‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 209 sur 480 · Mss. a4, f · texte numérisé non relu

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2. En cette qualité, il assista aux Etats du Limousin, tenus dans le couvent des .lacobins, en 1(549, pour nommer des députés aux Elats-Généraux qui devaient se réunir à Orléans. Comme la lutte de Pierre Roger contre l'évêque battait alors son plein, l'abbé donna ouvertement son suirrage pour la députation aux Etats à N. Périére, curé de Saint-Pierre. Mss. n. 35, f. 169.

Î!i84 UN SIÈCLE DE VIE ECCLÉSIASTIQUE EN PROVINCE

voudrait, et de confesser par tout le diocèse. Dans un acte d'appel comme d'abus de celte permission d'informer, qu'il passa par devant notaire à Limoges, le 22 novembre 4649, dom Roger mit encore plusieurs discours insolents et de mépris contre la personne de l'évêque. Telle était en abrégé cette affaire, que l'abbé de Marmiesse, agent général, soumit, sur la demande de l'évêque de Limoges, à l'assemblée du clergé de France de 1650-1651 .

Dans la séance du 3 décembre 1650, l'archevêque d'Embrun, Georges d'Aubusson de la Feuillade ^, l'un des commissaires nommés pour l'examen de la plainte du prélat, exposa que dom Roger était imbu d'une très fausse doctrine, que les principes de la révolte scandaleuse de ce moine Feuillant étaient contenus dans le livre anonyme du Récollet Bruno Chassaing (édition de 1648), intitulé PHvilegia Regularium^ lequel auteur avait fabriqué un nombre infini de prétendus privilèges, et enseignait toutes les entreprises tendant à détruire l'épiscopat. Après ce rapport, la compagnie ordonna, d'un commun consentement, que les commissaires dresseraient en forme la censure du dit livre, pour être publiée dans tous les diocèses de France, qu'ils feraient aussi une lettre circulaire s'adressant à tous les prélats, pour leur donner avis de cette censure du frère Bruno et de la révolte du frère Roger, avec ordre de faire mettre en leurs prisons ces deux religieux, partout où ils se trouveraient, et de priver ceux de leur Ordre de toutes fonctions dans leurs diocèses, jusqu'à ce qu'ils aient désavoué la doctrine de ce livre, si injurieuse à l'épiscopat, et que la congrégation des Feuillants ait fait à Mgr de Limoges une satisfaction proportionnée à la qualité des insolences et des excès commis par dom Roger contre son autorité. Le 19 décembre suivant, l'archevêque d'Embrun informa l'assemblée, qu'on avait exécuté ses ordres. La circulaire précitée fut signée et approuvée à l'unanimité.' Le 10 mars 1651, l'assemblée ordonna que dom Roger serait mis en prison, pour avoir différé d'accorder satisfaction à Mgr de Limoges.

Le l»»' avril suivant, l'abbé de Marmiesse rapporta que Mgr de Limoges lui avait envoyé un mémoire contenant des détails sur les essais de réconciliation. Le prélat informait la compagnie que le Père Général des Feuillants, le provincial et dom Roger étant arrivés à Limoges, les deux premiers religieux l'étaient allés visiter, après lui en avoir demandé la permission. 11 racontait comment, après avoir reçu les protestations de leurs respects et de leur obéissance, il leur avait donné des témoignages de son affection,

1. Georges d'Aubusson était issu de l'illustre maison des vicomtes de la Marche, déjà célèbres sous ce titre au temps de Charlemagne. Il était le second fils de François d'Aubusson, comte de la Feuillade, maréchal de camp, tué à Castelnaudary (1032;. II devint docteur de Sorbonne, puis abbé de Solignac, archevêque d'Embrun (Ifi48). ambassadeur du roi à Venise et en Espagne, et évêque de Metz en 1668. Il mourut dans cette ville le 12 mai 1G97, à l'âge de quatrevingt-cinq ans. Il fut second, puis premier président à l'assembjée du clergé de France de 1650 iqui dura un an, à partir du 30 mai 1650). Nobiliaire de Limogrs, y Aubusson.

par le bon accueil qu'il leur avait fait, et par les assurances qu'il leur avait données de sa bonne volonté, tant pour leurs personnes que pour leur Ordre, pourvu que dom Roger satisfit à ce que Mgrs les prélats avaient jugé devoir être fait par lui, pour réparer l'injure commise contre sa dignité et contre sa personne. Les deux religieux lui avaient témoigné y être disposés, et s'étaient retirés très satisfaits. Pour y parvenir, ces derniers avaient prié M. Pierre de Meillac, conseiller au Parlement de Bordeaux, de s'entremettre pour l'accommodement de cette affaire. Ce magistrat s'en était chargé, mais après de vains efforts, il s'était départi de son entremise. L'évêque de Limoges donnait connaissance à l'assemblée, de l'opiniâtreté de dom Roger dans son refus de le satisfaire, comme aussi de deux arrêts qu'il avait obtenus en appel devant les Parlements de Paris et de Bordeaux, par lesquels il était interdit d'attenter sur la personne du religieux *.

Deux mois après, le général et le provincial des Feuillants, qui se trouvaient encore à l'abbaye de Saint-Martin, allèrent de nouveau rendre leurs très humbles devoirs au seigneur évêque de Limoges dans son palais. Ils le supplièrent d'accepter les protestations qu'ils lui faisaient du déplaisir qu'ils avaient de la mauvaise conduite de dom Roger, et des respects et des obéissances que tous les religieux de la congrégation désiraient rendre à sa personne. L'intervention d'Henry de Béth une, archevêque de Bordeaux, régla enfin, dans le mois d'octobre 1651, ce long différend sur les bases de l'accord déterminé par l'assemblée de 1650. Dom Roger, qui était alors prieur du couvent de son Ordre dans cette ville, vint à Limoges pour donner une complète satisfaction à l'évêque, qu'il avait si gravement offensé. Les évêques du royaume en furent avisés, par une nouvelle circulaire signée : de Marmiesse et de Villars, agents du clergé, du 28 novembre 1651 2. L'intervention des prélats fit si bien rentrer le religieux Feuillant dans l'ordre de la soumission, que l'exercice du zèle de dom Roger fut dès lors accompagné d'une fécondité d'œuvres, qui le mirent bientôt à la tête de son Ordre 3.

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