‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 23 sur 480 · I. — LE CONCILE PROVINCIAL DE BOURGES · texte numérisé non relu

I. — LE CONCILE PROVINCIAL DE BOURGES

Le vrai point de départ de la renaissance religieuse dans le dio*. cèse de Limoges au dix-septième siècle fut le concile provincial tenu à Bourges en 1584. Il ne peut -entrer dans notre plan d'indiquer ici les causes nombreuses qui provoquèrent la réunion de cette assemblée ecclésiastique. Après avoir enrichi l'Eglise d'un grand nombre de saints, dans les premiers siècles de ^on histoire^ après avoir atteint son apogée moral pendant le moyen-âge féodal, le diocèse de Limoges était tombé au quinzième siècle dans une décadence profonde *. Des essais de réforme ecclésiastique, tels que la réorganisation des communautés de prêtres séculiers et la publication de statuts synodaux en 1480 et en 1519, avaient échoué au milieu des compétitions parfois sanglantes du siège épiscopaU Au seizième siècle, pendant près de cinquante années, le diocèse de Limoges n'eut pour ainsi dire point de chefs. Jean de Langeac, mort en 1541, fut l'ambassadeur attitré de François I^r dans mainte affaire politique. Vrai prélat de la Renaissance, aimant les arts et la vie princière, possesseur d'une fortune considérable, il ne s'oc-

1. Voir le tableau de cette décadence dans M. Leroux, Histoire de la Réfonné dans la Marche et le Limousin. Limoges, 1888. Introduction.

cupa de son diocèse que sur la fin de sa vie pour faire rebâtir le palais épiscopal et décorer la cathédrale. Son successeur, Jean du Bellay, titulaire d'une vingtaine de bénéfices, ne parut jamais à Limoges. Antoine Sanguin, qui était en même temps gouverneur militaire de Paris, ne siégea presque pas. Quant à César des Bourguignons, italien (f 1558), il se contenta de percevoir les revenus de son évéché, sans jamais quitter sa patrie. Digne émule de Jean de Langeac, Sébastien de Laubespine fut fort occupé d'ambassades, mais fort peu du soin des âmes. Quoique pourvu successivement des évêchés de Vannes et de Limoges et de plusieurs abbayes, il n'était point prêtre et ne reçut les ordres sacrés qu'en 4578, lorsqu'il eut été exilé de la cour *.

Ce prélat étant mort dans son palais le 2 juillet 4582, le roi nomma à sa place, son neveu Jean de Laubespine, âgé seulement de vingt-six ans. Dès lors la situation morale du diocèse de Limoges allait s'améliorer. Le nouvel évêque avait reçu à Orléans, de Marie Gobelin, sa pieuse mère, une éducation très soignée. Il était alors docteur in utroque jure, conseiller-clerc au Parlement de Paris, chanoine de Notre-Dame et abbé de Saint-Martial. Le Pape l'autorisa par ses bulles du 22 août 4583 à garder cette abbaye, o: sur ce que l'église de Limoges était hors les murs de la ville, et, que dans ce temps de guerre, Tévêque et son chapitre, par crainte ou par nécessité, étaient obligés d'aller faire les offices à Saint-Martial. » Le 20 septembre 1583, ce prélat prit possession par procureur du siège épiscopal de Limoges. Dix jours après, il envoya des lettres de vicaire-général à Jean de Puyzillon, prévôt de Saint-Martial, et à Mathieu Benoist, archidiacre de la cathédrale de Limoges. Le i^^ avril 1584, il reçut à Paris, dans l'église de Saint- Victor, l'onction épiscopale des mains de Nicolas Fumée, évêque de Beauvais, assisté des évéques de Saint-Flour et de Césarée. Ses vicaires généraux firent, cette année-là et la précédente, la visite de son diocèse 2. Par ses qualités personnelles et par son zèle pour les réformes ecclésiastiques, Jean de Laubespine était à la hauteur de la mission qui lui incombait. Il eut à la remplir d'abord comme père du concile provincial de Bourges. Convoquée pour le 25 avril 1584, cette assemblée fut remise après le 15 août suivant. Elle ne fut pas inférieure par le nombre et la qualité de ses membres à la plupart des autres conciles provinciaux de cette époque. La métropole de Bour*

. 1. M. Leroujc, ibid.

Page 1