IV. Les Pères Jésuites
Les Pères Jésuites de Limoges étaient les seuls religieux du diocèse, qui fussent exempts de l'examen des confesseurs, imposé aux
1. Voir les détails {ici très abrégés) dans la Collection d4»8 procès-verbaux des assemblées du cle7*gé, Paris, 1769, t. III, p. 605 et suiv.
2. Jean Le Gentil, Recueil des actes des assemblées^ t. I, p. 1006.
3. Pendant les quatre dernières années de sa vie, dom Roger gouverna, en qualité de général, sa congrégation, dont il augmenta beaucoup le temporel. Le P. Pradilhon d'Eymoutiers, qui fut plus tard son successeur dans cette charge, lui dédia, en 1674, le Praxis juris FuliensiSt premier de ses ouvrages. Il dit en face à dom Roger, général des Feuillants, qu'il gouvernait ses inférieurs avec sagesse, qu'il était le protecteur de tous les gens de bien, et qu'il se conciliait Tamour et l'admiration de tous par la probité de ses mœurs et le charme de sa conversation. Le P. Roger mourut saintement le 11 novembre 1675, au monastère des Feuillants de Saint-Bernard, à Paris, où il fut enterré dans le chapitre, avec une épitaphe. Mss. 35, f. 169.
autres réguliers, pour l'exercice de leurs pouvoirs *. Dès l'arrivée de notre prélat dans sa ville épiscopale, ces Pères comprirent que leur mission dans son diocèse devait se borner au domaine assez vaste déjà de l'enseignement public, dont ils étaient les véritables maîtres en Limousin. François de la Fayette consacra et bénit, le 14 août 1629, l'église de leur collège, en présence d'Alain de Soiminiac, abbé de Ghancelade, qui prêcha, ce jour-là, le discours de circonstance 2. L'évêque de Limoges présida encore, en 1640, les fêtes du premier centenaire, qui furent célébrées dans cette ville, avec une grande pompe. Un jeu d'orgues nouvellement acquis concourut à relever les cérémonies de la chapelle du Gesu. Des illuminations, des feux d'artifice, des trompettes et autres instruments récréatifs, qui furent alors employés par les Pères, firent une grande sensation sur le peuple, qui se pressa en foule à ces divers spectacles.
Vers le milieu du siècle, l'influence des Pères Jésuites, difficile à découvrir dans les documents, se porta particulièrement du côté de la formation de l'esprit et de la conscience des jeunes gens des classes bourgeoises. La grande majorité des membres, sinon la totalité de ceux qui composèrent les comités directeurs des confréries de pénitents, et surtout celui de la célèbre Compagnie du Saint-Sacrement, se recrutèrent parmi l'élite des anciens élèves du collège Sainte-Marie ; ils formaient les cadres des deux sections des « messieurs et des artisans » dans la congrégation du collège ^. Cette domination morale des Pères Jésuites ne tarda pas à procurer, à leur établissement, la prospérité matérielle. Les charges considérables du collège qui donnait à tous l'enseignement gratuit engagèrent notre prélat à accroître ses revenus par l'union de plusieurs prieurés.
Les décrets d'union de ces bénéfices montrent à la fois, qu'ils avaient pour but de pourvoir aux frais de nouveaux cours, et qu'ils n'étaient pas nuisibles au bien spirituel des fidèles *. Faute de pouvoir suffire à l'entretien des professeurs, les cours de théologie, qui avaient été établis au collège de Limoges, en 1608, et qui existaient encore en 1622, ne subsistaient plus quelques années plus tard. A plusieurs reprises, les Pères Jésuites entamèrent pour les rétablir, des négociations, qui ne réussirent pas. Notre prélat ne trouva pas bon dans ces circonstances qu'une congrégation de religieux exempts fût chargée de l'instruction théologique des jeunes gens du collège, qui prétendaient aux fonctions sacerdotales ^.