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de communauté accomplie. Aussi inspira-t-eile à ses nombreuses pensionnaires une telle confiance, qu'elle donna le voile, dans l'espace des seize premières années de rétablissement, à cinquantequatre demoiselles du pays. Elle enflammait le zèle de ses sœurs pour rinslruction des jeunes filles, leur répétant sans cesse, que c'était la fin principale de leur Institut. On la voyait tantôt s'occuper des réparations du couvent, ou présider, par ses avis pratiques, à la construction d'une chapelle ; tantôt enseigner à de petites filles du peuple, avec les éléments du catéchisme, les principes de la lecture ou de l'écriture, tantôt expliquer à ses sœurs les règles du plain-chant ou de la psalmodie, ou les rendre capables de toutes sortes d'ouvrages des maiâs, et en particulier de la broderie. D'autres fois, elle composait des messes et des vêpres en musique ou des motets, dont l'exécution parfaite attirait toute la ville dans l'église de son couvent. Un autre de ses talents, c'était celui de la peinture, qu'elle employait à la décoration de plusieurs églises éloignées. Elle faisait régner parmi ses filles une union admirable ; elle combattait chez elles les dévotions singulières, qui ne sont pas conformes à l'esprit de l'Eglise ; elle n'oubliait rien, dans les divers avis qu'elle leur donnait, de ce qui pouvait les établir dans une vertu solide, exempte de toute sorte d'excès.* C'est par là qu'elle vint à bout de former tant de religieuses d'un grand mérite, qui sortaient pour la plupart, des familles les plus honorables du pays. La mère du Fresne faisait ainsi prospérer la communauté de Saint- Léonard, autant que les plus ferventes communautés de l'Ordre, lorsqu'une maladie de neuf jours termina sa vie, aux environs de la fête de Noël 1667 ^