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« Le nouvel évêque de Limoges, dit l'historien Legros (que nous suivons pas à pas autant que possible), n'avait pas encore mis les pieds dans son diocèse, et déjà sa réputation et l'odeur de ses vertus, l'y avaient précédé. Dès les premiers jours de son épiscopat à Limoges, la sollicitude pastorale du prélat lui avait mérité les respects et l'amour de la plus grande ou au moins de la plus saine partie de son clergé. » Celui-ci admira particulièrement, l'empressement que mit François de la Fayette, à faire célébrer les synodes diocésains, deux fois par an, les jeudis après le dimanche de Quasimodo, et après la fête de Saint-Luc ^. Le prélat s'accquitta toujours de ce devoir avec régularité selon l'ancienne coutume.
Laissant de côté pour le moment l'étude des règlepients qui y furent élaborés, et nous réservant d'indiquer plus loin l'importance et le mode de ces assemblées, nous nous bornerons à relever ici les extraits de procès-verbaux, non moins instructifs que ceux des visites pastorales, soit sur l'état du clergé limousin, soit en même temps sur le zèle ardent de notre prélat à extirper ses maux invétérés, en leur appliquant des remèdes énergiques et efficaces.
Quand François de la Fayette tint à Limoges son premier synode, le 19 octobre 4628, les prêtres de cette ville portaient des robes à grandes manches, à la façon de celles des procureurs. A la suite des prescriptions de l'évêque sur le costume ecclésiastique, ils prirent bientôt des soutanes et des manteaux longs. En vertu d'autres règlements, ils commencèrent à être examinés avec plus d'exactitude et de sévérité, pour l'admission aux ordres et aux bénéfices. Dès lors, le clergé paroissial s'adonna plus sérieusement à l'étude, l'ignorance « crasse y> fut bannie de son sein, il parut plus instruit et on l'entendit prêcher plus honorablement.
Mais le zèle de notre prélat ne se borna point à la ville épiscopale, ni à ses environs ; il étendit ce noble feu sur tout son diocèse, qu'il trouva, à cette même époque, dans le dernier désordre. Plusieurs prêtres s'étaient fait ordonner avant l'âge requis ; quelquesuns étaient entachés d'hérésie ; ceux-ci avaient assisté à des mariages clandestins, ceux-là étaient des piliers de cabaret ; les uns étaient simoniaques, confidentiaires, les autres ne résidaient pas ou possédaient des bénéfices incompatibles. Les patrons laïques donnaient les cures à des tonsurés, qui négligeaient de se faire promouvoir aux ordres sacrés, et ce qui est pire, de mettre à leur place, pendant ce temps, des prêtres congruistes pour l'administration des sacrements. On voyait nommer à ces bénéfices des moines apostats. Dans des visa de 1640 et de 1642, pour les cures de Saint-Priest-la-Plaine, de Saint-Silvain-Ballerot et de Boussacles-Eglises (Creuse), il est dit qu'on donne ces paroisses « à un sujet suffisant et apte, parce que, eu égard au lieu et au peu de revenus de ces bénéfices, il serait difficile d'en trouver un plus