‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 154 sur 480 · Il la résigna en 1688 seulement · texte numérisé non relu

Il la résigna en 1688 seulement

5. Elle était devenue vacante le 20 juin 1673, parla mort de Melchior de la Pomélie, dernier prévôt. Voir Fabbé Ârbellot, Notice sur G. Ruben. Limoges, 1881.

FBANQOIS DE LA FATETTE SKfi

jamais manqué à sa mission. En éleTant des hôpitaux, des refuges, des asiles de tout genre, il a, par ses seules forées, créé le capital et assuré, pendant quatorze siècles, dans notre pays, le service gratuit de la charité ^.

On avait donc droit d'attendre, de notre prélat, une générosité en rapport avec sa fortune et les devoirs de sa charge pastorale. On n'aurait pas compris, qu'il ne fit point une large part aux pauvres, dans Tusage des richesses, données surtout à TEglise pour lespau-» vres. Il ne pouvait pas se dispenser de donner, et de donner large^ ment. Quand, de plus, un mouvement général de réforme hospita* lière se produisait en France, il devait suivre les progrès de son siècle et améliorer le service de l'assistance. Nous verrons qu'à ce point de vue encore, François de la Fayette ne déçut pas les espérances de ses diocésains.

On sait aussi, comment, dans les cas de nécessité extrême, les prélats les plus dévoués entendaient la pratique de la charité chrétienne. Si la peste venait à éclater dans leur ville épiscopale, on les voyait, à l'exemple de saint Charles Borromée, s'y montrer véritablement le père et le consolateur de leur peuple. Non contents de donner leur fortune, ces prélats gentilshommes n'hésitaient pas à exposer leur vie au danger de la contagion, et à porter eux-mêmes aux pestiférés les consolations de la religion. Pour ne citer qu'un exemple de cette époque, on vit, en i6t29, l'évêque de Montpellier, Pierre Fenouillet, ami de saint François de Sales, redoubler de zèle dans une épidémie, qui affligeait alors sa ville épiscopale ; il porta lui-même des secours aux malades, et ne négligea rien de leurs besoins temporels et spirituels ^.

L'année suivante, une occasion semblable d'exercer la charité se présenta à notre prélat. Il rentrait à Limoges, le 27 septembre IGHO, après avoir terminé sa tournée pastorale, quand la maladie épidémique, qui ravageait alors l'Europe entière, fit son apparition dans un faubourg de la ville. Ce mal, désigné partout à cette époque, sous le mot générique de pestSy attaqua en Limousin, sous forme de <e pustullessur les bras, sur les jambes et sous les aisselles:». En même temps une famine terrible, provenant des cinq dernières années, désastreuses comme récoltes, réduisit les paysans à se nourrir d'herbes, de pain fait avec du chiendent et de la fougère \ Depuis le mois de septembre 1627, Taffluence des pauvres, par suite de la disette, fut si grande, que l'on fut obligé, de répartir par maison, à Limoges, l'assistance de chaque groupe de gens misérables *.

Après le faubourg, l'épidémie s^engagea peu à peu, durant l'hiver, dans la ville et la cité. Néanmoins, le mal n'avait pas encore de caractère alarmant, quand, au début de février 1631, Tévêque François de la Fayette se rendit à Paris, pour assister, en qualité

1. Abbé Sicard, L'ancien clet^gé, 1. 1, p. 457. 2 Picot, Essai histoHque, t I, p. 234.

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