‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 227 sur 480 · COUVENT DE SAINT-JUNIEN · texte numérisé non relu

COUVENT DE SAINT-JUNIEN

La fondation du couvent de Saint-Junien, qui n'eut lieu qu'en 1660, avait été déjà proposée, dès 1626, à la mère de Briançon par un jeune homme très pieux de cette ville, futur chanoine delà collégiale^ Clément Hugon, qui avait fait dans ce but le voyage de Périgueux. Il avait obtenu le consentement des consuls ; mais l'évêque du Limoges, abusé par un citoyen deSaini-Junien, refusa son agrément, et cela seul fit échouer le projet. L'œuvre fut enfin exécutée avec un plein succès en 1()60, au moyen des dons et des libéralités de plusieurs habitants de Saint-Junien, et principalement d'un legs de 10 000 livres d'une dame de Brettes. Ce fut une amie de Suzanne de Briançon, la mère de Laforest, fille d'un gentilhomme du Périgord, Roch de Pressât, qui fut chargée de réaliser cette fondation. Elle exerçait depuis longtemps l'emploi de Mère « seconde » dans le couvent de Limoges, lorsque, sur la demande expresse des consuls de Saint-Junien, l'évêque et seigneur François

1. Labicho, Virs (h's Sahifs, l. III, p. 369 et suiv. L'aïK-ion couviMit dos Fillos (h» \otre-Damts relevô par ors Damos avant la Hêvolution, a eu de nos jours une t^alc prospérité. Il venait d'être rtH-onstniit sur la hauteur sud-est (|ui domine la ville de Saint-Léonard, quand il a été coidisqué comme tant d'autres en 1904»

de la Fayette, la nomma supérieure de l'établissement à fonder dans leur ville, et lui envoya Pierre Maillard, son officiai, pour lui annoncer cette mission. La supérieure du couvent de Limoges, la mère du But, se démit de sa charge, pour l'accompagner à Saint- Junien avec deux autres professes et deux postulantes. La colonie des Pilles de Notre-Dame fut reçue dans cette ville avec toutes les marques d'estime et d'honneur. Parmi leurs premiers bienfaiteurs, on remarqua M. de Montjou, conseiller au Parlement de Bordeaux, une dame de Permangle, et quelques chanoines de la collégiale, dont Jean Collin, théologal. Cinq ans plus tard, la mère de Laforest faisait construire un beau couvent sous le titre de la Nativité^. Deux Jésuites de Limoges, les PP. du Sault et Simon, s'occupèrent spécialement de la direction de la communauté de Saint-Junien. Après l'avoir gouvernée avec beaucoup de sagesse et multipliée de jour en jour, la pieuse fondatrice mourut en juillet d677 2.

4» Les Filles de la Visitation à Guéret et à Limoges.

Les religieuses delà Visitation Sainte-Marie 3, sorties du couvent de Metz, s'établirent d'abord à Guéret, le 2 octobre 1636, dans la chapelle de Notre-Dame, attenante à la maison du château de Monneroux. Elles représentèrent bientôt, qu'à raison du petit nombre d'ecclésiastiques qui eussent les qualités requises pour les assister *, elles se trouvaient le plus souvent privées des secours spirituels, que l'air et les eaux de la ville leur étant contraires, elles étaient ordinairement malades, et ne trouvaient personne qui voulût les assister en la conduite de leurs affaires temporelles. Elles prièrent donc l'évoque de Limoges de les laisser aller à Périgueux, où on les avait déjà reçues et d'emporter leurs biens. Ce qui leur fut permis le 15 décembre 1640. Elles quittèrent Guéret au mois de janvier suivant ^.

Trois ans plus tard, la mère Françoise-Gabrielle de Douhet, issue d'une des familles les plus anciennes du pays 6, qui avait déjà fondé une maison de son Ordre à La Châtre, en Berry, vint présider à Limoges, à l'établissement cette fois durable du couvent de la Visitation. L'occasion qui donna lieu au projet de fondation, fut le

1. Il comptait trente religieuses et quatre converses en 1775. Les bâtiments servent depuis la Révolution de mairie et de collège municipal à la ville. Le nombre des Filles de Notre-Dame dans les trois couvents du diocèse de Limoges en 1698 était de quatre-vingts religieuses. Arbellot, Cfironiqup de Maleit.

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