Grandet, ibid
% C'est un volume de 189 feuillets, format in-4.
gieùses dans Tesprit de leur profession, suivant les règles de l'Eglise. 6» Enfin il est de leur devoir d'avoir soin du peuple fidèle, qui leur est commis et ils doivent veiller à ce qu'il soit instruit des choses nécessaires à son salut, qu'il vive d'une manière chrétienne, qu'il honore Dieu, qu'il reçoive les sacrements aux temps prescrits par l'Eglise et que tous observent la loy de Dieu et les commandements de l'Eglise, ne fassent aucun scandale, ou les réparent par des satisfactions publiques ; et, pour savoir si toutes ces choses s'observent, ils sont obligés à faire la visite de leur diocèse. >
II. Dans la seconde partie intitulée : des choses sacrées, sur lesquelles s'étend la sollicitude épiscopale, l'auteur traite : 1® de la connaissance qu'il faut prendre de l'état général du diocèse divisé en archiprêtrés, cures, etc., et de l'état touchant la foi, lesmœlirs, et les pratiques générales, qui sont dans ce diocèse ; et 2** de la connaissance de l'état détaillé de chaque paroisse, de ch4ique communauté, choses et personnes. Les chapitres relatifs à la visite épiscopale, au synode diocésain et à la bonne conduite des monastères de religieuses mettent en relief, par le luxe des détails pratiques qu'ils renferment, la mise en vigueur de la discipline ecclésiastique dans le diocèse de Limoges.
in. La troisième partie de l'ouvrage est un véritable traité de procédure ecclésiastique.
En résumé, le mémoire de Michel Bourdon est un manuel de droit diocésain, à l'usage des vicaires généraux. Si l'exposé doctrinal de CBS règles canoniques a beaucoup vieilli et rend inopportune sa publication, par contre il est illustré d'un certain nombre d'exemples et il rappelle des usages locaux de l'ancien diocèse de Limoges, qui sont pleins d'intérêt pour l'érudition limousine. ^
^' Pierre de Sabatiery second vicaire-général de Louis d'Urfé.
Après le départ de Raymond Gaye (aux vacances de 1684) pour Tulle, l'évêque de Limoges n'avait plus auprès de lui de prêtre, qui pût l'accompagner dans ses visites pastorales et suppléer Michel Bourdon souvent indisposé dans ses fonctions de vicaire général. M. Tronson qui connaissait les désirs et les besoins du prélat, trouva moyen de les satisfaire, en lui envoyant (septembre 1685) Pierre de Sabalier, l'un des prêtres les plus distingués de sa Compagnie. Fils d'un autre Pierre de Sabatier et de Jeanne de Guyon, recoramandables tous deux par la noblesse de leur famille et par leur grande piété, il naquit à Vairéas, dans le diocèse de Vaison (Vaucluse), le 14 novembre 1654. Il fit ses humanités, ainsi que sa philosophie, au collège des Jésuites d'Avignon. Son père l'envoya ensuite à Paris, pour y étudier la théologie et se disposera recevoir les ordres. C'est le l^r novembre 1673 que le jeune clerc déjà ton-
1. Un examen rapide de ce mémoire manuscrit nous a permis de recueiUir çà et là quelques faits de ce genre des plus saillants que nous citerons au fur et à mesure des besoins de notre étude.
suré et âgé de dix-neuf ans entra au séminaire de Saint-Sulpice, sous la conduite de M. Tronson, Après douze années d'études et de préparation, dont il passa une partie dans sa famille, Pierre de Sabatier reçut en 1685 le caractère sacerdotal. Deux ans avant, il avait suivi les exercices de licence et obtenu aux examens de Sorbonne, en 1684 le vingt-troisième rang sur cent sept licenciés. Peu de temps après sa dernière ordination, le 27 septembre 1685, il prit le bonnet de docteur de Sorbonne. A cette époque, il enseignait déjà la théologie au séminaire de Saint-Sulpice. Selon M. Gosselin, il fut admis cette même année (1685) dans la Compagnie, et envoyé à Limoges, pour y être second vicaire-général de Louis d'Urfé. L'évêque, qui habitait son séminaire, avait demandé en effet un grand vicaire qui appartînt à Saint-Sulpice, et qui eût rang parmi les directeurs.
Pierre de Sabatier passa dix ans dans cette place, et y rendit de grands services, accompagnant le prélat dans ses visites pastorales et aidant le supérieur, Jean Bourdon, en dirigeant, enseignant et prêchant les séminaristes *. L'évêque de Limoges accorda son estime et sa confiance à cet excellent et zélé collaborateur, comme nous l'apprend une lettre de M. Tronson, en date du 27 novembre 1688. « Je vois avec plaisir dans votre lettre, répond à notre prélat le supérieur de Saint-Sulpice, la bonne part que vous donnez à M. de Sabatier dans ces cérémonies : c'est une marque que vous continuez d'en être satisfait. Il est propre à tout et fait bien ce qu'il fait ; et la manière avantageuse dont vous m'en écrivez, me montre clairement que vous connaissez à fond le caractère de son esprit et de son cœur. Je l'ai toujours beaucoup estimé ; mais j'avoue que je l'estime encore davantage, présentement que je vois l'état que vous en faites et la satisfaction qu'il vous donne. » — «Il est d'un esprit doux et facile, disait encore de lui un peu plus tard à l'évêque de Chartres, M. Tronson ; et avec la piété, il a le talent de se faire aimer. En outre, l'expérience nécessaire pour un grand vicaire ne lui manque pas » 2, Ayant fait un voyage en Provence aux vacances de 1692, Pierre de Sabatier s'occupa très activement de l'établissement du séminaire d'Avignon, dont l'évêque se proposait alors de confier la direction aux prêtres de Saint-Sulpice. En 1695, au temps de Pâques, deux ou trois mois avant la mort de notre prélat, il alla à Paris, et exprima son désir de quitter Limoges.
Après quelques mois passés à Cambrai au début de l'épiscopatde Fénelon, Pierre de Sabatier fut nommé par M. Tronson, en novembre 1695, supérieur du séminaire d'Autun. Dans une lettre du 17 décembre suivant, le supérieur de Saint-Sulpice lui traça cette ligne de conduite : « Comme la manière d'agir de l'évêque d'Autun (Gabriel de Roquette) est bien différente de celle de Mgr de Limoges, la manière d'agir avec lui doit être aussi bien différente ; et ce qui était bon pour l'un ne serait pas bon quelquefois pour l'autre.