‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 31 sur 480 · Mss. coUect. Périgord, ibid · texte numérisé non relu

Mss. coUect. Périgord, ibid

M UN SIKCT.E \)K VÎR Er.CLKSTASTlOUE J^N PROVINCE

(1p Snint-.lean. !>»*? |)ptits-tils «Jn rrichrp Mondot fréquentèrent ensnite !a Farnlff* «ie d^rret. dans les riuversilés de (lahors ou de Hordeanx. (rpotTrov, le pins jenne, dut «dre au moins licencié t^n droit, pour orrnper le bén*'di<'P de <()\] j^Tand-nncle dans Trirlise «le liordpnnv. Il est «'^tnUli (pi'Upnrv .son [vè^ve, le liitur évf^qne de Uniofres, snl>it awr sn(»rês tous les actes proliatoires alors requis pour le jjrade <le docteur ir* utrof/ne j io*f K

\\. L'abbé Henry de la Martonie à Bordeaux.

La nol)|psse iVaneaise, inr^me .-m seizième .siècle, époque de sou Aj?e d'or, ne tirait |)as assf'z d'artient de ses terres, pour assurer rexis'tence (ie ^es cadets. Pousser ces derniers du (M>té de rE;;li:fe, était le moyen <le maintenir aux .-nut^s le patrimoine des ancêtres. Il y avnit des canon i(*ats, des prieurés, des abiiaves, des èvèclies même, qui semhlaient héréditaires entre parents. Tout abi)ê de bonne noblesse avait la chance de rencontrer un j)rotecteur, qui se chartreait d'aider l'action de la Providence. Les meilleurs [)rélats ne craijinaient j)as alors, de s'en faire les instruments. Apn^a la protection, après les (juartiers de noblesse, c'étaient les grades, qui faisRient le plus pour Tavancemput ecclésiastique. (léserait néanmoins une erreur, de voir une simple question d'intérêt, dans cette poussée de la noblesse vers l'Kiîlise. Nous ne <levons pas en ^^tîet oublier, qu'd s'acïit d'un àtre de loi, où des traditions séculaires faisaient vivre les jeunes lévites dans une atmosphère religieuse, et rencourapfeaientdans la voîe,qui lui était ouvei'teen queiifue sorte, dès rentrée de la vie '. S'il est vraisemblable, (fue Marji^uente de >fareuil couvât en quelque sorte la vocation et la vertu chn^tienne de ses jeunes clercs, la Providence sen'it à souhait l'ambition lêjritime de cette mère, en donnant à TRirlise dans la pei'sonne de sun fils GeofTï'oy, un ecclésiastique des plus distinttués de son temps. (f Toute s-a vie, dit de lui le généalogiste (ie sa famille, il tit honneur à sa vocation, loute sa vie il lut d'une régularité parfaite. »

Ce fut d'abord à Bordeaux* que (icolfroy fut appelé à justilier cette réputation ^. On sait, que le plus jeune des tils du président Mondot, Jean 11 de la Martonie était alors archidiacre de Médoc„ et â ce titre chancelier-né de ri.'niversité. Tout nous permet de croire, en rab^er^ce d'un document précis, qu'il vécut a<sez longtemps, pour ay)peler et surveiller dans cette ville l'éducation cléricale de i^es deux neveux. F.es mentes de GeolTroy non moins que la protection de son prrand-oncle. lui ménagèrent un avancement rri})ide dans les dii-^nités ecclésiastiques. GeolTroy devait être prêtre ou constitué dans les ordres sacrés, ainsi qu'il était re<|ais pour ppxPfoi^e de ces fonctions, quand la faveur royale lui attribua, vf^r^ |.V;7, moyennant certaines conditions pécuniaires, l'une des sjx charges de ronseilier-cierc au parlement de Guyenne. Quelques

'2. .Ahh<^ ^irnivi. lari^fp/t f^rrr^f-, F. fi^-f ^uiv. ;s! FiiM. Xat M«s. coll. fV^ri;(orrt, !. fifJ, n. t558.

années plus tard, vers 1574, avant de mourir octogénaire, Jean II de la Martonie résignait à son petit-neveu Geoffroy, sa dignité et sa prébende dans la cathédrale Saint-André. On comprend qu'il fut dès lors facile à Gaston età Jacques de la Martonie, qui étaient alors toos deox ambassadeurs du Roi, de concourir vers la fin de 1576 à la promotion épiscopale de leur jeune frère Geoffroy, troisième archidiacre de leur famille dans l'église de Bordeaux '^.

Quoique plus âgé que son frère puîné de quatre ans 2, et pourvu comme lui de tous ses diplômes, Henry de la Martonie avança moins vite dans la carrière des honneurs ecclésiastiques. Il était simple clerc du diocèse de Périgueux et était qualifié en outre du titre d' c écuyer et de conseiller du roi en la cour du Parlement de Paris », quand il reçut en 1574 deux bénéfices en commende, d'une part le prieuré de Saint-Jean-de-Gôle, et de l'autre l'abbaye bénédictine de Quinçay, près Ligugé et Poitiers, dont les derniers titulaires étaient son grand-oncle Jean de la Martonie et son parent du côté maternel, Jean de Mareuil 3.

IIL Henry de la Martonie, archidiacre de Ponthieu et doyen d'Amiens.

A peine promu sur le siège épiscopal de saint F'irmin, Geoffroy de la Martonie se plut à combler d'honneurs son frère l'abbé de Quinçay. Le prélat facilitait en 1577 l'échange de cette abbaye contre une autre du même ordre. Saint- Waast de Moreuil, située dans son diocèse, à quatre lieues de celle de Corbie, dont elle dépendait; cinq ans plus tard (1582) la même influence valait au frère de révêque d'Amiens la commende de la riche abbaye de Saint- Just, près Beauvais, de l'ordre de Prémontré *. Henry de la Martonie reçut le titre d'archidiacre de Ponthieu, au début de l'épiscopat de Geoffroy (1577). Il n'était encore que sous-diacre, quand il fut élu doyen du chapitre d'Amiens, le 15 janvier 1586. Peu de temps après il reçut les ordres du diaconat et de la prêtrise ^. Si la première dignité lui fut conférée par révêque,qui en avait la libre disposition, il ne dut par contre son élévation au décanat, qu'aux suffrages des chanoines de la cathédrale, dont il avait su conquérir l'estime et l'affection. A ce double titre d'archidiacre et surtout de doyen, Henry de la Martonie jouit de beaux revenus ^, et de privilèges considérables, qui en firent une sorte d'évêque au petit pied ''. Ce qui fut plus utile à son avenir que ces distinctions, ce fut la part qu'il dut prendre comme archidiacre dans l'administration du diocèse. L'archidiaconé de Ponthieu, qui avait Abbeville

i. Mss. Périgord, ibid., pour tous les faits ci-dessus articulés.

Page 1