‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 134 sur 480 · I. Prise de possession de Tévèché de Limoges · texte numérisé non relu

I. Prise de possession de Tévèché de Limoges

Trois mois après sa promotion épiscopale, François de la Fayette avait envoyé de Paris, des lettres de vicaire général à Pierre Talois, officiai de Limoges. Ce dernier, ayant reçu avant le sacre du prélat, de nouveaux pouvoirs, prit possession par procureur, du siège épiscopal de Limoges, le 45 mars 1628. Quelques jours plus tard, par ordre de Tévêque, Pierre Talois pria le chapitre de la cathédrale, d'assister, par députés, ainsi que c'était l'usage, au synode d'après Pâques. 'Les chanoines répondirent: «qu'ils ne pouvaient reconnaître messire François de la Fayette pour évêque, que, préalablement, il n'eût prêté le serment accoutumé, à la prise de possession de l'évêché, ou par lui, en personne, ou par procureur, et payé les droits de cette prestation ». Pierre Talois leur représenta qu'il avait déjà proposé de prêter ce serment, d'acquitter ces droits, et de fournir une caution pour le paiement de la chapelle de soie, que l'évêque de Limoges a coutume d'offrir à la cathédrale, comme don de joyeux avènement, avec une avance de cent sols pour la fondation de son anniversaire.

Le lendemain (28 avril 1628), le procureur de l'évêque remplit à la cathédrale tous ses engagements ^. Tant de condescendance de sa part aux désirs des chanoines ne désarma point cependant les préventions du chapitre, qui manifesta des sentiments peu favorables à l'égard du nouvel évêque, le jour même de son arrivée dans sa ville épiscopale.

François de la Fayette fit son entrée solennelle à Limoges, au milieu de l'accueil enthousiaste de la population, le20ou le 25 juin 1628».

Selon l'usage traditionnel, huit compagnies de bourgeois de la ville allèrent au-devant du prélat jusqu'au delà du Petit-Limoges, Qù les députés du chapitre et les consuls le haranguèrent. Moins courtois que ces derniers, les chanoines de la cathédrale ne traitèrent l'évêque que de « Monsieur ». Ce manque de révérence lui déplut fort.

A l'entrée en ville, où le cortège arriva en ordre militaire, l'évêque fut salué par une décharge de fauconneaux, et par une salve de toute la mousqueterie. Il passa par les rues, qui étaient toutes jonchées de fleurs et décorées d'étoffes, et descendit au palais épiscopal, où toutes les compagnies défilèrent de nouveau devant lui, pour le saluer.

1. Voir aux Archives de la Haute-Vienne, 6, n. 231, la prestation de serment par procureur de notre prélat.

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