Labiche, ibiiL, p
4. Ce chapitre sorti du monastère fondé au sixième siècle par le seigneur du lieu et sécularisé en 1423, relevait de Saint-Martin de Tours. Il se composait alors d'un doyenné, d'une chantrerie, d'une théologale, d*une sacristie, de neuf canonicats, d'un diaconat, de six grandes vicairies, d'une psallette avec quatre enfants de chœur, le tout à la nomination des chanoines. Six petites paroisses dans la ville ou aux environs dépendaient du chapitre. PouîUê histor., p. 037.
5. Déjà, en 1650, le chapitre avait refusé à Tévéque de Limoges le droit de visiter son église, en faisant intervenir le chapitre de Saint-Martin de Tours, comme son supérieur. Celui-ci envoya alors une procuration pour s'opposer à la visite. Le prélat fit ses protestations et somma les chanoines de Saint-Martin de représenter dans six semaines leurs prétendus privilèges. On ne connaît pas l'issue de cette affaire. Mss. n. 34, p. 20.
pastorale en 1678, les chanoines de cette ville ayant refusé à lèveque lui-même rentrée dans le sanctuaire de la collégiale, le prélat n*hésita pas à faire enfoncer d'autorité les portes du chœur *. Le chapitre n'étant pas encore soumis Tannée suivante, Louis d'Urfé songea à faire demander à la cour une lettre de cachet, pour en user contre le meneur principal des chanoines qui lui étaient op* posés 2. Il fit dans ce but connaître son intention à M. Tronson, qui fut d'un avis contraire ^. Cependant le chapitre de Saint-Yrieix ne cessa pas d'afficher l'insubordination, jusqu'au point de publier en 1684, à l'occasion du jubilé, un mandement pour la ville et les faubourgs qui dépendaient de lui pour le spirituel et le temporel. L'évêque de Limoges fit alors défense par ordonnance du 9 mars de cette même année à tous curés et vicaires des dits lieux d'avoir égard à cet acte capitulaire, sous peine de suspense ipso facto. Sur cesentrefaites, la mort du doyen du chapitre, Hélie de Jarrige et son remplacement par Antoine Disnematin,qui eut à l'égard du prélat une conduite plus respectueuse, rétablirent une paix définitive \ Louis d'Urfé eut à procéder à une transformation importante dans la situation canonique du principal corps ecclésiastique de Saint-Léonard \ Cette ville surnommée alors « le Noblat », parce qu'elle fut affranchie dès le commencement de sa fondation de toutes sortes de tailles et d'impôts ^, possédait depuis le onzième siècle un prieuré conventuel de chanoines réguliers de l'Ordre de Saint-Augustin, qui devaient prier jour et nuit pour les évêques de Limoges, leurs fondateurs. L'évêque était depuis cette même époque seigneur du château de Noblat et baron de la ville. Les familles les plus anciennes du pays d'alentour, notamment les Châteauneuf et les Royères lui prêtaient l'hommage pour leurs châteaux '^. L'évêque, maître du clocher et des cloches, en qualité de seigneur, avait la clef de la célèbre relique du saint ermite ; il y entretenait quelque luminaire, levait les offrandes des pèlerins, et faisait ordinairement tous les sept ans le dimanche de la Trini-
i. Mss. n. 40, p. 473.
2. C'était sans doute le doyen du chapitre, Hélie de Jarrifere.
3. Il lui prêcha fortement la modération dans sa lettre du 6 août 1679. U lui représenta que les évêques de France n'avaient jamais à sa connaissance « obtenu des lettres de cachets pour des affaires pareilles à celle de Saint- YrieLx ». Corrf*npond.y t. Il, p. 433.