‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 293 sur 480 · Correspondance de M. Tronson^ t. II, p · texte numérisé non relu

Correspondance de M. Tronson^ t. II, p

3. Le prélat aimait et louait dans tous ses prêtres la propreté, pourvu qu'eUe lût jointe à la modestie, et qu'elle n'eut rien d'affecté, ni de mondain. C*est pour cela qu'il avait beaucoup de peine à leur permettre l'usage des perruques, interdit en principe par les statuts du diocèse. Il en tolérait le port à quelquesuns, à cause des raisons solides qu'ils lui apportaient. Voir dans du Carrier, PorlraU de L. d'Urfé, une discussion intéressante à ce sujet.

barrasser dans les affaires des séculiers, de se faire leurs fermiers, ou leurs receveurs ».

Le compte-rendu de ces deux décrets des conciles fit le fond de la première ordonnance synodale de notre prélat, qui la publia au synode d'après Pâques, le 21 avril 1678 ^. Il ordonna que ces décrets touchant la vie des ecclésiastiques serviraient de loi et de règle pour la conduite du clergé de son diocèse, et qu'ils seraient exécutés selon leur forme et teneur, sous les mêmes peines qui les sanctionnaient.

A l'ouverture de la séance synodale d'après laSaint-Luc, le âO octobre 1678, l'évêque de Limoges fit cette importante déclaration qui devait servir de prélude à de nouvelles ordonnances pour le règlement général de son diocèse. <& La visite générale de nos paroisses, que nous avons commencée dès notre entrée à l'épiscopat, et que nous avons continuée jusqu'à présent, nous a fait remarquer que la plupart des défauts qui s'y rencontrent encore aujourdiiui, proviennent de l'inobservance des trois ordonnances fondamentales que nous avons faites dans nos synodes précédents, pour y servir de règlement général. 1» De ce que quelques prêtres, curés et autres ecclésiastiques n'observent pas l'ordonnance synodale touchant l'honnêteté de la vie des personnes ecclésiastiques... 2« De ce que quelques points du rituel, qui a été imprimé et publié par notre ordi*e, n'ont pas encore été mis en usage dans certaines paroisses, par la négligence de quelques curés. 3^ Et enfin, parce qu'on n'observe pas fidèlement les statuts synodaux faits par nos prédécesseurs, touchant les autres points de la discipline ecclésiastique, nonobstant les ordonnances que nous avons faites pour les renouveler, en tant que besoin serait... ^

A cet effet l'évêque de Limoges avait rédigé plusieurs ordonnances qu'il fit lire et publier par son promoteurdans ce même synode. Poui* ce qui regarde la vie et l'honnêteté des personnes ecclésiastiques, il ajouta aux défenses antérieures, conformes aux décrets du concilede Bourges, celle d'exercer le traficet la marchandise, et de se rendre aux foires, pour y vendre et acheter comme les marchands 2. Il renouvela tout particulièrement l'ordre aux ecclésiastiques d'éviter les festins : « et parce que nous avons appris dans le cours de notre visite, dit le prélat, qu'il se commet des excès dans les festins qui se font à l'occasion des. baptêmes, des mariages et des enterrements et autres services des morts, Nous avons ordonné aux dits

i. Ce synode fut aussi très réussi. Louis d'Urfé avait envoyé a M. Tronson avec les décrets du concile de Bourges, un exemplaire de sa première ordonnance, publiée à Limoges chez Karbou, 1078, in-8 de 4 pages. Corvesjnyt^dance, t. J, p. 373.

2. Dans un pays où la propriété était peu morcelée et n'appartenait qu'à un petit nombre de seigneurs, ceux-ci trouvaient plus commode de confier la gestion de leurs domaines au précepteur de leurs enfants (Mss. 160, f. 158) ou à leur curé. On voyait alors des ecclésiastiques se jeter par intérêt dans le tourbillon des affaires des séculiers et cumuler les fonctions, les uns de procureurs ou de régisseurs, d'autres même de fermiers, et se rendre en cette qualité aux foires et aux marchés, comme de vrais marchands. •

curés et aux autres prêtres de les éviter avec soin, si ce n'est qu'ils fussent parents des personnes qui les invitent, et qu'ils ne pussent raisonnablement s'en dispenser» ^.

Une seconde série d'ordonnances ^concernait les fonctions sacrées et les choses saintes. Par ordre de l'évêque, le mandement qui était à la tête du Rituel du diocèse, portant injonction à tous ses prêtres de s'en servir et leur défendant d'employer d'autres cérémonies, devait être exécuté suivant sa forme et teneur. Et à cette fin le Prélat enjoignait à tous les prêtres qui avaient charge d'âmjes dans son diocèse, de se pourvoir du Rituel dans trois mois pour tout délai ; il enjoignait aussi à ses visiteurs de remarquer nommément ceux qui n'en seraient pas pourvus et de lui en donner avis. Il défendait en outre à tous prêtres, tant séculiers que réguliers, d'entendre les confessions dans les maisons particulières, sinon pour les causes portées dans le Rituel ; comme aussi de confesser les femmes dans les sacristies. Il faisait enfin un devoir rigoureux aux curés de célébrer tous les dimanches la messe paroissiale, et de faire l'aspersion de l'eau bénite, la lecture du prône et les autres cérémonies marquées dans le Rituel. Ordre était donné aux promoteurs et officiaux de tenir la main à l'exécution des présentes ordonnances, chacun dans leur district, et de procéder contre les délinquants, ainsi qu'il appartenait 3.

Dans ce même synode (du 20 octobre 1678), le prélat avait annoncé à son clergé le projet qu'il avait formé « de faire imprimer et publier derechef les anciens statuts du diocèse afin d'ôter tout prétexte d'ignorance de ses intentions sur l'observation intégrale de la discipline ecclésiastique j> \ Dans un mandement du 15 mars 1683 qui servit de préface à cette publication ^y l'évêque y atteste que l'on ne trouvait presque plus les imprimés des Ordonnances synodales, et il exprime l'espoir que tout son

1. L" In l'en to ire dfis archii'pg (i('*partempniales mentionne parmi les coutumes du Limousin, celle des banquets et festins à tout propos, quelquefois même hors de propos^ à l'issue des inhumations, par exemple. Entre tous les plaisirs profanes, festoyer en commun est peut-être celui que goûtaient le plus nos ancêtres du bon vieux temps. A. Leroux, Archires de la Haute^Vienne, E. p. xxxiv.

2. Une ordonnance, d'une exécution moins facile peut-être, ce fut celle qui défendait à tous curés et à tous autres prêtres du diocèse de Limoges d'avoir des servantes dans leurs maisons, sous peine de suspense. Ordonnances synodales^ p. 189 à 201. A la même époque, vers la fin du siècle, Michel Le Pelletier, évéque d'Angers, passait pour un prélat un peu sévère, parce qu'il défendait à tous ses prêtres d'avoir des servantes au-dessous de cinquante ans. Louis d'Urfé était encore moins indulgent.

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