‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 24 sur 480 · Mss. du séminaire de Limoges, n. 33, p. 57i · texte numérisé non relu

Mss. du séminaire de Limoges, n. 33, p. 57i

INTRODUCTION o

ges y compta, outre Tarchevêque-président, Renaud de Beaune *, qui fut pour ainsi dire « l'àme de ce concile », l'élite intellectuelle de son clergé, soit une dizaine de ses dignitaires, presque tous docteurs en droit ou en théologie. Près de vingt autres députés représentant les onze diocèses de la province ^, assistèrent au concile de Bourges avec le métropolitain, et les évêques de Saint-Flour, de Cahors et de Limoges 3. Un an avant la célébration du concile, le synode annuel, tenu à Bourges le 25 juin, avait arrêté le programme de ses travaux. La session de l'assemblée provinciale dura tout le mois de septembre 1584 dans la cathédrale Saint-Etienne de Bourges. Les ecclésiastiques qui remplirent les fonctions de promoteur

au concile de Bourges furent : Jean de Puyzillon, vicaire général de

Limoges *, et Amant de Bonal, chanoine de Rodez, t Le concile de Bourges, dit un historien de l'Eglise gallicane,

prit pour ainsi dire la tâche de résumer et de coordonner les

autres conciles provinciaux de cette époque de la manière la plus

claire et la plus étendue ^ï). t Les règlements nombreux de ce i !

concile, ajoute Picot,distribués sous quarante-six titres, parurent

rédigés à l'imitation des canons du concile de Trente ^ i>. Rien

n'y fut omis de ce qui était propre à maintenir la pureté de la ; Jij

doctrine et de la morale chrétienne. Le concile de Bourges ex- ; *'|

posamoins les vérités spéculatives, qu'il ne régla ce qui tendait ; jj

à la conservation de la foi, comme les écoles et les séminaires ^'•'

(titre 29«), comme le catéchisme et la prédication (titre 3^); ce

qu'il y avait de pratique dans la religion, comme la prière,

le culte des saints, la sanctification des fêtes et du dimanche

(du titre 6c au titre 12c). L'office divin (titre 12<^) et le service des

enfants de chœur (titre 14^) étaient réglés minutieusement. L'administration des sacrements et la célébration de la messe (du

1. Renaud de Beaune, petit-fils de Semblançay, surintendant des finances de François I«% était né à Tours le 12 août 1527. Nommé évoque de Mende en 1568, il fut transféré à Bourges en 158i. Il joignait à une science profonde une vie intègre, une expérience consommée et une rare éloquence. Partisan de la Ligue, il se rallia de bonne heure à Henri IV et donna à ce roi l'absolution de son hérésie, sans attendre la décision du pape. Il fut nommé en 1594 grand aumônier de France et archevêque de Sens. Il mourut à Pai'is en septembre 1606. GalUa christ., II, 99 et suiv.

2. La province d'Albi ne fut détachée de celle de Bourges qu'en octobre 1678.

3. Les autres évéques ne purent venir à Bourges à cause de l'état de leur santé ou de la guerre civile qui sévissait alors dans leurs diocèses.

4. Simon Palays, prieur d'Aureil et chanoine de la cathédrale de Limoges, fut le second délégué de cette église.

5. Guettée, Histoire de V Église de France. Paris, 1853, t. i.x, p. 276. L'auteur a porté ce jugement après une analyse assez détaillée des actes de ce concile.

6. Esiai historique sur l'Influence de la Religion en France, pendant le dix* septième siècle. Paris, 1824, t. I, p. 36.

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murs le jeune évêque, qui venait de collaborer à la rédaction de ce code ecclésiastique. Aucun document local n'y manifeste sa présence ; au contraire, nous savons que le prélat remplit à Paris, en i585 et en 1586, un mandat de député de la province de Bourges, à l'Assemblée générale du clergé de France •. Au mois de mai 1587, la situation restant toujours troublée dans sa ville épiscopale, Jean deLaubespine désespéra d'inaugurer le grand œuvre de la restauration catholique, et permuta son évêché, pour l'abbaye de Saint- Just en Beauvaisis *.

Quand la paix fut rétablie dans le royaume, à la veille d'un nouveau siècle, le nouvel évêque Henry de la Martonie trouva des auxiliaires dévoués pour la réforme religieuse dans tous les rangs de son clergé, et même dans les diverses classes de la société. Mais la chute avait .été si profonde et la tâche était si grande, que l'efTort dut se prolonger longtemps pour porter tous ses fruits. Les deux premiers évêques, Henry et son neveu Raymond de la Martonie, ne purent que préludera la réforme de leur diocèse. François de la Fayette eut le grand honneur de triompher, par la fermeté et la douceur de son administration, des principales difficultés qui s'opposaient à l'établissement de la Réforme religieuse. Le succès des conférences ecclésiastiques (1660), la fondation du séminaire des Ordinands la même année et plus tard la publication du premier catéchisme diocésain (1673) ainsi que celle du pastoral de Limoges (1690) sont des signes évidents du progrès des institutions. Ce fut surtout le zèle extraordinaire que nos deux grands évêques de la Fayette et d'Urfé déployèrent dans leurs visites et dans leurs synodes, qui rétablit dans leur diocèse le bon ordre par l'observation entière et constante de leurs ordonnances. Et, comme les statuts synodaux de Limoges étaient tout à fait conformes aux décrets du concile de Trente, et particulièrement à ceux du concile provincial de Bourges, « la plupart des susdits règlements étant presque tirez de mot à mot de ces sources, et n'étant très souvent qu'une traduction de ces mêmes canons », le jour, où dans un mandement du 15 mars 1683, Louis d'Urfé reconnaissait qu'ils étaient observés intégralement,

1. Procès-verhaujc des assemblées du clergé. Paris, Desprez, 1750, I, p. 278 et 415.

2. En septembre 1587, il fut flommé à l'évêché d'Orléans. l\ mourut à Paris le 23 février 1.596 à l'âge de trente-neuf ans. Denis Boucher fit son oraison funèbre. L'historien d'Orléans du Saussaye loue la pureté de ses mœurs, sa piété, ses aumônes, sa douceur, les tÀlenls de son esprit et sa vigilance pastorale. Le poète Dorât le loue d'avoir ramené dans le sein de l'Eglise plusieurs transfuges, « ce qui lui a fait mériter, dit-il avec esprit, une couronne, non pas d'épines blanches, mais d'or ». Mss. n. 33, p. 571-572.

sauf « en certaios lieux », ce prélat affirmait par là même que la réforme ecclésiastique était entièrement accomplie. De Taveu d'ailleurs de révéque François de Ganisy, le mérite principal de la restauration catholique dans son diocèse revenait à ses éminents prédécesseurs ^.

Le plan à suivre dans cet essai d'histoire provinciale ressort de l'exposé même des principales périodes du mouvement religieux dans le diocèse de Limoges. Nous nous proposons de retracer les principaux faits de la vie ecclésiastique dans cette région. Nous montrerons les évêques de Limoges (de 1587 à 17116) dans leur mil ieu familial et historique, autant que les documents nous le permettront, sans avoir la sotte prétention de donner aupuhlic « une biographie bien faite » de chacun de ces prélats. Nous étudierons à part, pour éviter les répétitions fastidieuses, les institutions, les réformes et les questions qui sont d'un intérêt général, et constituent, en quelque sorte, les ressorts principaux de la vie ecclésiastique en province, à cette époque.

in. ÉTAT l)V CLEHGÉ DU DIOCÈSE DE LIMOGES AU DIX-SEPTIÈME

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