Ibid
Ç. Nobiliaire de Limoges, t. III, p. 465.
conduite suivante, par sa lettre du 7 septembre : « Vous devez donc exposer à M. Colbert vos raisons, selon que vous les connaîtrez : vous en avez de temporelles et de spirituelles. Pour les premières, je ne croirais pas que vous dussiez les étendre beaucoup... parce que ces raisons-là siéraient mieux dans une autre bouche que dans la vôtre. Et ensuite, si j'étais en votre place, je déduirais les autres, qui sont plus importantes, et qui ont plus de rapport à voire piété qui seule doit être capable, aux yeux du monde, de vous faire faire une telle démarche. Si l'on ne goûte pas vos raisons, si Ton vous représente tant d'inconvénients, que vous vous sentiez ébranlé dans votre résolution, vous verrez parles ouvertures et par la force que Notre-Seigneur vous donnera, ce qu'il pourra demander de vous... ^ »
Dans son entrevue avec le ministre, qui n'était point étranger à la promotion épiscopale de son protégé, Louis d'Urfé « s'ouvrit à luy comme à un confesseur jusqu'au fond de son âme, et se faisant voir par tous les endroits qu'il crut être les plus mauvais, il luy dit tout ce qu'un homme qui a de la foy peut imaginer sur un pareil sujet. Colbert, après l'avoir écouté avec attention, luy avoua, qu'il ne comprenait rien à tout ce qu'il venait de luy dire... 2. » Désespéré de l'inefficacité de ses démarches, notre prélat voulut encore, avant de prendre une décision, consulter une dernière fois son directeur. L'avis de M. Tronson lui fut communiqué par une lettre du 12 octobre. « Pour les raisons de conscience, lui écrivit-: il, je n'en vois point qui vous doivent troubler jusqu'au point de remettre votre brevet. Car, après les démarches que vous avez faites et les obstacles que vous avez trouvés, quelle apparence de retourner encore sur vos pas et de reprendre une résolution que l'on a si hautement condamnée ? Pour moi, je croirais, s'il n'y avait que vos scrupules, que vous ne la devriez désormais regarder que comme une tentation ou comme un songe. N'est-ce pas là parler assez nettement... »? Après un avis aussi formel et aussi autorisé, Louis d'Urfé « baissa enfin la tête sous le joug que Dieu voulait lui imposer 3. i^
Se mettant aussitôt à l'œuvre, le prélat prit connaissance d'un mémoire de Jean Bourdon sur l'état de son diocèse, dont M. Tronson lui fit part. L'ayant trouvé « fort juste et rempli de vues très judicieuses )&, Louis d'Urfé fut convaincu « de la nécessité d'avancer ses affaires ». Vers la fin d'octobre, préoccupé du choix de ses officiers ecclésiastiques, il priait M. Tronson de faire sonder les dispositions de Michel Bourdon, supérieur des missionnaires de Limoges, à qui il se proposait d'ofi'rir le grand vicariat. Ce dernier, sur les instances de son frère, qui lui communiqua les oifres de l'évêque, ne crut pas devoir refuser cet emploi. Il l'accepta