Gallia chntl,, t. I, Paris, 1715, col
Guyenne. Il avait reçu celte dernière charge de son frère Gaston, et il devait, à son tour, la résigner probablement à un de ses neveux, Geoffroy, le futur évêque d'Amiens. Jean H de la Martonie fut honoré du titre de conseiller d'Etat au conseil privé du roi et nommé chanoine de Limoges ^
Des deux autres fils d'EtiennedelaMartonie, l'un, Robert, le cinquième par ordre de naissance, fut chevalier, seigneur de Bonnes, maître d'hôtel ordinaire du Roi (1523), bailli de Touraine et ambassadeur de France dans les Pays-Bas 2, L'aîné des six frères, Pierre Mondot de la Martonie, parut à Bordeaux et à Paris, comme l'un des magistrats les plus distingués de son temps. On le vit figurer, en 1498, comme procureur du roi, dans la célèbre commission de prélats, qui prononcèrent la dissolution du mariage de Louis XII avec Jeanne de France. Le ministère public s'acquitta avec honneur de ses fonctions délicates, et signa avec les juges les conclusions du procès. Après avoir été maître des requêtes et conseiller, Mondot de la Martonie fut nommé, en 1510, premier Président du Parlement de Bordeaux, et, le 3 février 1515, il occupait la même charge àParis, que le chancelier Duprat venait de laisser vacante. François 1^% étant en août 1515 sur son départ pour l'Italie, confia à Mondot la garde du petit sceau, et lui donna la place de principal conseiller de la régente Louise de Savoie, sa mère. En janvier 1517, Mondot crut de son devoir de faire des remontrances au roi, au sujet de la première demande d'enregistrement du Concordat. Un an plus tard, le président de la Martonie mourait à Hlois, empoisonné. Il était à peine âgé de cinquante et un ans. On vit pleurer sur sa tombe une grande foule de pauvres, dont il avait été le père ^, Il fut enterré dans la chapelle de ses ancêtres, au prieuré de Saint-Jean-de-Côle. De son mariage contracté, le 8 août 1502, au château de Montreuil-Bonnin en Poitou, avec Jeanne de Vernon, sœur de Raoul, grand fauconnier de France, Mondot eut deux filles et un garçon. Ce dernier, nommé Geoffroy, épousa à vingt-huit ans le 20 mars 1533, Marguerite deMareuil. Dieu bénitleurunion. La mère mit au monde huit enfants, quatre filles et quatre garçons. Les deux aînés, Gaston et Jacques, continuèrent la postérité. Les deux cadets se firent d'église et devinrent les prélats, dont la vie seule nous intéresse maintenant ^ Quoique fils unique d'un premier Président, leur père ne semble pas avoir été magistrat, ni avoir exercé aucune fonction administrative. Tout nous permet donc de croire qu'à cette époque de l'âge d'or pour la noblesse de France, qui résidait avec honneur sur ses terres, les jeunes clercs de la Martonie firent probablement, au château paternel, leurs premières études, sous la direction peut-être de quelque chanoine du prieuré
i. Bibl. Nat. Mss. coll. Périgord, dossier Lépine, t. CLI, n. 258.
2. Robert acheta la terre de Bonnes en Touraine et y fit bâtir un joli château Renaissance. Mss. coll. Périgord, ibid,
3. Voir les détails dans : Garnier, Histoire de France^ Paris, 1771, t. XXI, p. 42 et suiv. et t. XXIII, p. 133 et suiv.