‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 183 sur 480 · Mss. n. 14. Deux pièces imprimées des Mélanges de Legros · texte numérisé non relu

Mss. n. 14. Deux pièces imprimées des Mélanges de Legros

et de ses décisions pratiques, l'esprit de sagesse et de gouvernement qui présidait à la rédaction de ses ordonnances ^.

« Parmi les obligations que Dieu a imposées aux pasteurs de son Eglise, dit François de la Fayette, au début de sa fameuse ordonnance, Nous avons esté toujours persuadés, qu'une des principales estoit l'instruction des fidelles, que Jésus-Christ, souverain pasteur des âmes, a mis sous leur conduite. Nous apprenons de rEscriture saincteetdes Pères, qu'ils sont les lumières du monde, les soleils de TEglise, les flambeaux du christianisme, les maistres des ignorants et les guides des aveugles. Ces belles et glorieuses qualités, qui sont des marques d'honneur, sont aussi des engagemens et des devoirs bien pressens, qui les obligent, pour répondre à ces beaux titres, et pour s'acquitter dignement de leur ministère, de puiser les lumières qui leur sont nécessaires, dans la source des bons livres par une sérieuse application à l'estude et en Dieu mesme, parla prière et l'oraison. Car, comment seraient-ils les oracles vivans des vérités chrestiennes et les fidèles dépositaires de la science du salut, s'ils n'estoient instruits de ces belles vérités et de cette divine science, pour en faire part aux fidelles ?...

La force de ces raisons Nous a si fortement touchés, depuis le temps, qu'il a pieu à la Bonté divine de nous appeller, quoy qu'indigne, à la conduite de ce diocèse, que nous avons employé tous les moyens les plus propres et les plus efficaces, pour obliger les pasteurs de s'appliquer avec soin, à l'estude de la science qu'ils doivent posséder dans l'exercice de leur charge, pour instruire les fidelles des vérités et des mystères de nostre religion. Dès lors que Nous avons esté eslevé à.la dignité pastorale. Nous avons employé plusieurs années aux visites générales de nostre diocèse, pendant lesquelles, Nous avons exhorté les pasteurs que Nous avons trouvés faibles et peu éclairés, d'employer série'isement à l'estude tout le temps qui leur pouvoit rester après le service de leurs paroisses. Dans la vacance des bénéfices. Nous en avons pourveu ceux que la science et la piété avoient rendus capables de les remplir. Nous avons appliqué nos soins et tenu la main, pour esloigner des saincts Ordres les personnes dépourvues des qualités requises. Nous avons obligé les vicaires et les autres ecclésiastiques approuvés de se présenter à Nous tous les ans, pour juger du progrès qu'ils auroient fait dans l'estude, avant de continuer leurs approbations. Nous avons enfin envoyé, comme Nous faisons encore, des missionnaires dans les paroisses moins instruites, et qui avaient plus de besoin de secours.

Nostre Seigneur a voulu, par sa miséricorde, donner quelque succès à Nos soins ; mais ils n'ont pas entièrement répondu à nos désirs et à nos attentes, puisque Nous apprenons, avec un extrême desplaisir, que plusieurs curés et vicaires, ont eu beaucoup de négligence à conserver les lumières que Dieu leur avoit données, ou à en acquérir de nouvelles ; et, par cette paresse reprochable et criminelle, ils se sont rendus incapables d'instruire le peuple, et de satisfaire aux obligations de leurs charges ; de sorte que Nous voyons avec douleur, dans quelques endroits

1. Le document imprimé, mais non catalogué, qui appartient aux Archives du Grand Séminaire de Limoges, est intitulé : « Ordonnance et règlements de Mgr rill. et Rév. François de la Fayette, evesque de Limoges. Pour l'establissement des conférences ecclésiastiques dans son diocèse. » A Limoges, chez la veuve d'Antoine Barbou, Imprimeurs ordinaires du Roi et de Monseigneur de Limoges, 1660.

de notre diocèse, le malheur dont se plaignait un prophète, que les enfants pressés de la faim de leur salut, demandent, avec des soupirs et des gémissemens, le pain vivifiant de la parole de Dieu, et qu'il ne se trouve personne pour le leur distribuer. La cause de ce dérèglement et de cet abandonnement procède sans doute, ou de leur peu de zèle, ou de leur timidité à parler en public ; et, après en avoir cherché les remèdes, nous n'en avons point trouvé de plus utiles et de plus efficaces, que rétablissement des Conférences ecclésiastiques, dans lesquelles ils s'instruiront des vérités, dont la connoissance leur est nécessaire ; ils s'exerceront les uns les autres à les acquérir par une saincte émulation, mais sans enuie et jalousie ; ils pourront faire une aymable et fraternelle communication de leurs lumières ; et par la continuation de ces saincts exercices, ils acquerront la facilité de produire au dehors, et de porter au peuple des vérités, qu'ils y auront apprises.

