Laforest, Limoges^ p
2. Par suite des intrigues de ccM-tains ecclésiastiques de Limoges, prévenus contre les Sulpici('ns. Labiche, Vies des Saints^ t. II, p. 441).
3. François Juge, curé de Saint-Pierre, et Nicolas de liroa, curé de Saint-Maurice, étaient des confrères du Saint-Sacrement, partisans des projets de Martial de Maledent.
4. Labiche, Vies des Saints, t. II, p. 445 et suiv., et Laforest, Limoges, p. 508.
« révêque, François de la Fayette, alla à Paris *, et pria M. de Bretonvilliers de lui donner des prêtres de sa Compagnie, pour entreprendre de nouveau l'institution du séminaire, dont l'état était alors si critique. Le supérieur de Saint-Sulpice lui répondit, qu'il ne disposait dans ce moment d'aucun sujet capable d'une œuvre si importante, maisqu'il connaissait un docteur de Sorbonne (1654), doué de toutes les qualités nécessaires, pour faire réussir cette entreprise, s'il voulait s'en charger, et il lui nomma Jean Bourdon, prêtre du diocèse de Rouen, formé par M. Olier au séminaire de Saint-Sulpice 2. »
Jean Bourdon avait fait encore plusieurs retraites à Saint- Lazare, sous la conduite de Vincent de Paul, avec qui il avait contracté une sainte amitié. Fort estimé surtout de M. Olier, qui avait remarqué en lui de grands talents de science et de piété, il avait été invité dès 1654, en même temps que Louis Tronson, à venir toutes les semaines confesser les ecclésiastiques du séminaire Saint-Sulpice, bien qu'il fût alors étranger à cette communauté. François de la Fayette considéra comme providentielle l'indication de M. de Bretonvilliers et « il agréa qu'il fît part de ses désirs à Jean Bourdon ». Le distingué docteur « n'eut pas plutôt entendu parler de la proposition de l'évêque, qu'il l'accepta de tout son cœur, regardant ce dessein comme une chose très propre à procurer la gloire de Dieu et l'honneur de l'Eglise qu'il avait fort à cœur ».
Quelques jours après, notre prélat repartit pour Limoges, accomgné de Jean Bourdon et d'un autre prêtre de grand mérite, nommé M. de Rouen, son premier collaborateur. A leur arrivée dans cette ville, le 19 mars 1662, François de la Fayette les fit descendre avec lui au palais épiscopal 3. Le clergé de Limoges, notamment Martial de Maledent, et ses confrères du Saint-Sacrement reçurent à bras ouverts les nouveaux venus. Cinq jours après, l'évêque les conduisit au château d'Isle, pour les mettre en possession du séminaire provisoire. En les présentant, le prélat dit à ses ordinands qu'il donnait sur eux à « Monsieur Bourdon » toute son autorité. En même temps il approuva les règlements et les usages du séminaire de Saint-Sulpice que le nouveau supérieur lui proposa d'adopter *.
3^ Construction du Séminaire diocésain.
Avant de se rendre à Isle, Jean Bourdon avait visité les constructions commencées du séminaire de la Mission, c'est-à-dire la maison enclavée dans l'hôpital, et destinée à loger, d'un côté les prêtres de la Mission, et de l'autre les ordinands. Le local lui parut trop étroit, pour donner asile à deux œuvres différentes, et d'ailleurs incompatibles. La contiguité de Thôpital était encore pour le séminaire un grave inconvénient ; les tumultes et les bruits inces-