L. Guibert, V Ordre de Grandmont, p. 90 et suiv
nommé le réformateur de l'Ordre. Il mourut à Limoges dans sa maison paternelle d'une attaque d'apoplexie, le 9 avril 1631. Il fut enterré à Tabbaye.
Le 15 avril suivant, on élut à Grandmont, général de TOrdre, François de Tautal, de la maison de Chanterelles en Auvergne*. L'évêque de Limoges, qui revenait de Paris et s'était alors retiré dans son château d'Eymoutiers, donna dans cette ville, le 6 juillet 1631, la bénédiction abbatiale au nouvel abbé de Grandmont. On remarqua la présence à cette cérémonie c de plusieurs personnages de ce temps fort respectables, notamment celle d'Alain de Solminiac, abbé de Chancelade, de Jean Petit, abbé de l'Etoile (Poitiers), de Josias de la Pomélie, prévôt d'Eymoutiers, de Mathieu de Verthamon, doyen de Limoges, de Pierre Talois, officiai, et de Jean Bandel, chanoine 2». Quatre ans après, le 2 octobre 1635, François de Tautal mourait à Mauriac, en Auvergne, sans avoir pu avancer beaucoup l'œuvre de la réforme de l'Ordre.
Georges Barny, originaire du village même de Grandmont, qui était alors vicaire général de tout l'Ordre et prieur du couvent de Tours, fut élu à sa place abbé de Grandmont, le 24 octobre suivant. Il reçut peu de temps après, en 1636, à Limoges, la bénédiction abbatiale dans l'église bénédictine de Saint-Augustin, des mains de François de la Fayette \ en présence des abbés de Saint-Martin, d'Aubepierre ^ et de Saint- Augustin s. L'administration de Georges Barny, ne fut ni moins laborieuse, ni moins féconde que celle de Rigaud de Lavaur. Peu d'abbés ont laissé dans l'histoire de l'Ordre, une trace aussi durable et d'aussi profonds souvenirs ; aucun ne montra plus d'activité, et ne l'appliqua à des objets aussi divers : réparation de bâtiments, inventaire des trésors, restauration dans les monastères de l'enseignement de la philosophie, remise en vigueur des prescriptions de la règle, tombées en désuétude, maintien sévère de la discipline, Barny ne demeura indifférent à rien de ce qui pouvait, dans Tordre temporel comme dans l'ordre spirituel, appeler sa sollicitude. Il tint, en 1643, un chapitre général, où les constitutions furent de nouveau confirmées. (Malgré les prescriptions des statuts, il n'en avait pas été convoqué depuis cent trentequatre ans.) Mais l'honneur de l'abbé Barny est d'avoir encouragé et favorisé de tout son pouvoir l'entreprise de Charles Frémon,