C'est pourquoy, estant comvaincu, comme Nous le sommes, de la nécessité de ces Conférances, Nous ordonnons à tous archiprestres, curés, vicaires, prestres, et autres ecclésiastiques, qui ont esté promeus aux Ordres sacrés, dans toute Testendue de nostre diocèse, de se trouver aux Conférances, que nous voulons estre tenues régulièrement, tant dans les villes qu'à la campagne, et d'observer avec fidélité et exactitude les Règlements que nous lui adressons sur ce sujet avec la présente ordonnance... Nous conjurons tous les ecclésiastiques résidens dans notre diocèse, de ne négliger pas une ordonnance si saincte, dont ils connaissent assez l'importance, pour peu qu'ils connaissent la pesanteur du fardeau, dont ils sont chargés. Que s'ils se laissent plustost toucher par leur propre intérest, que par le poids de leurs obligations, Nous leur déclarons, que Nous aurons beaucoup de considération pour ceux qui s'appliqueront avec zèle et attachement à ces Conférances, et que l'assiduité qu'ils y témoigneront, sera le moyen le plus facile et le plus assuré, pour obtenir les grâces, qui dépendront de nous : au contraire, nous donnerons à connoistre à ceux qui ne voudront pas embrasser une occasion si favorable, que leur négligence passera avec raison dans nostre esprit, pour un degoust, et une aversion qu'ils ont des choses si sainctes et si utiles ; et nous les jugerons indignes de tout employ dans notre diocèse... Nous espérons néanmoins, que se portans à leur devoir plustost par l'amour du bien que par la crainte de la peine, ils se considéreront à l'advenir en qualité de pasteurs et de prestres comme les lieutenans et les substituts de Celui qui a esté là lumière du monde et le soleil de justice, et qu'ils s'efforceront de marcher sur ses pas, et de suivre son exemple... Donné dans le palais épiscopal de nostre Cité de Limoges, le douzième jour d'octobre, et publiée en nostre Synode général le vingt- unième du dit mois mil six cens soixante.

Signé: f François, E. de Limoges.

Règlement contenant Tordre et la manière de tenir les conférances

ecclésiastiques. Eztraict de plusieurs conciles et des actes de

Sainct Charles Borrhomée.

L Tout le diocèse, qui contient dix-huict archiprestres, sera divisé en certains détroicts, dans lesquels les ecclésiastiques s'associeront pour faire des Conférances. Chasque détroict sera com-

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posé de dix ou douze paroisses, ou 'd*un plus grand ou plus petit nombre, selon la commodité et la distance des lieux. En chasque d«'îtroicl destiné fwur les Coniérances, il y aura trois otTiciers, scavoirun directeur, un substitut, et un secrétaire, qui seront par Nous clioisis, ou eslues par la pluralité des suffrages des associés en chasque (k)nférance, et ils ne pourront exercer leur charge qu apivs avoir obtenu notre approbation ou en notre absance celle de nostre grand-vicaire.

II. Le directeur présidera à l'assemblée, donnera les matières, qui devront estre traiclées dans lesGonférances, et les cas ou difficulté*?, sur lesquelles chascun se pourra préparer pour la Conférance suivante ; il prendra les advis d'un chascun et fera eu sorte que tous |)arleiit à peu près également en chasque Conférance, et que, les uns n*iiiterrom|)ent pas les autres, loi-squ'ils diront leurs advis... 11 indiquera le lieu de rassemblée pour la Conférance suivante, et aussi le jour» prenant garde que ce ne soit pas un jour de feste.

III. Le Substitut présidera dans l'assemblée, en présence du Directeur, et y fera s<»s foiietions. 11 prendra garde que le présent règlement, fait |M>ur lesCiinféraïuvs tHvU^iasti(|uess4>it bien obser\'é, et il ïu>us ikmtiera advis, avec le Directeur, des manquements, s'il y en a, et <ie Umi ce qui se passera dans S4)n détroict, qui regarde la gloire de Dieu, le l>ien de TEglise, la conduite des curés et autivs eciMêsiastiques, et le s*»rvire des paroisses de tout leur détroict.

