‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 201 sur 480 · I. L'Ordre de Grandmont et ses essais de réfonae · texte numérisé non relu

I. L'Ordre de Grandmont et ses essais de réfonae

L'Ordre de Grandmont, fondé en 1076, par saint Etienne de Thiers, venu d'Auvergne dans la solitude de Muret (près Aiubazac), était encore au dix-septième siècle Tun des plus anciens et des plus illustres du royaume. L'abbaye, chef d'ordre *, et toutes les maisons de l'observance, étaient en possession de privilèges considérables. Grégoire VII avait exempté le fondateur et ses disciples de la juridiction des évèques. L'obser\'ance des Grandmontains se rapprochait beaucoup de la règle de saint Benoit. Longtemps célèbres par leurs vertus, ces religieux ne Tétaient plus que par leurs querelles et par leur relâchement. A la mort de l'abbé François de Neuville (mai 1596), l'Ordre accusait tous les symptômes d'une profonde décadence. On ne comptait plus que huit religieux à Grandmont. Le pillage de l'abbaye par les huguenots du seigneur de Saint-Germain-Beaupré mit ensuite le comble à la détresse de l'abbaye qui tombait en ruines. Les protestants ne furent chassés de Grandmont qu'en 1604, par Tabbé Rigaud de Lavaur.

Celui-ci s'occupa depuis de faire cesser les empiétements qu'on avait commis, à la faveur des troubles, sur les biens de l'Ordre. Grâce à l'appui des Jésuites, l'abbé obtint du pape un rescrit adressé aux officiàlités de Limoges et de Clermont, contre les usurpateurs. Il fit réparer une partie des bâtiments, et y réinstalla une communauté. Un frère fut chargé par lui de visiter toutes les maisons de l'Ordre, pour y remettre toutes choses en bon état. L'abbé de Grandmont travailla avec la même sollicitude à la réforme de ses religieux. Les constitutions nouvelles furent soumises à l'examen de plusieurs ecclésiastiques, distingués par leur piété et leur mérite, et révisées avec soin. On ne peut passer sous silence, parmi les noms de ces vénérables personnes, celui de saint Vincent de Paul. Les Grandmontains revinrent à l'ancien habit: robe, scapulaire et capuchon noir. Grandmont, sous l'administration de Rigaud de Lavaur, se releva de ses ruines, et des colonies de religieux furent envoyées de l'abbaye, dans les monastères où s'était introduit le relâchement 2. Aussi l'abbé mérita-t-il d'être sur-

1. Situoe sur la paroisse Saint-Sylvestre, commune du canton de Laurière, (Haute- Vienne).

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