M. Leroux, ibid
François de la Fayette favorisa néanmoins de tout son pouvoir le zèle de quelques Pères Jésuites, qui entreprirent, sous son épiscopat, plusieurs tournées de prédication, et particulièrement la mission de propagande, qu'ils avaient établie en 1648, à Beaulieu, Tun des centres protestants de son diocèse * . Le 31 mars 1624, ou 1629, Claude Le Fèvre ou Fabert, prêtre et curé de Rilhac, voulant aider à la bonne œuvre des missionnaires Jésuites, et leur ménager un hospice, où ils pourraient se loger et se mettre à Tabri des insultes que leur faisaient les calvinistes, leur fit donation d'une maison qu'il avait acquise, dans le principal faubourg de cette ville. A cette époque, les Pères Jésuites, qui n'y avaient trouvé à leur début, que cinq à six familles catholiques, en comptaient trente-huit de plus, ramenées par leur zèle à la vraie religion. Content de ces beaux résultats, notre prélat, qui songeait à établir un fonds suffisant pour la subsistance de deux missionnaires, rendit une ordonnance, le 7 février 1630, par laquelle il priait et sollicitait les Pères Jésuites de Beaulijeu, de continuer leur séjour dans cette ville, et enjoignit aux prêtres séculiers du lieu, « de se retirer devers le père Fouret, un des dits missionnaires, de recevoir ses leçons et les instructions propres à leur état, afin de pouvoir ensuite concourir avec luy au rétablissement de la religion catholique... »
L'évêque de Lectoure, Léger de Plas, d'une maison voisine de Beaulieu, étant venu quatre ans plus tard dans sa famille, « fut témoin des fruits que faisaient à la religion les deux missionnaires Jésuites, et leur fit un don de deux cents livres, pour les aider à réparer leur nouvel hospice ». Cet établissement modeste, qui ne formait d'abord que deux petites chambres et une chapelle souterraine, fut augmenté depuis par des dons de quelques autres chambres. La générosité des principaux habitants de la ville, et celle notamment du duc de Bouillon, à partir de 1637, assurèrent aux missionnaires, une augmentation de revenus suffisante pour leur subsistance et leur permirent de bâtir une église très décente et d'une grandeur suffisante.
Le grand nombre de prosélytes que firent au catholicisme ces Pères Jésuites augmenta si fort, que les calvinistes mirent tout en œuvre pour les obliger à sortir de la ville. A plusieurs reprises, pendant les années 1657, 1659, 1669 et 1671, ces religieux furent expulsés de Beaulieu par les protestants. Le corps de ville composé en partie de consuls catholiques, les fit rentrer à chaque fois dans leur maison. L'abbé commendataire de l'abbaye bénédictine de Saint-Pierre en cette ville 2 faisait aux missionnaires une rente de 220 livres, pour leur faire prêcher dans son église l'Avent, le Carême, et l'octave du Saint-Sacrement. Le zèle des Pères Jésuites ne diminua point jusqu'à la fin du siècle ; il se soutint avec la même