Annales Mss., p
de député de la province de Bourges, à rassemblée de comptes du clergé de France, dont Touverture eut lieu le 10 du même mois ^.
Mais, au printemps suivant et surtout après les fêtes de Pâques, la peste s'était répandue dans tous les quartiers. Les personnes accoutumées au bien-être étaient particulièrement accessibles à la contagion. « Mal des riches », dit le chroniqueur Robert du Dorât. En présence du danger, la population de Limoges s'affola de peur. 11 y eut foule aux portes de ceux qui voulurent fuir à la campagne, bourgeois, marchands, prêtres, tous « gens ayant de quoy ». Peu de temps avant, on avait vu la même désertion à Bourges, que six mille personnes abandonnèrent à la peste, pour gagner les champs.
Dans cette conjoncture, on vit de notables ecclésiastiques, que la présence de l'évêque à Limoges aurait sans doute maintenus dans le devoir, déserter leur poste et suivre la masse des émigrants. Le curé de Saint-Pierre, Balthazar de Douhet ^, et celui de Saint-Michel, Henri Martin l^^ 3, conseiller et aumônier du roi, partis des premiers, s'excusèrent de leur mieux, pour ne pas revenir à la tête de leur troupeau *. « Il y a sujet de croire, déclarent à ce propos les consuls en charge, que la mauvaise volonté et opiniâtreté des dits sieurs curés en sera responsable devant Dieu. » .
Cette expatriation effarée des gens « ayant de quoy » eut sa contre-partie honorable. Les institutions charitables étaient, à Limoges nombreuses et vigilantes ; et, comme tant de fois déjà, elles furent à la hauteur de leur tâche généreuse. Elles allèrent porter secours à la foule qui criait pitié et miséricorde aux portes des églises, et dans les rues des villes ^. Jésuites, Récollets ®, Carmes, filles de Sainte-Ursule, n'attendirent pas d'être appelés, pour accourir où était le devoir social etchrétien. Tous, au péril de leur vie, luttèrent d'abnégation. On se plaît à citer le dévouement exceptionnel de deux prêtres communalistes de Saint-Pierre, Simon Fournier et Léonard Fallot, qui prodiguèrent les consolations et les soins, à plus d'une lieue hors des murs de Limoges. Les populations reconnaissantes des villages échelonnés sur la route de Saint-Junien voulurent, après la peste, appartenir à la paroisse de Saint-Pierre.
Durant le temps de l'épidémie, les portes des églises Saint- Michel et Saint- Pierre restèrent ouvertes jour et nuit. Le chef de
1. Mss. n. 34, p. 6. Cette absence de Tévêque de Limoges se prolongea jusqu'au mois de juiUet, ibid.
2. « 11 était à Paris pour quelque mission », rapporte M. Ardant : Saint-Pierre dU'Queyt'vix, p. 52.
3. Il était de la famiUe de noblesse de robe de Limoges, qui avait donné Jean Martin, évoque de Périgueux (de 1600 à 1612). Gallia.
4. Le curé de Saint-Maurice de la cité s'empressa aussi de quitter alors Limoges. M. Leroux, Géographie et histoire^ p. 132.