I\\ Le S*H*r*'t:iire auni la liste des noms des euivs et ecclésiastiques, qui serimt datis le liétroict où ils seront associez, {K>ur faire les dites Conréranees. Il maninera dans un livre ou registre les noms de eeu\ qui y uun>!it assisté ; il dressera, à chasque assemblée un verbal des nmtièrYs qui y auront esté trait^tées et des résolutions i\u\m y aura [>rises, qu'il inséivra dans le dit livre, et il aura soin de ti«)us eiivt)yer. après chasque assemblée, une copie du dit verlial et ilu ivsuUat de toute la Coiiféraïuv, signée de luy et du t)ireeteur, et les noms des ai>sans. s'il y eti a eu, avec la raison [K)ur laquelle lU s^^soiit ilispensez d'y iissister.

V. l/Assemhli'e se tiendra, unt* fois In ^ernaine^ dans les villes de notre diorés»» et dans les tiourgs et pamisses oii il y aura un nombre snt'lisint d'iM'f lesiastii|ues, ♦•t une fois It' rnnis^ dansciiaqne détrtiii-t à la eani|);i;:ih\ ou deux fois It» mois, s"il s*-» peut, [>endant Teste, selon la eonunodile de lasai>i*in et la |>ro\ijnité des [uirroisses. ihi ehoi>;n-a, pour taire rassemblée, le liru le f>Ius eoniniode et qui seraeoniuit» le eenfi'e des [>arnti<ses i|ui la doivent eornposer, si et* n'e^^t qu'»Mi désire tenir la dite ass+'UiMee, su<'ees^iveinent dans toutes les par'riM<s»*s <pii se tnKiverunt dans le d^'troi«-t. et «»n aurastutu i[\\\)^' as>»'!nb[ee à laut'-e, de de<iuner le lieu où elle s*' devra tetor. aliu «pi»» ehaeiin s'y poisse rendre.

VI. Tous lesirures, \ ;eaires, (o-e<trt*<, diaen»^ et S^HlL'SlIaiTes^ qui s«u-ont il.iîis U» d' ibtnMer^ seront oît m»-'^ d»-' se rendre au lieu ou >«» tera r \>s4'tuL".'tM\ au ]* ur .{r^i^^T'e ,..r>».-,. htaet « u UKitf heures d':nMîi'uep Ihilut ert* *e<îasr:'p:e. *J"'^ si q' ••-•-[ r'un r^e piu.ivai''

assister, pour quelque juste raison, il envoyera ses excuses par escritau Directeur, qui en advertira rassemblée. Nous exhortons néantmoins ceux qui auront été advertis, pour y faire le raport des matières qui leur auront esté données, de ne pas s'absenter, à moins qu'ils n'ayentdes raisons très pressantes ou des occupations indispensables dans leurs parroisses.

VII. ... Tous assisteront, en surplis et bonnet carré, à la grande messe de Spiritu sanctOy qui se célébrera solennellement, avant laquelle on faira la procession autour de Téglise, en chantant le Veni Creatovy et à la fin, on dira le Libéra pour les trespassez. Ceux qui ne sont pas prestres se confesseront et communieront à la dite messe; et, afin que le peuple soit incité d'y assister. Nous accordons à tous les fidelles qui auront cette dévotion, quarante jours d'indulgences ; de quoy, le curé de la parroisse où se tiendra l'assemblée, aura soin d'advertir le peuple à son prône le dimanche précédent.

VIII. La messe estant dite, ils iront prendre leur réfection tous ensemble, en la maison du curé, avec modestie, frugalité et retenue, se contentans d'un seul service de viandes communes et ordinaires; et Nous leur defTendons, sur peine de suspense, qu'ils encourront ipso facto, d'y faire aucun excez, pour le boire et pour le manger, et d'y employer aucune femme ny fille pour les servir, pendant le dit repas, auquel il ne sera loisible d'appeler mesme aucun séculier, sous quelque prétexte que ce soit. Ce repas, qui ne se faira que dans les assemblées faites dans les parroisses de la campagne, sera fait à frais communs, pour lesquels chasque particulier donnera liuict ou dix sols, au plus... Pendant tout le repas, qui ne durera, au plus, que tmis quarts d'heure, un de la compagnie sera nommé pour faire la lecture d'un chapitre du Nouveau- Testament, et, en suite des Statuts et Règlements de notre diocèse.

IX. La Gonférance commencera à midy ou environ, et durera deux heures ou deux heures et demie... Le Veni Sancte Spiritus estant dit, tous prendront place et demeureront assis pendant la Gonférance, et ne se lèveront pour répondre. Ghascun étant placé, le secrétaire lira les noms de ceux qui se doivent trouvera l'assemblée et marquera les absens, et de trois en trois mois il aura soin de lire le présent Règlement. En suitte il faira la lecture du Résultat de la Gonférance précédante, et des résolutions qui y auront esté données, et dont il aura chargé le Registre.

