Labiche, Vie des Saints^ t. II, p
4. Grandet, Les minta prélresy 2« série, p. 421 et Faillon, ibid.
sants de cette maison ne permettaient guère d'abriter auprès d'elle la méditation et Tétude des ordinands. Jean Bourdon, homme de réflexion, n'exprima pas tout de suite son opinion ; mais, quelques jours après, il formulait une série d'objections décisives *.
Martial de Maledent approuva les observations du supérieur d'Isle, et lui répondit que cette difficulté ne devait pas lui causer la moindre inquiétude. Comptant alors sur de nouvel les ressources, que devait lui laisser la prochaine entrée en religion de sa troisième nièce, Louise de Meilhac, le généreux prêtre s'engagea, dès cp moment, à fournir les fonds nécessaires, jusqu'à la concurrence de 40 000 livres, pour bâtir ailleurs aux ordinands, un autre séminaire de cent cinquante pieds de façade 2.
Il ne restait qu'à déterminer le choix du local. Un jour, l'évêque était venu voir M. de Savignac, dans sa petite maison près de l'hôpital : le propriétaire conduisit son hôte à une fenêtre, d'où le regard s'étendait sur les coteaux de Saint-Lazare. A quelques jets de pierre, devant eux, entre le prieuré de Saint-Gérald et l'église Sainte-Valérie, s'étendait un de ces pittoresques vignobles, qui encadraient alors la ville de Limoges. M. de Savignac attira l'attention de l'évêque sur ce vignoble : il en signala l'étendue, l'isolement, l'heureuse exposition, et fit observer qu'il ne serait peutêtre pas facile de trouver ailleurs un local si propice pour les séminarist*^. L'observation arriva au prélat, comme un trait de lumière. ^ Oui, oui, s'écria-t-il aussitôt comme par inspiration, il a semblé bon au Saint-Esprit et à nous que cet espace reçût notre séminaire. Il faut tâcher d'acquérir cette place ! »
On acheta en eflTet cette vigne, connue sous le nom de clos Sainte- Valérie, à son propriétaire, le sieur Aubin Faulte, bourgeois de Limoges. Le contrat, en date du 26 avril 1662, stipulait au profit du vendeur le paiement des intérêts, car le capital ou la somme de 5000 livres, prix d'achat de la vigne, ne fut payée que plus tard. L'acquéreur, Martial de Maledent, fit tout de suite creuser dans ce clos les fondements de l'édifice projeté : on assemblait les matériaux, les bois et les pierres; on taillait les charpentes, en attendant qu'il fût possible de commencer les maçonneries. Après une interruption d'un an et demi, en vue de presser l'achèvement du séminaire de la Mission, dont les ordinands prirent possession, le 15 mars 1664, plus de deux cents ouvriers s'employèrent de nouveau activement, dès le 2 juillet suivant, à la construction du séminaire de l'Ordination. M. de Savignac fit pousser si vivement les travaux, que le 11 novembre de la même année, les murs s'élevaient déjà à quatorze pieds de terre. Quand ils furent à cette hauteur, il ne fit terminer jusqu'aux combles qu'une portion de l'édifice, et s'occupa de le rendre logeable au plus tôt 3. L'autre partie du bâtiment était achevée en octobre 1666 *.