Grandet, ibid
5. « Monsieur, ceux qui vous sont les plus éloignés reçoivent des preuves si sensibles de vostre équité, que j'espère qu'elle s*eslendra jusques à vouloir bien aggréer celle d'estre d'une famille aussi dévouée à la vostre par le désir que nous avons toujours eu de vous rendre nos services et nos respects, qu'elle le peut estre à présent par l'honneur de vostre alliance. Je vous supplie, Monsieur, de m'accorder vostre protection et de ne pas oublier, s'il vous plaist qu'on ne peut estre comme je suis tille d'Urfé et d'AUégre, sans porter en même temps la qualité de. Monsieur, votre très humble et très obéissante servante, M. d'Urfé. » lettre do jnnvipr i615. Mélanges de Colbert. Mss. t. CLXX, p. 10. — Le mariage eut lieu le 8 février suivant. La marquise de Seignelay mourut en couches au château de Sceaux le 16 mars 1678. M. Tronson, son confesseur, fut prié par Colbert d'annoncer le lendemain la nouvelle au marquis son fWs, qui se trouvait à Compiégne, et de venir à Sceaux consoler sa famille affligée. Le 2 avril, le supérieur de Saint-Sulpice communiquait ces tristes nouvelles à l'évêqutî de Limoges, cousin-germain de la défunte. Correspondance de M.Trottson, t. II, p. 412.
LOUIS DE LASCARIS d'URFÉ 353
A son tour, Nicolas Colbert eut bientôt une occasion nouvelle d'être agréable aux parents de sa belle-fille. Au début en effet de Tannée 1676, alors que Louis d'Urfé, exempt de toute ambition, se livrait toujours avec ardeur à son apostolat sur la paroisse de Saint- Sulpice, le vénérable évêque de Limoges, François de la Fayette, son parent ^, le demanda au roi pour coadjuteur. Grâce à l'appui du premier ministre et à la protection du P. de la Chaise, le choix du prélat reçut au mois de mars l'approbation du roi, sans que l'intéressé lui-même, le comte de Sommerive, eût été auparavant consulté 2. Aussi voulant à tout prix détourner de lui cet honneur, le coadjuteur de Limoges se mit d'abord à provoquer des retards du côté de Rome, pour l'expédition de ses bulles. Il se retourna ensuite du côté du P. de la Chaise ^ « et lui représenta, dit son panégyriste, tout ce qu'il s'était dit à lui-même, dans la vue des jugements de Dieu, des obligations terribles et infinies d'un évêque, et de l'impuissance absolue où il croyait être de s'en acquitter. A toutes ces raisons, il ajouta les prières et les supplications les plus tendres. Il fut écouté avec admiration *; mais, loin d'obtenir ce qu'il désirait, on lui fit réponse, que toutes les raisons qu'il alléguait, étaient bonnes à dire aux pieds de son crucifix ; qu'à l'égard des hommes, elles feraient toujours un efi'et tout contraire à celuy qu'il en espérait T>. L'humble prélat éprouva une si grande douleur de cette fin de non recevoir qu' « il tomba dans une maladie qu'on crut mortelle et qui faillit l'enlever ^. y>
Sur ces entrefaites, l'évêque de Limoges étant venu à décéder (3 mai 1676), le roi nomma à sa place Louis de Lascaris d'Urfé, le 3 juillet suivant ^. Le prélat, qui se trouvait rétabli au commencement de septembre, songeait encore à se démettre de son évêché. Persuadé qu'il serait peut-être plus heureux en s'adressant cette fois au premier ministre, il lui avait demandé une audience, pour lui exposer les raisons du refus de sa promotion. Dans ce but, il consulta auparavant son directeur, M. Tronson, qui lui traça la ligne de
1. Du côté maternel, nos deux prélats se rattachent à la maison d'Âlègre. Une alliance avait rapproché les deux branches de cette famille ; François, baron d'Alègre, seigneur de Beauvoir, oncle de François de la Fayette, avait épousé en août 1610, Madeleine dWlègre, fille du marquis d'Alègre, grand-père de Louis d'Urfé, Dictionnait'n de la Noblesse.