‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 179 sur 480 · Mss. 34, f · texte numérisé non relu

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propre et plus capable, qui voulût résider dans ces églises, pour les gouverner convenablement. »

L'un des principaux soins de notre prélat, dans ses premiers synodes, fut de retirer, autant qu'il put, les bénéfices de la confidence ; de faire rétablir la plupart des églises qui étaient réduites à la dernière pauvreté, ou qui menaçaient ruine ; de retrancher certains abus, « dont Tindécence blessait les yeux les moins religieux, comme de garder la sainte Eucharistie dans du papier, d'enterrer les corps des huguenots dans les églises, etc. y> . Les synodes, du 49 avril et du 25 octobre 1640, sont rapportés comme célèbres par les dispositions qui y furent prises, notamment contre les bénéficiers non résidents ^ Dans l'assemblée d'automne, l'évèque menaça des peines canoniques plusieurs curés, qui ne s'étaient pas présentés au synode depuis plus de dix ans. Il recommanda à tous de garder exactement les règlements, relatifs à la publication des bans de mariages et aux dispenses de consanguinité ou d'affinité. Dans le synode du 41 avril 1641, notre prélat enjoignit aux curés de résider sur leurs paroisses, et de faire le catéchisme, négligé par quelques-uns, depuis le second dimanche d'après Pâques jusqu'au dernier dimanche de septembre, entendant par là qu'il n'y eût pas de vacances pour l'accomplissement de ce devoir essentiel de l'instruction chrétienne des enfants *.

Dans le synode suivant (mai 1642), l'évèque eut à se plaindre de la trop grande facilité de ses curés, soit à permettre qu'on fît des serments judiciaires dans leurs églises, les dimanches et jours de fêtes d'obligation, soit à employer pour l'administration des sacrements des prêtres non approuvés, soit encore à souffrir dans leurs paroisses des maîtres d'école non munis d'attestations. On vit le prélat ordonner que les prêtres approuvés en cours de visite, et qui ne l'avaient pas été depuis, se présenteraient, dans le délai de deux mois, « par devant » lui ou son vicaire général, pour être examinés de nouveau ; on le vit enjoindre aux curés de dénoncer ceux qui passeraient outre, qui vivraient scandaleusement, et qui assisteraient aux mariages clandestins, sous peine d'être punis, comme complices et fauteurs de ces désordres.

Dans l'assemblée d'automne (1642), l'évèque menaça de punition exemplaire les ecclésiastiques du diocèse, qui se rendaient à Limoges pour le synode et n'assistaient pas le matin à la sainte messe, à la prédication, à la procession et aux prières, en surplis, avec le bonnet carré et l'étole. Il défendit : « à tous les supérieurs d'églises, séculiers et réguliers, de chanter publiquement des offices, prières et litanies, non approuvés du Saint-Siège ou de l'évèque. -» Cette dernière défense était d'autant plus nécessaire que l'abus dans cette matière était alors extrême -.

Les abus dévoilés dans le synode que notre prélat tint, le 27 avril 1645, peu de jours après son retour de Paris, étaient encore énor-

i. On reverra plus loin ces divers règlemenls. Mss. îii, f . 1 à 13. 2. Mss. 34, f. 14.

mes. On voyait alors des ecclésiastiques qui confessaient sans avoir des lettres d'approbation, des curés qui ne résidaient pas ; des prêtres qui ignoraient la doctrine chrétienne et la manière d'administrer les sacrements, des curés qui ne faisaient point de catéchismes, ni d'instructions ; qui fréquentaient les cabarets ; qui se confessaient très rarement ; des prêtres jureurs, qui ne disaient point d'office ; qui laissaient mourir les malades sans sacrements, qui exerçaient la chirurgie ; des chanoines-curés qui ne résidaient dans aucun bénéfice.

Les visiteurs diocésains rapportaient, dans leurs mémoires, lus au synode, qu'on trouvait de l'eau baptismale conservée dans une fiole de verre, que des custodes de fer-blanc servaient pour la sainte réserve, que des églises n'avaient point de registres paroissiaux ; que des femmes suspectes étaient dans les malsons des prêtres ; que les mariages clandestins n'étaient pas rares. Que d'abus à déraciner! Que de matières à réformer ! Aussi notre prélat enjoignit-il à ses curés d'assister aux conférences ecclésiastiques, sous peine de cinquante livres d'amende, applicables en œuvres pies ^.

