sur le prie-Dieu le livre ouvert, comme s'il avait voulu lire dedans, et il se mit à genoux. Alors le grand aumônier de la reine, en l'absence du cardinal delà Rochefoucauld, plaça sur le missel la formule du serment de fidélité, que l'évêque de Limoges prononça à haute voix, en tenant la
1. Gallia rfmsl., t. II, p. 541. Devoyon, Ehgt* histor.y p. G.
2. Pour rappeler le souvnnir d'un fait si honorable à ce prélat, on le représente dans ses portraits avec deux bagues. Fidèle depuis au serment, dont il avait reçu le symbole, François de la Fayette refusa très souvent {saspnis, dit l'auteur de la (iallia) plusieurs évcchés beaucoup plus considérables, que celui dont il était pourvu. Devoyon, Eloge histof\, p. 6.