‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 232 sur 480 · I. Règlement de la maison épiscopale du prélat · texte numérisé non relu

I. Règlement de la maison épiscopale du prélat

François de la Fayette ne pouvait être un grand et saint èvêque sans être un bon père de famille : Qui domui suse prxesse nesity quomodo ecclesiœ Dei diligentiam hahehii? l\ était nécessaire de rfippeler cette maxime de saint Paul, à l'attention de notre prélat, au moment même où il mettait la dernière main aux réformes les plus importantes de son diocèse. C'était probablement vers le mois de mai 1666. L'évêque de Limoges continuait à mener, sans le moindre scrupule, la vie luxueuse des prélats grands seigneurs. Son train de maison était des plus ruineux, surtout à cause du personnel, qui pouvait être composé de plus de trente personnes. Ses équipages étaient brillants et lestes, ses domestiques en livrée étaient nombreux *.

Le palais épiscopal de Limoges, qui formait comme le prolongement du transept sud de la cathédrale, offrait à Tintérieur tous les signes d'une belle et confortable habitation de prélat bien rente, c'est à dire un mobilier somptueux, des dorures, des tableaux de valeur, une vaisselle fort riche, et une argenterie considérable pour une double chapelle. Une immense tapisserie qui devait, après la mort de notre prélat, orner le chœur et le pourtour de la cathédrale, décorait dix panneaux du principal salon, qui servait de salle synodale 2. La situation sociale de l'évêque de Limoges et son habitude innée de la représentation lui faisaient c tenir table ouverte », et accorder une large hospitalité à bon nombre des personnages importants du royaume, qui venaient le visiter, même quand ilstraversaientsimplement la ville épiscopale. Aces diverses charges et dépenses générales de l'évêché de Limoges s'ajoutait encore, pour notre prélat, les pensions qu'il faisait servir « par quartier » à plusieurs de ses neveux, notamment à l'abbé Claude et au chevalier Jacques de la Fayette, et principalement peut-être les frais énormes d'une suite indéfinie de procès, pour la poursuite desquels il était obligé d'entretenir à Paris deux hommes d'affaires, ses avocats-procureurs, de Laistre et de Croisy 3.

Pour faire face à toutes ces dépenses, l'évêque François de la Fayette avait à sa disposition, selon Grandet, c plus de cinquante

i. Voir la composition de la maison d'un prélat grand seigneur au dix-septième siècle dans Franklin, La vie sous Louis XIV, Paris. Pion. 1898, p. 11.

2. Tous ces détails sont tirés du testament imprimé de François de la Fayette. Voir aussi Bulletin de Limoges, t. XLVI, p. 324.

3. Voir les Mémoires de Grandet et les références précédentes sur les relations de notre prélat.

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Saî pape avait donné, en •1537, à Tévèque de Limoges Tantique prieuré de Saint-Anjrel ^^ «r pour défendre ce bénélice contre les ext/irsions des confidentiaires, Sa Sainteté aimant mieux le voir entre les mains d'un prélat qui ne pouvait en faire qu'un bon usage, que de le souffrir dans des mains laïques, qui s'en étaient fait une espèce de patrimoine ^. » Depuis longtemps déjà le relàche-

\. Gran<l<'t, Ijin suintH jfrrtfCH, 2* séri»', p. il2. Cettî» estimation nous parait eri<or<' au-H'-ssoii» «le !a réalité.

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