X. Après cette lecture, on procédera à la Gonférance avec Tordre qui s'ensuit. i« Gelui qui aura esté nommé pour faire un entretien sur la matière qui luy aura esté prescripte, le faira briesvement, et il ne visera qu'à instruire et persuader les escoutans, et non pas à satisfaire à leur curiosité. 2® Geux qui auront esté chargez de décider les cas de conscience qui leur auront esté donnez par escrit, les rapporteront aussi succinctement et clairement... 3« Geux qui auront trouvé quelques difficultés dans les confessions, dans la conduite des âmes, et dans le service de leurs paroisses, les proposeront à toute l'assemblée pour prendre leurs

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advis et suivre leurs résolutions- Et en cas que les difficultés proposées ne soieïit pas entièrement esdaircies et décidées, ou que les voix fussent partagées, on s'adressera à Nous ou à nostre grand- vicaire, pour demander oostre réponse, que Nous rendrons avec soin et diligence.

XL Pour les matières qu'on traitera dans les Conférances, nous donnerons ordre qu'elles soient imprimées au plus tost, pour servir pendant toute Tannée. Cependant Nous les exhortons de cl/oisir celles qui seront de pratique et les plus nécessaires aux pasteurs pour leur conduite particulière et pour la conduite des âmes.

XII. ... Nous ordonnons au Directeur et au Secrétaire de dresser un résultat (de chaque Ojnférance), ou ils marqueront, non seulement ce qui aura esté conclu par la pluralil('% mais aussi ils y renfermeront briesvement les principales preuves, et les plus notables textes et raisons, qui auront esté allégués de part et d^autre sur les points proposez,

XIII. Kt pour faciliter le moyen de faire le dit résultat, chascun sera obligé d'apporter à la Conférance ses responses par escrit sur les questions qui doivent estre examinées au moins quand aux raisons capitales et aux passages qu'il cittera ; au bas desquelles réponses, il mettra son nom et celuy de son bénéfice ou employ ; de sorte qu'ayant dit son sentiment de vive voix, il les laissera entre les mains du Directeur, lequel après en avoir extrait avec le Secrétaire, ce qu'il y aura de plus considérable, nous les envoyera avec le procez verbal do toute la conférance, afin que nous ayons la consolation de connoistre par ce moyen le zèle et l'afTection de chacun pour cet exercice si important.

XIV. Les matières de la Conférance estant discutées, et les doutes et cas proposez, agitez et résolus, le Directeur désignera le jour et le lieu de la suivante, dont il distribuera le sujet à quelqu'un des associez, et donnera à quelques autres le cas à proposer et à résoudre, afin que chascun aye le temps de se préparer. Le Secrétaire donnera aussi le résultat des résolutions de la précédente, qu'il aura transcrit dans le Registre, dont chascun aura soin de prendre des copies.

XY. Or, afin que chascun soit obligé de se rendre assidu aux dites Conférances, Nous ordonnons que les ecclésiastiques qui prétendront d'estre pourveus de quelque bénéfice ; les vicaires et prestres qui voudront recevoir nostre approbation, pour la confession et la prédication ou faire reuouveller celle qu'ils ont desjà receue; et ceux qui se présenteront à Nous, pour estre promeus aux saincts ordres de diaconat et prestrise, seront tenus de porter une attestation signée du Directeur et du Secrétaire, par laquelle il nous apparoisse de leur assiduité ausdites Conférances...

XVI. Mais parce qu'il est iïuportant d>mpescher qu'il ne glisse dans nostre diocèse aucune mauvaise doctrine, et de mettre ordre qu'on y suive les bonnes, solides et véritables Maximes, Nous ordonnons qu'après chaque Conférance on mettra entre nos mains ou en celles de nostre grand vicaire les résolutions qu'on aura

prises sur les difficultés proposées, afin que chascun prenne les décisions que Nous aurons approuvées pour les règles de sa conduite dans l'administration des sacrernens et dans les autres fonctions de son ministère...

XVII. Et pour y réussir, Nous ordonnons aux officiers des Conférances establies en chasque détroict, de nous advertir des manquemens et deffauts notables qu'ils y remarqueront, et ils donneront ordre que chascun des curés associez dans leur assemblée, fasse tous les dimanches et les fêtes le cathéchisme et Tinstruction chrétienne dans son église paroissialle, et s'acquitte dignement de ses fonctions.

