Mss. de Michel Bourdon, n. 1G0, f. 258 et suiv
églises et paroisses de leur voisinage. Les visiteurs devaient avoir soin particulièrement, avant la tenue de ses synodes, de l'informer des mêmes manquements et de lui donner par écrit le nom des curés de leur district, qui ne rendaient pas le service convenable à leurs paroisses, soit par faute de résidence, soit pour n'être pas pro; mus à Tordre de la prêtrise ou autrement. Quand le prélat ou ses délégués avaientflni déparier à la séance synodale, on entendait les plaintes individuelles. Il était permis à tous de faire des remontrances par écrit ou de vive voix, avec l'autorisation de l'évêque, sur les désordres qu'ils avaient remarqués, soit dans les églises, soit dans la vie et la conversation des ecclésiastiques, le tout avec respect et discrétion *.
Dans son premier synode, qui fut tenu le 29 avril 1677, « avec un grand succès » 2^ Louis d'Urfé déclara à son clergé que son intention n'était pas de faire de nouvelles ordonnances, jusqu'à ce qu'il eût pris connaissance des besoins de son diocèse par ses visites ; mais qu'il désirait qu'on gardât exactement les statuts synodaux et les ordonnances de ses prédécesseurs, touchant les personnes, l'administration des sacrements, et les fonctions sacrées. Puis, pensant aux moyens les plus propres pour venir à bout de la réforme ecclésiastique dans son diocèse, l'évêque leur dit qu'il n'y avait rien de plus utile pour établir le bon ordre parmi le clergé et le peuple, que la vie et l'exemple de ceux qui sont dédiés aux divins ministères. A cet effet il jugea que c'était une chose très avantageuse de publier et de lire dans cette séance synodale le décret du concile de Trente, touchant la vie fet l'honnêteté des personnes ecclésiastiques. Pour cette même fin, le prélat fit lire aussi dans le synoded'après la Saint-Luc de la même année (1677), les décrets du concile provincial de Bourges. Ce concile ordonnait entr'autres choses aux ecclésiastiques, d'éviter avec beaucoup de soin les jeux de dés, de caries, et tous les jeux défendus, de s'éloigner des débauches, des festins, des marchés, des foires, des cabarets et des hôtelleries, si ce n'est en voyage, et de s'abstenir de tout lucre, qui peut ressentir tant soit peu l'usure, de fuir les inimitiés, les procès, les querelles, les blasphèmes, les parjures, les paroles déshonnêtes, les flatteries et les railleries, et il enjoignait de porter la soutane, la tonsure, les cheveux modestes, sans être frisés ni poudrés ^ ; il défendait pareillement « d'aller masquez, de se trouver jamais aux comédies, aux farces, aux spectacles, ou aux assemblées pour y danser, ou pour y voir danser les autres ; comme aussi de servir aux laïques en qualité de procureurs ou d'économes, et de s'em-