‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 281 sur 480 · Bibliothèque sulpicienne, t. III, p · texte numérisé non relu

Bibliothèque sulpicienne, t. III, p

2. Coi'respmdance Tronson^ t. II, p. 462, 463 et Bibliothèque Sulpic, ibid.

LOUIS DE LASCARIS d'URFÉ 381

Vous savez si bien donner de l'encens, et vous le faites de si bonne grâce, que quand vous lui en donnerez un peu de temps en temps, cela ne peut faire qu'un bon effet, surtout n'ayant point d'autre intention que le bien de l'Église ». Pierre de Sabatier suivit si fidèlement ce programme, qu'il mérita bientôt l'estime et la confiance extrême du prélat, au point de composer ses mandements et ses lettres les plus importantes. Aussi le zélé supérieur fut-il bientôt jugé digne d'être nommé à l'évêché d'Amiens ^.

• S^Piet're Mercier et Noël D rouet y officiaux de Limoges.

Louis d'Urfé trouva tant de bon sens et d'habileté pour les affaires ecclésiastiques en Pierre Mercier, qu'il le nomma son officiai, au début même de son épiscopat.Ce prêtre éminent, directeur spirituel du dernier évêque et ami de Martial de Maledent, ne cessa pas d'habiter la maison de la Mission dont il avait été syndic et l'un des membres fondateurs. Il s'acquitta de sa charge avec une prudence si admirable et une intégrité si désintéressée, qu'il s'attira l'estime de tout le clergé du diocèse. Il soutint ses intérêts avec une vigueur apostolique dans la poursuite de plusieurs affaires importantes qu'il alla plaider lui-même en plusieurs Parlements. Son attention continuelle pour le soulagement des pauvres l'avait fait nommer administrateur perpétuel de l'Hôpital général. Rien ne s'y faisait que par ses conseils. Il se préoccupait jour et nuit du bon ordre de cette maison, y faisant très souvent, le soir, la visite pour savoir si les pauvres étaient couchés et si la paix régnait au milieu d'eux. Son amour pour la vertu l'amena à procurer de tout son pouvoir, de concert avec notre prélat, l'établissement à l'Hôpital de la maison du Refuge, où l'on renferma les femmes et les filles pécheresses de Limoges. Il poussa même la charité jusqu'à remplir à leur égard les fonctions d'aumônier, et fit tous ses eff'orts pour en convertir un certain nombre.

Il prit soin encore jusqu'à sa mort, sans recevoir jamais aucune rétribution de la conduite des Clairettes, des Filles de la Visitation et des Sœurs Saint- Alexis, qui lui furent redevables, après Dieu, de leur haute perfection. Sa confiance dans la Providence était extrême, au point qu'il espérait toujours contre toute espérance dans les affaires les plus difficiles. Il donnait aux pauvres tout ce qu'il recevait, notamment le legs important que François de la Fayette lui avait fait. Il employa ses émoluments et les droits de sa charge, à faire le pavé et le lambris de la chapelle du séminaire et à lui procurer de beaux ornements. Son esprit de pénitence paraissait

i. n fut sacré à Paris, dans la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice, le 15 mai 1707. Ce pieux prélat fut' un adversaire intraitable des jansénistes, qui ne le ménagèrent pas à leur tour dans leurs écrits, n mourut à Amiens, le 20 janvier 1733. Coi^espondance Tronson, t. I, p. 168 et Bibliothèque Sulpic., t. III, p. 137. Mentionnons enfin les noms de deux autres vicaires généraux de Louis d'Urfé, Fabbé Martial Benoist, qui aurait été en même temps officiai (de 1680 à 1684), ce qui nous semble bien douteux, et l'abbé Badol, qui aurait rempli ses fonctions modestement depuis 1688 jusqu'à la mort du prélat. Mss. n. 21, p. 779.

en tout, dans ses repas, dans ses habits, dans ses meubles et dans la froideur de sa chambre. Les gens du monde venaient en grand nombre lui demander conseil dans leurs peines et sa médiation pour des accommodements ; car il avait le talent de trouver des expédients et de concilier les esprits et les cœurs les plus divisés. Aussi Tofficial de Limoges, fut-il aimé et vénéré de tout le monde, des grands et des petits, des intendants de justice et des magistrats. L'èvêque Louis d'Urfé l'honora particulièrement de sa confiance, comme l'avait fait son prédécesseur. Pierre Mercier mourut dans de grands sentiments de piété, à Tâge de soixante-douze ans, le 9 février 4690 *.

Notre prélat nomma à sa place, comme officiai, Noël Drouet 2. C'était, on l'a déjà vu, un prêtre originaire d'Angers que l'èvêque avait beaucoup connu à Saint-Sulpice et amené avec lui à Limoges. Il remplit d'abord auprès du prélat les fonctions de secrétaire particulier. Vers la fin de 1679, Louis d'Urfé voulut lui attribuer une prébende de théologal ^ et pria M. Tronson de faire consulter sur ce point en Sorbonne. Dans sa lettre du 6 janvier suivant, le supérieur de Saint-Sulpice encouragea l'èvêque de Limoges à « donner occasion, à Noël Drouet, son inséparable ami du séminaire, de servir Dieu par le choix qu'il en ferait pour les emplois de son diocèse» *. Conformément à ce conseil, notre prélat fut heureux de lui conférer bientôt après, l'emploi de promoteur général &, puis, en 1690, celui d'ofticial, et, à la mort de Pierre Noël Maillard, en 1694, la dignité d'archidiacre de Malemort, malgré l'opposition du chapitre cathédral. L'èvêque étant venu à mourir quelques mois après cette dernière collation, il se présenta un régaliste, qui troubla Noël Drouet dans la possession de son bénéfice. Néanmoins ce dernier obtint du Parlement de Paris, un arrêt qui le maintint dans la jouissance de ses droits. Noël Drouet mourut à Angers en 1702 6.

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