XVIII. Enfin Nous désirons que ces sainctes assemblées servent à augmenter la charité mutuelle, qui doit unir ceux qui exercent un mesme ministère...

Les avis qui suivent dans cet article, concernant les devoirs à rendre aux confrères malades et aux défunts, devaient être magnifiquement développés par le successeur de notre prélat.

Admirable était le plan d'organisation des conférences ecclésiastiques du diocèse de Limoges. Notre prélat s'était inspiré, comme il le dit lui-même, des actes de saint Charles Borromée, le meilleur modèle de ce genre de réformes. Mais ce qu'il importe à présent de faire connaître, c'est l'empressement qu'apporta le clergé paroissial, à correspondre aux ordres de son évêque. Les anciens registres des paroisses de Limoges, dans lesquels on rencontre, de loin en loin, des notes intéressant l'histoire de la vie paroissiale, sont les seuls documents qui nous donnent sur ce point quelques renseignements.

François Juge, curé de Saint-Pierre-du-Queyroix ^, a signalé luimême à la postérité dans ses registres paroissiaux, dont la tenue est excellente, l'initiative importante qu'il prit alors dans l'établissement des conférences ecclésiastiques, conformément aux vues de notre prélat. La première des réunions périodiques prescrites par les nouveaux règlements fut tenue dans son district, le 40 janvier 4661. Etaient présents : François Juge, curé de Saint-Pierre, Jean Goudin, prieur-curé de Saint-Aurélien, Nicolas de Broa, curé de Saint-Maurice, François de Villemonteys, curé deSaint-Domnolet, Guillaume Cibot, curé de Saint-Christophe, Siméon Lascure, curé de Saint-Michel de Pistorie 2, N. Teyteix, curé de Saint-Paul, et plusieurs autres curés de Limoges et des faubourgs de la ville. Les curés de Saint-Michel des Lions et de quefques autres paroisses du district, s'abstinrent de répondre à la convocation qui leur avait été adressée.

1. François Juge, prolonotaire du Sainl-Sièf^e et docteur en théologie, était curé de Saint-Pierre en i660, 1G72, 1686. Il avait succédé à N. Périére, chanoine de Saint-Martial. Mss. n. 18, p. 529.

2. Tous ces ecclésiastiques, véritable élite du clergé de Limoges à cette époque, étaient les membres principaux de la Compagnie du Saint- Sacrement. Or nous savons que cette association inspira à notre prélat cette œuvre des conférences, entre tant d'autres dont nous parlerons plus loin.

Il fut décidé qu'on s'assemblerait tous les quinze jours seulement, le lundi, d'une heure à deux, dans la maison curiale de Saint-Pierre. Le procès-verbal de cette première réunion et ceux des conférences suivantes (17 janvier, 31 janvier et 14 février) nous apprennent, qu'on y arrêta quelques autres mesures importantes. On signale dans le nombre : l'adoption du rituel romain, récemment imprimé à Toulouse, celui du diocèse étant devenu fort rare ; l'interdiction d'admettre comme parrains des enfants âgés de moins de douze ans et n'ayant pas fait la première communion, celle de distribuer, lors des baptêmes, des aumônes dans l'intérieur des églises, etc.. On constate que les membres de cette conférence, se conformant sur ces points aux indications du règlement, cherchèrent à s'entendre sur la conduite à tenir, dans certaines éventualités, sur les affaires d'intérêt commun. Ils se proposaient aussi de s'occuper de l'instruction de leurs paroissiens, du soulagement des pauvres, de toutes les questions relatives à l'utilité spirituelle et temporelle de leurs églises, etc.. *

La nouvelle institution grâce au concours des confrères du Saint- Sacrement, qui en avaient été les promoteurs, à Limoges et qui avaient des partisans dans les principales villes du Limousin, put donc s'établir aisément, conformément aux statuts, moyennant les modifications prévues, dans chaque district des dix-huit archiprêtrés du diocèse. Le fait certain de sa prospérité, trente ans plus tard (1690), dans Tun des centres les plus éloignés de la ville épiscbpale, celui de la conférence du Saint-Esprit, à Aubusson 2, nous semble bien indiquer le succès immédiat de cette importante réforme. D'ailleurs, il n'est pas douteux pour nous, que la fondation du séminaire diocésain, où vint se former une nouvelle génération de jeunes prêtres des plus zélés, ne consacrât l'établissement définitif des conférences ecclésiastiques. Les principaux résultats de cette institution furent de développer le progrès de l'étude des sciences ecclésiastiques et d'entretenir en même temps Tunion et la charité dans le clergé.

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