Laforest, Limoges^ p
cette même époque, des conférences semblables et périodiques existaient dans chaque paroisse importante du diocèse ; mais elles étaientpeu suivies d'un certain nombre de curés, puisqu'au synode d'automne de 1645, on était obligé de recourir à des sanctions sévères, contre ceux qui ne les fréquentaient pas régulièrement *.
A la suite de la visite générale qu'il venait de faire en 1648, notre prélat publia une série de règlements disciplinaires, dont un des principaux visait l'organisation précise des conférences ecclésiastiques : « Tous les curés, dit l'évêque, qui ont plusieurs prêtres dans leurs paroisses, les convoqueront et assembleront au moins deux fois la semaine ; ils s'entretiendront et conféreront sur les rubriques du bréviaire et du missel, sur les cérémonies de la messe et les divins offices, sur les maximes et points de la doctrine chrétienne, cas de conscience et administration des saints sacrements de l'Église ; et, en cas que quelque prêtre s'absente sans cause légitime, il sera privé des fruits de la communauté et des émoluments de la dite église, qui lui appartiendront pendant la semaine en laquelle il manquera à ce devoir ; et ils accroîtront et céderont au profit de ceux qui assisteront et se trouveront en ces assemblées. »
Dans les remarquables instructions, qu'il avait données aux visiteurs diocésains, le 18 juillet 1650, l'évêque de Limoges leur enjoignait particulièrement de « veiller soigneusement, à ce que les conférences par lui ordonnées entre les curés et vicaires perpétuels et prêtres, sur la doctrine chrétienne, cas de conscience, fonctions curiales et exercices de piété soient faites dans les dites paroisses en la manière, dans les lieux et aux jours qu'ils jugeront les plus convenables 2. »
Nous ne savons, si la sévérité des sanctions de l'ordonnance de 1648, jointe à la surveillance des visiteurs diocésains, introduisit dans la pratique de cette réforme la régularité et la discipline que le prélat voulait faire observer, pour le bon ordre de son diocèse. Il arriva probablement, que chaque groupe d'ecclésiastiques fut porté naturellement, à interpréter les ordres trop succincts de l'évêque selon ses fantaisies, et à en varier, selon les goûts, l'application qui aurait dû être partout uniforme. L'institution n'eut pas alors tardé à dégénérer en réunions plus ou moins banales et édifiantes, si notre prélat ne s'était empressé de la compléter par une législation détaillée qui ne laissa plus rien à l'arbitraire.
Ces nouveaux règlements, nous paraissent au fond, eu égar à l'époque de leur publication, un chef d'œuvre du genre non moins digne d'éloges que l'organisation célèbre des conférences d'Angers, qu'ils ont précédées d'une quarantaine d'années. Nous les citons ici plus largement, parce que, tout en établissant sur l'un des fondements les plus solides, la réputation de notre prélat, comme grand évêque réformateur de son temps, ils nous permettent déjuger, par l'ensemble de ses considérations générales