Des ordres et des menaces ne suffisant pas pour remédier efficacement à tant de maux, l'évêque fit des exemples. Il cita, au synode du mois d'avril 4646, le curé de Saint-Léger, et déclara en sa présence, et en pleine réunion, sa cure vacante, parce qu'il ne résidait pas. Les actes de cette dernière assemblée parient aussi d'un grand nombre de prêtres, qui portaient des habits de bure. Les curés souffraient qu'ainsi accoutrés, ces ecclésiastiques entrassent dans l'église avec des sabots, et assistassent aux offices. Une autre mesure des plus importantes en dit long sur le défaut de préparation des jeunes clercs au sacerdoce. L'évêque de Limoges décréta, dans ce même synode, qu'il n'ordonnerait plus ceux qui voudraient désormais se faire promouvoir aux ordres sacrés, s'ils ne lui remettaient un certificat du supérieur de quelque maison religieuse, attestant qu'ils s'étaient confessés.

Dans les synodes suivants, sur lesquels les procès-verbaux ne nous rapportent que peu de détails, nous savons que le zèle de notre prélat pour la discipline ecclésiastique alla toujours croissant. Le 23 avril 1648, l'évêque ordonna, qu'on mettrait désormais, sur les registres paroissiaux, le jour de la naissance des enfants dans l'inscription de l'acte de baptême. On avait sans doute, remarque Legros, omis de le faire jusque là, et le prélat sentait trop bien les conséquences de cette formalité, pour la négliger 2. Le 23 octobre 1659, il fit défense à ses curés de donner la bénédiction nuptiale dans Taprès-dîner, et s'il ne leur interdit pas de manger dans les cabarets « pour les mortuaires, mariages et baptêmes » (le

1. Il défendit alors de porter à cheval le saint Viatique anx malades. Cette dernière défense fut levée depuis. Mss. 34, f. IG.

2. Mss. 34, f. 16, p. 19. Les registres paroissiaux ne furent admis comme preuves en justice qu'en 1667.

cas lui futalors soumis), il leur recommanda du moins, de s'y comporter avec décence, retenue et modestie. Il toléra ainsi^un abus, qu'il ne pouvait encore entièrement déraciner, plutôt qu'il ne donna une véritable permission de s'y conformer.

Au synode de Pâques 1674, le prélat a dont la vigilance s'étendait à tout », promulgua un arrêt du conseil du roi du 10 février précédent, qui avait été rendu sur sa demande, dans le but de remédier à de nouveaux abus, concernant la célébration des mariages, et les provisions de bénéfices. L'arrêt frappait quatre des principaux contrevenants, qui appartenaiant au diocèse, d'une amende de 1000 livres chacun. Les actes de l'assemblée du 14 octobre 1675 nous apprennent, que l'évêque de Limoges enjoignit aux curés, de faire régulièrement dans leurs églises les catéchismes, tous les dimanches et jours de fêtes. Il leur fit même un devoir d'aller dans les villages, instruire les fidèles les plus ignorants, tant il était persuadé « que de la bonne instruction dépendaient la conduite et la vie du chrétien ». Il leur défendit encore de n'autoriser aucune quête dans leur paroisse, à moins que le quêteur ne présentât une permission authentique, revêtue du sceau de l'évêché. a Ce synode fut le dernier qu'il ail tenu. Aussi notre prélat, parut-il y ramasser toutes ses forces, pour exhorter son clergé au maintien et à l'observation de cette exacte discipline, qu'il avait travaillé sans relâche à lui rappeler ^. »

De cet aperçu général des synodes de Limoges, il résulte que les règlements de François de la Fayette furent, au jugement de Legros, « recommandables par une prudence consommée de leur auteur ». Comme notre prélat fut fidèle à la résolution qu'il avait prise, en 1628, de tenir régulièrement deux fois par an ces assemblées, il est aisé de se rendre compte de l'influence profonde, que la pratique séculaire de ce moyen de réforme ecclésiastique exerça sur la rénovation religieuse du diocèse de Limoges 2.

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